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L’Inde organise sa transition économique vers le nucléaire de IVe génération

La rédaction
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1er avril 2010 (Nouvelle Solidarité) — Comment assurer à l’espèce humaine toute l’énergie nécessaire à son plein développement dans les vingt à quarante années qui viennent, voici le défi qui a été posé début mars lors de la Conférence sur l’accès au nucléaire civil de Paris.

Pour Khaled Toukan, président de la Commission à l’énergie atomique de Jordanie, l’un des pays en développement ayant opté pour le nucléaire, la demande globale d’énergie devrait doubler entre 1990 et 2030. Bien que tous les acteurs présents à la conférence partagent cette perspective et que certaines décisions aient été prises pour aller dans cette direction, le poids de la crise financière freine toute action décisive.

Clairement, dans ce contexte de crise, les États songent plutôt à allonger la durée de vie des réacteurs actuels qu’à lancer les réformes financières qui permettraient de réorienter l’investissement vers ces grands projets. Le cas le plus caricatural de cette maladie est celui de Warren Pete Miller, conseiller nucléaire de Barack Obama, qui révéla que les Etats-Unis étudient comment porter la vie de leurs cent quatre réacteurs à soixante, voire quatre-vingts ans, sans pour autant mettre en danger la sécurité du public !

Un certain nombre d’orateurs tels que Nobuo Tanaka, directeur exécutif de l’Agence internationale de l’énergie de l’OCDE, ont insisté sur le fait que les vingt prochaines années seront celles des réacteurs de IIIe génération, tels que l’EPR. Et tout en sachant pertinemment qu’il faut aller plus loin (M. Bernard Bigot, président du CEA en France et modérateur d’un des panels de la conférence, a même déclaré que la priorité est de « préparer la technologie nucléaire en trouvant les moyens de développer les systèmes de la IVe génération dont on peut tirer cent fois plus d’énergie »), l’Inde est l’un des rares pays à le faire.

Dans les deux cas précédents, les États font un très mauvais calcul, car on s’apprête :

  1. à engloutir des sommes importantes pour allonger la vie de réacteurs de moins en moins performants en raison de leur vétusté, et potentiellement dangereux, et
  2. à miser sur une technologie ancienne améliorée par l’informatique, qui nous privera à la fois de la plus grande productivité d’une technologie à densité de flux énergétique beaucoup plus importante, mais aussi des retombées de toute nouvelle technologie dans l’économie.

Dans ce contexte, c’est le président du Commissariat à l’énergie atomique indien, Srikumar Banerjee, qui a volé la vedette à tout le monde. Évoquant le fait qu’à la fin 2010, seuls cinquante-six nouveaux réacteurs seront en service à travers le monde, il a polémiqué que ceci représente une augmentation de la production de seulement 1 à 2%, alors que l’Inde aurait besoin d’un taux de croissance de 9 à 10% juste pour fournir de l’électricité aux millions de pauvres que compte sa population.

Actuellement le pays s’apprête à passer de la phase I de son plan de nucléaire civil – dix-sept réacteurs PHWR et deux à eau bouillante (BWR) déjà installés, plus cinq réacteurs en construction (trois PHWR et deux LWR) – à la phase II, dominée par des surgénérateurs refroidis au sodium liquide. L’utilisation de surgénérateurs avec comme combustible la combinaison uranium-238/plutonium-239, allongera les ressources mondiales en uranium jusqu’à la fin du siècle, a déclaré M. Banerjee, mais pas au-delà. C’est la raison pour laquelle la phase III du plan indien prévoit des surgénérateurs fonctionnant avec un combustible thorium232/uranium233, thorium dont l’Inde possède près de 25% des réserves mondiales.

Que les ressources naturelles soient limitées, nous le savons depuis quarante ans, a ironisé Srikumar Banerjee, mais nous avons cru qu’un miracle viendrait nous sauver et nous n’avons rien fait pour y remédier. Il appela à un effort international pour développer la filière thorium, soulignant qu’étant trois fois plus abondant dans la nature que l’uranium, la surgénération utilisant le thorium permettrait au monde de disposer d’énergie nucléaire pendant plusieurs milliers d’années.

Pour ce qui est de la volonté française d’être leader mondial dans le nucléaire civil, c’est à l’ambition de l’Inde, de la Russie, de la Chine et de la Corée du Sud qu’elle devra se mesurer. Le 12 mars, au cours d’une visite du président russe Vladimir Poutine en Inde, un accord a été signé par lequel la Russie s’engage à livrer à l’Inde seize puissants réacteurs nucléaires et à construire une unité de production de combustible nucléaire. L’Inde pourrait également participer au chantier du réacteur international d’Argansk, en Sibérie, qui travaillera sur la filière du thorium.


Dossier : Nucléaire, la IVe génération, c’est déjà demain !


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