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L’Amérique, plus que jamais une société à deux vitesses

La rédaction
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Le rapport du Bureau du recensement du ministère du Commerce (Monetary Income in the US, 1998), paru à la fin de l’année dernière, affirme qu’en 1998, les familles américaines ont gagné les revenus les plus élevés de l’histoire américaine. Ce serait, selon ce rapport, la preuve éclatante que l’Amérique est bien entrée dans la dixième année consécutive de son boom économique.

Cependant, à examiner de plus près ce document, on s’aperçoit que l’économie américaine est en contraction. Si les revenus totaux des familles américaines ont en effet atteint un niveau record, il reste cependant que : 1) la plus grande partie de l’augmentation provient de gains financiers (plus-values, intérêts, actions) et n’a rien à voir avec une véritable croissance économique ; 2) ce sont les 20 % des familles en haut de l’échelle qui ont profité de cette augmentation. En réalité, nous avons affaire à une « société à deux vitesses » : ces 20 % se taillent chaque année la part du lion de la distribution des revenus, tandis que le niveau de vie réel des 80 % restants est en baisse. En même temps, la dette intérieure et le déficit commercial continuent de gonfler.

L’inégalité des revenus s’est progressivement accrue ces deux dernières décennies. En 1977, les 80 % les moins riches de la société se partageaient 55,8 % du revenu total après impôt. En 1999, suite à la croissance de la bulle spéculative et à la contraction de l’économie physique, ce chiffre n’était plus que de 49,6 %. Ainsi, 20 % de la population gagnaient plus que les 80 % restants (ceux-ci représentant quelque 92 millions de familles, c’est-à-dire environ 221 millions de personnes). Pour faire une autre comparaison : 1 % de la population (quelque 1,2 million de familles représentant 2,75 millions de personnes) a empoché plus de revenus que les 38 % situés en bas de l’échelle (43,7 millions de familles et environ 105 millions de personnes). Jamais dans l’histoire américaine, l’écart entre revenus n’a été aussi grand.

Ce sont surtout les plus-values qui ont gonflé les revenus des 20 % de la tranche supérieure. En outre, deux autres sources de revenus, purement financières elles aussi, ont fortement augmenté au cours de ces vingt-deux années : les dividendes et les intérêts.

De 1955 à 1990, les plus-values ont augmenté lentement, mais en restant toutefois à un niveau relativement moyen, généralement bien en dessous des 200 milliards de dollars (à l’exception de 1986). A partir de 1990, le rythme s’est accéléré. Puis de 1995 à 1999, les gains sont passés de 180 milliards à environ 530 milliards, c’est-à-dire qu’ils ont presque triplé en l’espace de seulement quatre ans. Trois quarts de ces gains sont allés aux 20 % de la population les plus riches.

En 1999, les revenus provenant des dividendes et des intérêts atteignaient respectivement quelque 174 milliards de dollars et 787 milliards, les plus-values se situant à 530 milliards. Le total de ces trois sources était donc de 1491 milliards. Près des trois quarts de cette somme sont allés aux 20 % des familles de la tranche supérieure.

Actuellement, les revenus provenant de plus-values représentent 21,3 % des revenus personnels. C’est un pourcentage plus important que celui fourni par le secteur productif (industrie, construction, activités minières, agriculture, transports et production d’énergie) qui a été réduit à 18,5 % des revenus totaux.

L’inégalité des niveaux de vie est cependant bien plus marquée que ne l’indiquent les statistiques officielles, car celles-ci ne reflètent pas l’effondrement de l’infrastructure dans les collectivités où vit la majorité de la population. On y constate un manque d’équipements hospitaliers, les systèmes de transport fonctionnent mal, la qualité de l’éducation est en forte baisse, etc. En 1963 par exemple, une nouvelle maison coûtait l’équivalent de 399 semaines de travail pour un travailleur non agricole moyen. En 1998, il en fallait 761, soit une augmentation de 91 %. Autrement dit, le pouvoir d’achat des travailleurs, en ce qui concerne l’achat de logements, a chuté de 48 %.

En termes de richesses, les inégalités sont encore plus frappantes qu’en termes de revenus. Les 10 % de familles en haut de l’échelle possèdent 70 à 90 % de tous les titres financiers, titres de propriétés, dépôts et biens immobiliers (hors résidence principale), ainsi que des produits dérivés. Ces mêmes 10 % possèdent plus de 90 % des entreprises privées, leur donnant le contrôle de biens physiques vitaux comme le pétrole, le gaz et d’autres sources d’énergie, l’alimentation et les infrastructures physiques pour les télécommunications. Cette même catégorie s’est aussi accaparée de parts substantielles dans les entreprises publiques engagées dans le même genre d’activités et elle détient une grande partie du secteur des métaux précieux, sous forme de lingots d’or et de bijoux. Certains vont même jusqu’à dire que ces 10 % « possèdent » l’Amérique.

En 1995, selon le « Consumer Finance Survey », les familles américaines détenaient pour 2750 milliards de dollars d’actions. 1 % de la population possédait 42,2 % de ce total, soit 1160 milliards de dollars, et 10 % de la population en détenaient 84,4 %. Par conséquent, 90 % de la population se partageaient 15,6 % des actions, soit 430 milliards de dollars. Il n’est donc pas étonnant que les trois quarts ou plus des plus-values et des gains sur dividendes bénéficient aux 10 % des familles en haut de l’échelle.

La situation est encore plus extrême en ce qui concerne les obligations et les entreprises. En 1995, sur les 114 milliards de dollars d’obligations détenues par des familles américaines, 90,3 % allaient à 10 % de la population et 9,7 % étaient répartis entre les 90 % restants. En même temps, les entreprises détenues par les familles américaines valaient au total 4020 milliards de dollars ; là-dessus, 1 % de la population détenait 71,4 %, soit 2870 milliards, et les 90 % restants en détenaient 7,7 %.

De plus, en 1995, les 90 % de la population ont dû se contenter de 31,5 % de la richesse totale, tandis que les 10 % restants en détenaient 68,5 %, soit 14 046 milliards de dollars. De ces 68,5 %, plus de la moitié (35,1 %) revenait à 1 % de la population. Aux Etats-Unis, c’est la plus grande disparité en termes de richesses depuis 1929.

Le seul domaine dans lequel la catégorie des revenus inférieurs pèse plus lourd est celui de la dette, avec 70,9 % pour 90 % de la population. Cet énorme fardeau s’explique par le fait que ces familles ont dû emprunter pour compenser la réduction de leur pouvoir d’achat.

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