www.solidariteetprogres.org | BP27 92114 Clichy cedex | 01 76 69 14 50

Accueil >Actualité

L’Europe de Lisbonne : un paillasson pour entrer dans l’Otan ?

La rédaction
1338 visites

4 mars 2008 (Nouvelle Solidarité) - Victoria Nuland, ambassadrice des Etats-Unis à l’Otan et épouse de l’ultra néo-conservateur Robert Kagan (*), exulte : « Je suis d’accord avec la France. L’Europe, les Etats-Unis, l’Otan… ont besoin d’une capacité de défense européenne plus capable. »

Si, en août 2006, le premier ministre polonais appelait ouvertement pour que l’UE se transforme en puissance militaire (*), cette idée, de prime abord assez surréaliste, risque de devenir une réalité sous l’impulsion de Nicolas Sarkozy lors de la présidence française de l’UE qui commence en juillet prochain.

Pierre Lellouche, le député et délégué général de l’UMP pour la défense qui fut favorable à la guerre contre l’Irak et intime des néo-conservateurs américains, vient d’expliciter ce projet dans une tribune parue le 31 janvier dans Le Figaro : « 8 propositions pour donner à l’Union une défense commune ».

« Vieux rêve de la diplomatie française depuis plus d’un demi-siècle, d’abord avec le projet de CED (Communauté européenne de défense) [repoussé par les gaullistes et les communistes au parlement français en 1954], puis avec le plan Fouchet, l’ambition de doter l’Europe d’une capacité de défense autonome apparaît aujourd’hui aussi indispensable qu’inatteignable »

Indispensable, parce que suite à « l’échec de l’aventure américaine en Irak », que Lellouche soutenait sans états d’âme, l’Otan apparaît « obsolète et fragilisée. » Inatteignable, parce que « les vingt-sept ensemble totalisent moins de 40% du budget du Pentagone, tandis que cet écart atteint 1 à 10 en matière de recherche et développement militaire. »

Heureusement que Nicolas Sarkozy est disposé à y mettre « le paquet » : « La présidence de Sarkozy doit être l’occasion de démontrer que, malgré les blocages actuels, la révolution géopolitique dans laquelle nous sommes entrés impose un véritable saut qualitatif en matière de sécurité commune. »

Pour Lellouche, la France ne doit ni se réfugier dans le repli national ni dans l’alignement atlantiste, mais prendre la tête d’un pilier européen de l’OTAN, dont le groupe « pionnier », ou « G-6 », sera formé par la France, l’Allemagne, l’Angleterre, l’Italie, l’Espagne et la Pologne, des pays dont les dépenses militaires atteignent au moins 2% de leur PIB, et capable chacun de fournir au moins 10.000 hommes pour une armée européenne de 60.000 hommes.

Divine surprise, Lellouche montre ensuite clairement que le Traité de Lisbonne ne fut qu’une étape intermédiaire, mais indispensable, dans ce projet.

« Après tout, le traité simplifié voulu, inventé par le candidat Sarkozy avant même son élection et que le Congrès ratifiera à Versailles dans quelques jours, n’est-il pas la preuve tangible du caractère irremplaçable de la force d’impulsion française dans la constitution européenne ? Cette force d’impulsion, la France doit à nouveau la mettre au service de la défense commune. »

« En réconciliant la France avec l’Amérique dès son élection et en signalant que défense européenne et Otan sont désormais compatibles du point de vue de la France, le président Sarkozy a d’ores et déjà levé le préalable majeur à l’émergence d’une défense commune entre Européens. »

Un hebdomadaire moins timide, le European Voice que dirige la roumaine Dana Spinant à Bruxelles pour le groupe londonien du Economist, dans un article du 14 février, dévoile quelques uns des arrangements prévus en coulisse.

« Le plan est de lancer un tel groupe dès l’année prochaine suite à la ratification du Traité de Lisbonne, utilisant le dispositif concernant ‘une coopération permanente structurée’ sur le plan de la défense, tel qu’il fut prévu à l’origine, en 2004, dans le projet de constitution européenne. Bien que cette Constitution ait été rejetée, suite aux référendums au Pays-bas et en France, la clause qui permet ce type de coopération fut maintenue dans le traité de Lisbonne. »

« Le Royaume Uni ne soutiendra ce plan ouvertement qu’une fois le nouveau traité entré en vigueur, mais un responsable de l’Union Européenne a confirmé que le Royaume Uni a fait pression pour que cette clause soit incluse dans la Constitution lors de son écriture. La possibilité de constituer un groupe ‘pionnier’ sur la défense a été inclus dans la Constitution, parce que ‘le Royaume Uni et la Francesouhaitaient qu’il y figure’, disait le responsable de l’UE… »

Pour Lellouche, soucieux de bien emballer son projet, il servira « de socle à une relation rééquilibrée avec les Etats-Unis d’Amérique, dès la Seconde moitié de 2009, une fois installée la prochaine Administration américaine. »

Du coté américain, c’est Barack Obama, interrogé sur l’Afghanistan, qui, après avoir fait les éloges du Prince Harry de retour d’Afghanistan, a déclaré qu’en ce qui concerne les alliés de l’Otan, il estimait que le temps était venu pour qu’ils cessent de laisser tout « le sale boulot » aux seuls américains et britanniques. (Ce qui est factuellement erroné, car ce sont essentiellement les Canadiens, les hollandais et les anglais qui perdent le plus de vies en Afghanistan)

Ainsi, on finit par croire que les renforts que la France envisage d’envoyer dans le sud de l’Afghanistan semblent tomber dans la vilaine catégorie des « sacrifices à consentir » afin de pouvoir faire quelques pas sur les marches de la gloire.

Sacré Sarkoléon, c’était donc vrai !

Notes :


(*) Fondateur du New American Century Project (NACP) avec Dick Cheney, Richard Perle et Paul Wolfowitz.

(**) European Voice, « Polish premier : EU should be military power », 7 septembre 2006.

  • 2525€
  • 5050€
  • 100100€
  • 250250€
  • 500500€
  • 10001000€
  • 20002000€
 
Notre dossier éducation, en vente ici Au Yémen, on assassine les hommes et leur mémoire. La France complice. terrorisme / 11 septembre, les 28 pages qui démasquent... La mer, avenir de l’homme Présidentielle 2017
Autres articles
Plus d'articles

« Le parti a pour objet de combattre, en France et dans le monde, pour la paix par le développement économique et l'égalité des chances et contre l'usure financière et les idéologies du sol, du sang et de la race. Il défend pour chacun et entre les peuples le progrès matériel, intellectuel et moral. A cet effet, il participe à la vie politique de notre pays, notamment lors des échéances électorales. Il peut apporter son soutien politique et financier à des partis et associations dont l'objet concorde avec celui-ci. »

Extraits des statuts - Article 2 - Objet