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L’Empire britannique joue la carte tibétaine contre la Chine

La rédaction
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Le 11 avril 2008 (Nouvelle Solidarité) — En orchestrant des émeutes « ethniques » dans Lhasa, la capitale tibétaine, et en polarisant l’opinion publique internationale contre la Chine au moment des jeux Olympiques de Pékin, une perspective de guerre et de choc des civilisations se met en place pour faire tenir un système financier aux abois.

Ceux qui connaissent l’histoire savent qu’une opération similaire a servi de prélude à la deuxième guerre mondiale. En effet, lorsque le Japon lança l’invasion de la Mandchourie en 1932, les Britanniques activèrent leurs pions au Tibet pour ouvrir un second front contre la Chine. Pour comprendre la propagande anti-chinoise actuelle, il est indispensable d’avoir une vision historique.

Fascination

Depuis fort longtemps, le Tibet a fasciné les dirigeants de l’Empire britannique. Le Tibet était vu comme le foyer mythique de la « race arienne », comme le berceau des formes les plus ésotériques du bouddhisme et, surtout comme « le cœur » géopolitique de l’Eurasie. Bien que les dynasties chinoises y établissent leur influence dès le douzième siècle et leur protectorat chinois entre 1720 et 1911, les Anglais ont toujours considéré que le Tibet leur appartenait et n’était qu’une annexe de l’Inde. Pour eux, le Tibet devait servir d’« Etat tampon » entre l’Inde et la Chine. Ainsi, dans les années trente, les Anglais tentèrent de forcer la Chine d’abandonner le Tibet en la plaçant sous la direction d’un officier du Raj britannique, qui englobait toute la région autour de l’Inde. Ce consul était l’anglais Hugh Richardson (1905-2000) qui s’y installa en 1932.

Cependant, outre les impérialistes britanniques, cet endroit « magique » attirait aussi toute l’attention d’Adolphe Hitler et de sa clique. En 1939, une délégation nazie de la Waffen SS, envoyée par Heinrich Himmler, se rendit au Tibet pour tenter de retrouver l’origine de la race « Arienne ». Bien que Richardson tienne à cette époque ses distances avec les nazis, car après tout l’Angleterre était à deux doigts de déclarer la guerre à Hitler, il reprendra le contact avec eux dès la fin de la guerre. L’un des membres de cette délégation nazie, l’ethnologue et mesureur de crânes Bruno Beger fut condamné par la suite à Nuremberg. Il se réfugia au Tibet après la guerre et se lia d’amitié jusqu’à la fin de sa vie avec le jeune Tenzin Gyatso (le 14eme Dalaï-Lama), né en 1935. Un autre ami nazi du Dalaï-Lama fut l’officier autrichien SS Heinrich Harrer (1912-2006), qui s’est rendu célèbre par la production hollywoodienne à partir de son livre Sept ans d’aventure au Tibet, adapté au cinéma en 1997 par Jean-Jacques Annaud. Brad Pitt, qui joue Harrer dans le film, avoua qu’il aurait décliné de jouer ce rôle s’il avait su l’historique du personnage...

Le Shangri-La (le paradis terrestre) pour les seigneurs

Comme l’Inde, les anglais adoraient la théocratie tibétaine au sommet d’un système de castes féodales. Pour eux, c’était un modèle de société. Comme dans tout système féodal, l’immense majorité des terres arables étaient organisées en domaines seigneuriaux travaillés par des serfs. A leurs têtes, des moines et des lamas amassaient des richesses considérables. Le monastère de Drepung, dirigé par des rejetons de familles aristocratiques, avait 185 manoirs, 25 000 serfs, 300 grands pâturages et 16 000 bergers. Au Tibet de « sa sainteté » le Dalaï-Lama, la torture et la mutilation, y compris l’arrachage de la langue ou le sectionnement du tendon du jarret, étaient les punitions favorites infligées aux serfs fugitifs ou aux voleurs. La seule route existante au Tibet était réservée à la voiture personnelle du Dalaï-Lama et il n’existait aucun système judiciaire, tout étant aux mains de la hiérarchie religieuse.

En 1950, l’armée populaire chinoise entre au Tibet et le Dalaï Lama accepte le poste de vice président de l’assemblée populaire communiste. C’est seulement en 1956 que le Dalaï Lama entre en résistance, quand le régime communiste décide d’abolir le servage et les codes qui classaient la population en trois catégories et neuf classes, dont le prix de la vie était précisé, codes qui donnaient aux propriétaires de serfs et d’esclaves le droit de vie, de mort et de torture sur eux. La fin du servage a permis au Tibet de sortir des ténèbres. Les Chinois y ont construit des routes, des hôpitaux, des écoles et même une voie ferrée, et aujourd’hui même, la religion peut être pratiquée sans restriction. La scolarisation des enfants est passée de 2 à 81% et l’espérance de vie a quasiment doublé, passant de 35,5 ans à 67 ans.

