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L’Italie prône un « New Deal européen »

La rédaction
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Comme nos lecteurs le savent, le gouvernement italien promeut pour l’Union européenne un important programme d’investissements publics, non soumis aux contraintes fiscales du Pacte de stabilité. Dans un document intitulé « Action européenne pour la croissance », rendu public le 9 juin, le ministre italien des Finances, Giulio Tremonti, propose de créer un organisme européen pour le financement « hors bilan » des infrastructures, suivant le modèle de l’agence italienne des infrastructures Ispa.

Ce nouvel organisme de financement devrait reposer sur « la capacité d’endettement et le savoir-faire » de la Banque européenne d’investissement (BEI). Il devrait avoir les moyens de financer des projets à hauteur de 70 milliards d’euros par an. Peu avant l’annonce du gouvernement italien, le capital de cette banque a été augmenté pour passer de 100 à 150 milliards d’euros, lui permettant d’améliorer sa capacité de prêt de 234 à 375 milliards d’euros. Tremonti propose que le nouvel organisme de financement européen, sous la tutelle de la BEI, émette des obligations garanties par les pays membres de l’UE, qui ne seraient pas considérées comme de la dette publique et échapperaient donc aux critères de Maastricht sur le déficit public.

Prenant la parole le 12 juin devant la Commission des finances du Parlement européen, Tremonti a expliqué qu’il compte, pour l’essentiel, suivre la stratégie adoptée par Franklin Delano Roosevelt avec son New Deal dans l’Amérique des années 30. « Nous ne discutons pas d’hypothèses keynésiennes, mais d’un "New Deal européen". », a-t-il précisé, ajoutant que « le New Deal américain a fonctionné et nous avons des raisons de croire que nous arriverons à un accord au niveau des ministres des Finances de l’UE », lors de leur première réunion de la présidence italienne qui commence le 1er juillet.

Le document italien en question fait référence au premier plan Delors pour les Réseaux transeuropéens (RTE), qui était lui-même un écho de la proposition de « Triangle productif européen » formulée en 1990 par Lyndon LaRouche. Le plan Delors, adopté lors du sommet de l’UE à Essen en 1994, comprenait quatorze grands projets d’infrastructure, dont seulement trois ont été achevés : l’aéroport de Malpensa près de Milan, le pont Copenhague-Malmoe et la voie ferroviaire Dublin-Cork. Les autres ont été bloqués surtout par manque de fonds. A l’origine, le plan Delors prévoyait l’émission d’obligations par l’UE pour financer les RTE, mais certains pays membres ont posé leur veto parce qu’ils y voyaient une violation des critères de Maastricht. La proposition de Tremonti éviterait ce piège en créant, au sein de la BEI, une sorte de Kreditanstalt für Wiederaufbau au niveau européen.

Ironisant sur les « fondamentalistes du marché », Tremonti a déclaré que pour tout libéral pragmatique et sérieux, « toute époque a son modèle social (...) Dans les années 80, c’était celui de Margaret Thatcher et de Ronald Reagan, puis, dans les années 90, on s’est enthousiasmés pour la nouvelle économie et la globalisation, et maintenant, c’est le moment d’investissements publics compétents dans le domaine des infrastructures physiques, ce qui, en Europe, veut dire donner un sens à l’élargissement vers l’Est et combler le fossé entre Nord et Sud. »

« Nous devons agir maintenant »

Selon le directeur général du ministère italien des Finances, Domenico Siniscalco, l’initiative prise par le gouvernement italien est motivée par « un jugement mesuré mais alerte en ce qui concerne la descente en chute libre, que certains appellent déflation et d’autres récession », de l’économie mondiale. Il faut donc « démarrer les travaux publics le plus rapidement possible. »

Dans le même temps, une commission spéciale, baptisée « Groupe à haut niveau sur les RTE » (ou groupe Van Miert) et dirigée par l’ancien commissaire européen Karel Van Miert, a passé en revue et élargi le plan Delors. Ce rapport recommande la réalisation de dix-neuf projets prioritaires pour un investissement total de 500 milliards d’euros. Il propose aussi d’augmenter la part financée par la BEI, qui passerait ainsi du niveau actuel de 40-45 % à 75 % pour chaque projet, et de reporter l’échéance du crédit de 25 à 35 ans.

Le gouvernement italien prévoit qu’à l’occasion du sommet de l’UE à Salonique, à la mi-juillet, ce « New Deal européen » obtiendra le feu vert et qu’il sera formellement lancé au sommet suivant, en décembre. Le 9 juin, le cabinet italien a adopté un document sur les priorités à traiter pendant la présidence italienne de l’UE, qui appelle à l’ouverture d’une « nouvelle phase de la politique économique en Europe, mettant l’accent sur la croissance (...), pour assurer que des avancées concrètes soient réalisées avant la fin de cette année ». Selon ce document, le « modèle social » pour les années à venir « se fonde sur des biens d’utilité publique au sein d’une économie de marché » et « la relance de l’économie européenne passe par l’investissement public, principalement mais pas exclusivement, dans les infrastructures et les transports. Mais pas seulement. Dans les infrastructures non physiques également : le capital humain, la recherche, la technologie. »

Comme l’affirme le plan du gouvernement italien, intitulé « L’action européenne pour la croissance » : « Nous devons agir maintenant. (...) Les réseaux transeuropéens jouent un rôle fondamental dans le soutien à l’économie et l’accroissement du potentiel de croissance à long terme. Le taux actuel d’investissement dans les RTE est insuffisant pour surmonter le retard d’investissements dans la liste de projets prioritaires convenue. Au taux annuel actuel d’investissements de 25 milliards d’euros par an, il faudrait environ vingt ans pour atteindre l’objectif de 500 milliards d’euros que [le groupe van Miert] a estimé nécessaire pour un réseau paneuropéen moderne de liaisons prioritaires en ce qui concerne le transport et l’énergie. (...) Des retards supplémentaires risquent de ralentir l’activité économique, réduisant la compétitivité européenne et diminuant les perspectives de croissance durable et de nouveaux emplois. Il y a nécessité d’accroître le volume d’investissements dans l’infrastructure, les amenant au rythme initialement prévu par le plan Delors. Ceci implique une augmentation de ces investissements de l’ordre de 0,5 à 1 % du PNB (...). La Banque européenne d’investissement (BEI) a été le principal financier des RTE au cours des dix dernières années [100 milliards d’euros approuvés, 75 milliards signés]. Il faut développer son rôle pour qu’elle puisse mieux répondre au besoin de financement supplémentaire requis. Quatre instruments principaux, dont certains sont nouveaux et d’autres une adaptation de ceux existants, pourraient être combinés de façon à ce que la BEI puisse offrir une contribution forte mais flexible. » Ces quatre instruments sont : 1) des prêts directs, 2) des garanties sur les prêts, 3) une participation dans le capital, 4) la sécurisation des crédits destinés à l’infrastructure. Ensemble, toujours selon le document italien, ils pourraient former un nouvel instrument européen d’investissements au sein de la BEI.

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