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L’UE et l’euro survivront-ils le week-end ?

La rédaction
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27 février 2009 (Nouvelle Solidarité) – Si le gouvernement français a pu éviter un risque systémique avec le sauvetage in extremis de Natixis cette semaine, la menace de faillite en chaîne qui vient des institutions financières des PECO (Pays de l’Europe Centrale et Orientale) risque de faire éclater aussi bien la zone euro que l’Union européenne elle-même.

Le ministre allemand des finances, Peer Steinbrück vient de le reconnaître à demi-mot lors de la rencontre de Berlin en affirmant que des Etats européens « et pas seulement d’Europe de l’Est » pourraient rencontrer des graves difficultés de refinancement.

Interrogé par Le Figaro, l’ancien secrétaire d’Etat allemand aux finances, Thomas Mirow, qui pilote actuellement le plan de soutien financier de la Banque Européenne de Reconstruction et de Développement (BERD) aux banques de l’Europe centrale, reconnaît que la menace est réelle et confirme que quelque 350 milliards d’euros (200 milliards d’euro pour le refinancement et 150 milliards pour la recapitalisation) sont nécessaires à très court terme pour éviter la catastrophe.

« C’est très simple, dit-il, aujourd’hui dix ou douze banques d’Europe occidentale sont fortement engagées en Europe centrale et orientale, notamment des institutions autrichiennes, suédoises, françaises, grecques, italiennes et allemandes. Des faillites de filiales ou de banques à l’Est auraient sans doute un impact en zone euro ».

Comme le note Les Echos, « avec environ 1000 milliards d’euros placés dans leurs banques, dans les Peco, les pays de la zone euro n’ont aucun intérêt à voir leurs voisins s’effondrer économiquement. Car ils ne tarderaient pas à suivre le mouvement ».

En réalité, l’Europe de l’ouest risque de payer très chère la facture pour avoir créé une « petite Chine » sur sa frontière orientale, en concentrant essentiellement ses investissements sur la production, avec une main d’œuvre sous-payé, de biens de consommation - dont des voitures - destinés à être achetés par les consommateurs « rentables » à l’ouest.

Comme en Espagne ou en Irlande, ce « boom » à l’est fut coiffé d’une vaste bulle immobilière et de titrisation à tout va. D’après les calculs de la maison de courtage japonaise Nomura, plus du quart des actifs bancaires dans les Peco pourraient se révéler « pourris ».

L’effondrement de la croissance et de la consommation à l’ouest, entraîne la chute de l’est. Cependant, si elle n’est pas enrayée, la zone euro risque l’éclatement sans parler des tensions politiques qui risquent même de disloquer l’UE.

Convoqué ce dimanche pour un déjeuner de travail informel en vue de préparer la réunion du G-20 qui doit se tenir début avril à Londres, les 27 chefs d’Etats et de gouvernements se voient rattrapés par la réalité.

Car, à l’initiative de la Pologne, et à la grande surprise de la Commission qui veille à la cohésion de l’UE, un « mini-sommet » des Peco aura lieu à Bruxelles, quelques heures avant le sommet de « l’Union ». Si Bruxelles tente de minimiser le caractère exceptionnel de ce mini-sommet, la tension est palpable.

La déclaration de Nicolas Sarkozy affirmant l’obligation des constructeurs automobiles recevant l’aide de l’Etat français de ne pas délocaliser leur production vers la République Tchèque, pays qui préside l’UE, n’est qu’un lapsus prégnant de vérités refoulées.

Une fois de plus, il est grand temps de reconnaître que reporter à plus tard la réorganisation du système monétaire international, proposée par Lyndon LaRouche aux Etats-Unis et Jacques Cheminade en France, dans le vain espoir de pouvoir quand même sauver la masse colossale de titres toxiques qui restent dissimulés dans les bilans, est le chemin le plus sûr vers la débâcle.

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