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Qu’est-ce qu’il s’est réellement passé à Lhasa ?

Vu ce retranchement racial, ethnique et féodal de la clique du Dalaï Lama, il n’est pas étonnant que les émeutes du 14 mars à Lhasa aient affiché une telle haine raciale – émanant de militants tibétains déployés spécialement à cet effet. Le journaliste James Miles, de l’Economist de Londres, présent dans la capitale pendant les émeutes, rapportait : « Ce que j’ai vu était une violence calculée et ciblée contre un groupe ethnique, ou plutôt deux groupes ethniques, principalement la minorité chinoise Han vivant à Lhasa, mais aussi les membres de la minorité musulmane Hui de Lhasa. » Si les commerçants hans, l’ethnie majoritaire en Chine, pouvaient être désignés comme le symbole de l’« occupant », les musulmans huis vivent au Tibet depuis neuf cents ans.

Les émeutiers, écrit Miles, ont épargné les entreprises tibétaines d’origine, mais quasiment tous les autres commerces, dans une bonne partie de la ville, « ont été brûlés, pillés ou détruits, et les biens traînés dans les rues, entassés puis brûlés. Ce fut une surprenante démonstration d’insupportables violences ethniques, difficiles à regarder même pour certains tibétains qui y assistaient. »

La police a fait preuve d’un grand sang froid et est intervenue après une longue attente, écrit-il.

Qui téléguide les émeutes ?

En revanche, la réaction politique et médiatique occidentale fut immédiate. Ainsi, Nancy Pelosi, la présidente démocrate de la Chambre des représentants américaine, s’est rendue en Inde pour rencontrer le Dalaï-Lama et a immédiatement attribué les émeutes de Lhasa à « l’oppression chinoise » de la culture tibétaine. Bien que dans le cadre de la guerre froide la CIA ait formé au Colorado plusieurs milliers de soldats de la guérilla tibétaine, dont le frère du Dalaï-Lama, l’émergence de la Chine comme puissance mondiale amena les anglophiles à doubler leurs efforts. A partir des années soixante-dix, une association américaine semi-officielle, la National Endowment for Democracy (NED), emploiera l’argent du contribuable américain pour défendre « la démocratie », et le libre échange qui en résulte, dans le monde. Robert Ménard, l’agent provocateur français et actuellement président de Reporters Sans Frontières (RSF), qui fut le relais de la dramatisation des événements du Tibet en France, bien que largement financé par la Commission européenne, a reconnu avoir reçu quelque 40.000 dollars de la NED.

En 1988, la Maison du Tibet fut fondée à New York par l’acteur hollywoodien Richard Gere et le professeur Thurman, spécialiste du Tibet, qui a ensuite mis sur pied la Campagne internationale pour le Tibet (ITC). ITC reçoit chaque année 5 millions de dollars de contributions et travaille en étroite collaboration avec Amnesty International et surtout avec le Fonds Mondial pour la Nature (WWF), organisation écolo-fasciste dans le giron des familles royales britannique et hollandaise.

L’explosion de ce 14 mars à Lhasa n’avait rien de spontané. Au début des années 90, l’un des dirigeants d’ITC, Mark Handelman, avait pistonné mille jeunes tibétains proches du Dalaï-Lama en Inde, en leur offrant des visas pour les États-Unis. Grâce à cette combine, Tsewang Rigzin a pu vivre pendant douze ans aux États-Unis, obtenir la nationalité américaine et travailler dans les antennes régionales du Jeune congrès tibétain, organisation dirigée par des amis du Dalaï-Lama en lien avec ITC. En août 2007, de retour à Dharamsala en Inde, Rigzin a pris la tête du Jeune congrès et lança par la suite les émeutes radicales contre les dirigeants chinois.

Or, par principe, toute activité politique de cette nature est interdite par les accords entre le gouvernement indien et le Dalaï-Lama, et vise à aggraver les relations entre l’Inde et la Chine. Les Chinois ont désormais apporté les preuves que le Jeune congrès de Rigzin, bien qu’agissant indépendamment du Dalaï-Lama lui-même, a activement préparé des émeutes, aussi bien au Tibet que dans d’autres régions chinoises.

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