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Katrina : ce qui n’a pas été fait

La rédaction
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Si la présidence avait été à la hauteur, dès réception du premier avertissement le 2 août, elle aurait mis sur pied un groupe de travail extraordinaire au niveau national, en étroite coordination avec les Etats côtiers du golfe du Mexique. A partir d’un quartier général viable, on aurait pu déployer toutes les ressources disponibles aux niveaux local, national et fédéral, notamment la Garde nationale et les forces militaires d’active et de réserve. Or rien n’a été entrepris.

Une des principales causes de ce désarroi vient du démantèlement de la Federal Emergency Management Agency (FEMA), chargée de la coordination et de la planification en cas de catastrophes naturelles ou autres. Ses divisions les plus efficaces, comme le centre de gestion d’urgence, ont été incorporées au Département de la sécurité intérieure (Homeland Security - DHS), délaissant le secteur des désastres naturels pour consacrer les ressources presque exclusivement aux activités « anti-terroristes ». Autre facteur important : 40% des effectifs de la Garde nationale du Mississipi et de Louisiane sont déployés en Irak, alors que celle-ci représente la colonne vertébrale des capacités de secours de la région. En l’absence de coordination régionale, et encore moins nationale, cette lourde responsabilité est retombée sur les seules autorités locales qui n’ont pas les moyens d’y faire face.

Traçons un parallèle. En 1994, la guerre civile au Rwanda avait conduit à une catastrophe humanitaire, se traduisant par l’afflux de plus d’un million de réfugiés rwandais à Goma, au Zaïre (aujourd’hui République démocratique du Congo). Le président Clinton décida alors de lancer une vaste opération de secours humanitaire et 48 heures plus tard, l’armée américaine y était pleinement déployée. Plusieurs milliers de tonnes d’équipements et de vivres furent acheminées par voie aérienne et un important système sophistiqué de purification et de pompage de l’eau fut mis en place en l’espace de 48 à 72 heures, ce qui permit de secourir 2,5 millions de personnes en pleine zone de guerre, dans une Afrique centrale sous-développée.

Rien de cela ne s’est produit en Louisiane, bien que les Etats-Unis disposent des ressources nécessaires. Certes, l’ordre d’évacuation a été donné à toute la population de la Nouvelle Orléans, mais sans lui fournir les moyens de transports adéquats (bus, camions), ni aucun hébergement de secours (villages de toile, écoles, bases militaires). Le général Carl Stock, commandant du Corps des ingénieurs de l’Armée, attira l’attention sur le sévère manque d’hélicoptères pour les opérations de transport et de sauvetage, ainsi que pour colmater les brèches dans les digues. Or l’armée américaine dispose officiellement de 2500 hélicoptères de transport, de 113 avions de transport C-17 ainsi que de plus de 600 C-130 plus petits pouvant atterrir dans presque toutes les conditions. Leur déploiement dans un aérodrome proche de la Nouvelle-Orléans, appuyé par un nombre suffisant de bus et d’hélicoptères, aurait permis d’évacuer le stade « Superdome » et de transporter les réfugiés en lieu sûr en un ou deux jours.

Des vulnérabilités et des insuffisances bien connues

Au cours des quatre dernières années, l’Army Corps of Engineers (USACE), les autorités locales et de l’Etat, des parlementaires fédéraux et diverses études n’ont cessé de mettre en garde contre les insuffisances et les vulnérabilités des systèmes de protection contre les inondations de la Nouvelle-Orléans et des alentours, face à un ouragan de catégorie 5. Ils ont tenté d’obtenir de l’administration Bush le financement des modernisations nécessaires. Faisant fi des avertissements, Bush et Cheney ont rejeté toutes les demandes.

  • Dans un rapport publié en mai dernier, l’USACE du district de la Nouvelle-Orléans indiquait que le système actuel de contrôle des inondations de la ville et de la Louisiane du Sud serait en grande partie adéquat en cas d’ouragan de catégorie 3. Mais, selon le New York Times du 1er septembre, « l’argent manquait » pour mener une étude sur les renforcements nécessaires « afin de résister aux inondations et aux vents engendrés par un ouragan de catégorie 5 ». Ayant reconnu les faiblesses du système de digues de la Nouvelle-Orléans, le rapport constatait alors : « Les réductions budgétaires pour les années fiscales 2005 et 2006 empêcheront le Corps de faire face aux besoins. » Au moment où paraissait ce rapport, on a sabré le budget du district de la Nouvelle-Orléans de 71 millions de dollars.

    Comme le faisait remarquer le directeur de projets de l’USACE du district de la Nouvelle-Orléans, Al Naomi, il aurait fallu « 2,5 milliards de dollars pour mettre en place un système de protection contre un ouragan de catégorie 5, et [maintenant] nous parlons de pertes se montant à des dizaines de milliards de dollars, en termes de productivité et de toutes ces vies perdues, ces blessés et traumatisés qu’on ne surmontera jamais. »

  • Selon le Wall Street Journal du 1er septembre, « une étude financée par les pouvoirs publics, lancée en 2002, a conclu qu’un lent ouragan de catégorie 3 inonderait "la cuvette de la Nouvelle-Orléans au nord du Mississippi", nécessitant "l’évacuation d’au moins 110 000 personnes [un quart de la population], notamment les personnes âgées et ceux ayant des problèmes de santé" ».

    En 2004, l’Army Corps avait établi une liste de projets visant à renforcer les digues et les systèmes de protection contre les inondations en Louisiane, projets se montant à 18 milliards de dollars. En juin, l’administration Bush répondait en réduisant de 343 à 272 milliards de dollars le budget de l’USACE pour le district de la Nouvelle-Orléans. Le Sénat intervint alors pour annuler certaines coupures. Elle rejeta aussi la recommandation de l’USACE de restaurer au sud de la Nouvelle-Orléans des marais pouvant ralentir les inondations.

  • Lors d’auditions de la commission budgétaire du Sénat en mai, Mike Parker, responsable du secteur travaux publics de l’USACE, déclara que le budget de 4,2 milliards de dollars proposé par le gouvernement pour l’ensemble des projets était insuffisant et qu’il en faudrait au moins 6,4 milliards. Aussitôt, George Bush renvoya Parker, qui était en charge du dossier depuis 5 mois.
  • Les députés fédéraux de Louisiane avaient de leur côté sollicité des fonds pour le contrôle des inondations à la Nouvelle-Orléans, entre autres. Le Houston Chronicle du 31 août, dans un article intitulé « Nous l’avons vu venir, mais nous n’avons pas agi en conséquence », note que la Maison Blanche avait refusé la demande des élus.
  • En juillet 2004, la Homeland Security de Louisiane avait organisé un exercice de huit jours destiné à tester les capacités de réaction à un ouragan de catégorie 5 dont les vagues submergeraient les digues et inonderaient la ville de la Nouvelle-Orléans. Le rapport citait une estimation de la Croix rouge selon laquelle le nombre de morts se situerait entre 25 000 et 100 000. Ainsi, les autorités avaient planifié la mobilisation contre une telle catastrophe plus d’un an avant l’arrivée de Katrina.

    La mise au point de cet exercice « Hurricane Pam » avait été supervisée par Ivor Van heerden, qui précisa à MSNBC le 3 septembre qu’il avait personnellement remis à une responsable de la Maison Blanche « un CD avec les résultats de notre étude sur le pire scénario », précisant que des centaines de milliers de personnes seraient alors privées de secours. Il avait, entre autres, proposé de prévoir des villages de toile pour les sans abri. La réponse de la responsable : « Les Américains ne vivent pas dans des tentes ».

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