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L’Europe sans choeur : A propos du film de Jacques Perrin les Choristes

La rédaction
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A la fin des années quarante en France, un professeur de musique (Clément Mathieu) apporte un peu d’humanité et d’harmonie dans une école de redressement baptisée « le fond du marais » et dirigée par un personnage tyrannique et égocentrique dont les conceptions pédagogiques se limitent à « Action...Réaction ! » L’attitude clémente et juste de ce professeur va rapidement effacer le silence pesant de cet internat, propice aux sentiments de vengeance, aux mensonges et à la rébellion, et ouvrir la possibilité aux caractères individuels de s’épanouir dans une activité créatrice commune.

L’intuition de départ de ce film, « la musique adoucit les moeurs » est juste. Cependant, le développement qui s’ensuit est malheureusement typique de la conception française de la culture. Dès le début, une voix va se distinguer des autres Elle nous est présentée comme un don du ciel, une prédisposition Une fois la perle dégottée, l’idée est qu’il faut qu’elle pense à elle et à son ascension. Le reste de la chorale se fondant finalement avec le décor.

Ici, la culture n’est pas un moyen d’élever par la beauté l’individu à des conceptions et des sentiments moraux lui permettant de se forger un caractère dans la création d’une oeuvre commune. Elle est plus brutalement un instrument d’impression dans le monde sensible d’un ordre de fait établi sur des règles arbitraires, connues seulement des initiés ayant les clefs du « bon goût ». Elle invite ainsi le peuple à suivre maladroitement le « la » ou à se réfugier dans le romantisme, la violence ou la vulgarité. Cette culture dessine l’idée d’une raison purement formelle, et de passions forcément anarchiques, indicibles ou inavouables.

Friedrich Schiller, le grand historien et poète allemand, qui avait placé beaucoup d’espoir dans la Révolution française, y voyait la principale cause de notre échec. Dans ses Lettres sur l’éducation esthétique de l’homme, il voit la nécessité urgente de l’époque d’élever les gens à la Raison en éduquant leur sentiments par les arts et la culture. « Il y a deux façons pour l’homme d’être en opposition avec lui-même : à la manière d’un sauvage, si ses sentiments imposent leur hégémonie à ses principes ; à la manière d’un barbare si ses principes renient ses sentiments. »

La Révolution française vacillera entre les émeutes sauvages et la terreur barbare. L’Europe, sous des formes différentes, en est aujourd’hui au même point. Elle est une intuition restée à l’état sauvage dans l’esprit de la plupart des Européens, et formalisée jusqu’à la barbarie par nos élites, si bien qu’elle ne semble être qu’un machin destiné à enregistrer des rapports de forces.

La Renaissance n’est pas tombée du ciel

Comment concevoir une Europe sans principes transcendant le simple moment présent ? Les Hommes qui ont bâti ce continent et l’Amérique que nous consommons aujourd’hui comme des charognards étaient animés par une vision résolument tournée vers le futur et le bien commun de toute l’humanité. Le développement des sciences et des arts, dans la Grèce de Platon, dans l’Europe de la Renaissance de Nicolas de Cues et de Léonard de Vinci, dans l’Europe de Jean-Sébastien Bach, de Leibniz et de Colbert, n’est pas tombée du ciel.

Dans la civilisation européenne, la musique, la géométrie, l’astronomie, l’arithmétique, la philosophie sont les instruments que l’homme a développés et aiguisés pour explorer, découvrir et maîtriser les principes physiques universels formant l’harmonie supérieure qui anime l’Univers. Et l’Homme, en accomplissant sa destinée morale, a accru la capacité d’accueil de la terre et le développement de la vie.

Pour bâtir l’Europe, il faut la bâtir dans les esprits et dans les coeurs au travers d’un grand dessein commun Il faut une Europe qui investisse massivement dans la seule et unique ressource viable capable de réanimer l’économie, la jeunesse Elle a besoin d’investissements massifs dans des programmes communs d’éducation, de recherche scientifique, de santé, et dans les infrastructures économiques de base. A l’image d’un choeur, l’Europe ne peut être elle-même qu’en ayant un projet créateur audelà d’elle-même, pour le monde et pour l’humanité.

Julien Petit

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