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L’Iran constitue-t-il une menace pour les Etats-Unis et Israël ? Le point de vue de Martin van Creveld

La rédaction
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Dans une interview accordée début mars à l’EIR, Martin Van Creveld, professeur d’histoire militaire à l’Hebrew University, a donné son point de vue sur les ambitions nucléaires de l’Iran. « J’ai du mal à comprendre pourquoi Washington est si préoccupé par l’Iran », dit-il. Si l’Iran posait un si grand danger, pourquoi l’administration Bush a-t-elle décidé à l’époque d’attaquer l’Irak, « qui n’était un danger pour personne, au lieu d’attaquer l’Iran ? Depuis le début, il était évident que le grand bénéficiaire de la guerre en Irak et de ses suites serait les Iraniens ». Plutôt qu’une menace fondamentale pour les Etats-Unis ou Israël, Van Crefeld estime qu’un Iran nucléaire serait source d’inquiétude pour les Etats du Golfe et l’Arabie saoudite.

Quant aux affirmations de Dick Cheney sur le danger immédiat que représente l’Iran, il commenta : « Je ne vois pas les choses de cette façon ; ce raisonnement n’est pas logique. En fait, au cours des 60 dernières années, chaque pays qui s’est doté de l’arme nucléaire est devenu moins aventureux. Je ne vois pas pourquoi cela ne s’appliquerait pas à l’Iran. »

Van Crefeld estime qu’un régime de dissuasion nucléaire pour l’ensemble de la région serait préférable à toute attaque militaire. « J’envisage comme parfaitement probable l’émergence d’un régime de dissuasion dans la région du golfe Persique. Je ne vois pas ce qui pourrait empêcher les Iraniens de se doter de l’arme nucléaire - même s’ils arrivent à un accord avec les Russes sur l’enrichissement de l’uranium en Russie. Je ne doute pas que les Iraniens veuillent se doter d’armes nucléaires. Et si j’étais Iranien, je travaillerais aussi sur les armes nucléaires. Après tout, vu de Téhéran, la situation stratégique de l’Iran s’est beaucoup détériorée au cours des trois dernières années. L’Iran est désormais entouré de forces américaines : au sud, dans le golfe Persique, à l’est, avec l’Afghanistan, au nord-est, dans certaines républiques d’Asie centrale, et à l’ouest, avec l’Irak. L’Iran est donc bel et bien entouré par des forces américaines. Et tout le monde sait que, là où les forces américaines sont déployées, l’arme nucléaire n’est pas loin. »

« Quant à Israël, je pense que son rôle dans tout cela est assez marginal. Nous avons tout ce qu’il faut pour nous défendre ou pour dissuader une attaque iranienne. Nous jouissons de cette capacité depuis plus de 20 ans. D’abord, des avions à grand rayon d’action avec ravitaillement en vol, ensuite des missiles capables d’atteindre Téhéran, et maintenant une capacité de deuxième frappe à partir de sous-marins, chacun muni de quatre missiles de croisière. Nous avons déjà trois sous-marins et en aurons bientôt deux autres. Ainsi, à tout moment, il y aura des missiles de croisières, sans doute dotés d’ogives thermonucléaires, pointés sur Téhéran. Cela devrait suffire. (...) Je pense aussi que l’effort nucléaire iranien n’est pas dirigé en premier lieu contre nous. Il est dirigé contre les Etats-Unis - et c’est compréhensible. On pourrait dire qu’Israël est un bon paratonnerre pour les Iraniens. Bien entendu, nous, Israéliens, avons notre propre rôle à jouer ; traditionnellement, nous avons employé la menace pour obtenir des armes. Non seulement pour les obtenir, mais pour les obtenir dans des conditions favorables - et cela a marché. Par exemple, dans les années 60, quand l’Allemagne et les Etats-Unis nous ont fourni les armes que nous voulions. Puis, après la première guerre du Golfe, en 1991, où nous avons dit à l’Allemagne : "Vos missiles sont tombés sur nous". La réponse des Allemands : "OK, vous aurez trois sous-marins". Et maintenant, cela marche à nouveau. "Les Iraniens construisent des armes nucléaires pour nous éliminer" ; réponse : "OK, vous aurez deux autres sous-marins, presque gratuitement. »

Quant à la possibilité que les Iraniens s’attaquent à Israël avec des armes chimiques, Van Crefeld estime que cette question est extrêmement émotionnelle pour les Israéliens, que « l’utilisation d’armes chimiques serait une très grave erreur. (...) C’est une question traumatisante pour nous, Israël a été fondé sur cette idée que plus jamais nous ne subirions d’attaques au gaz. » C’est un problème historique que les Iraniens doivent comprendre, sous peine d’en subir des conséquences effroyables.

Pour cet historien militaire, le véritable danger pour l’existence d’Israël est plutôt d’ordre interne, découlant de l’occupation de la Cisjordanie. « L’Intifada risque de déclencher une guerre civile en Israël. (...) On l’a vu avec l’assassinat de Rabin. (...) Le grand danger pour nous, presque le seul, est interne. »

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