Solidarité & progrès est un parti politique qui milite pour la paix par le développement économique mondial, contre le féodalisme financier et les idéologies du sol, du sang et de la race. Les informations que nous diffusons visent à vous faire joindre notre combat en le faisant devenir aussi le vôtre.

La campagne
présidentielle
Cheminade 2017
Flash : 2 décembre - La République se rappelle qu’elle a besoin de savants ! Lire Flash : 2 décembre - Sur le renoncement de François Hollande Lire Flash : 2 décembre - François Fillon veut six fois moins de communes et zéro départements Lire
Accueil Actualité
Brèves

L’accord sino-américain sur l’OMC : une arme à double tranchant

La rédaction
visites
754

Après quelque treize années de négociations et de nombreuses interventions personnelles de la part du président Clinton et des dirigeants chinois Jiang Zemin et Zhu Rongji, la Chine et les Etats-Unis ont conclu le 15 novembre un accord bilatéral, ouvrant la voie à l’adhésion de la Chine à l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

Si le Congrès américain approuve l’accord - ce qui n’est pas du tout certain - cela éliminera une très ancienne source de friction entre les deux pays. Mais au-delà, cet accord est au mieux une arme à double tranchant. Il risque même de provoquer plus de dangers, de conflits et de crises que s’il n’avait pas été signé.

Comme l’ont noté les détracteurs libéraux de l’accord en Occident, y compris au Congrès américain, cette signature ne signifie pas que Pékin ait soudainement abandonné son dirigisme traditionnel et adhère aux principes de « l’économie de marché » mondialisée. En effet, il semble que l’une des exigences essentielles de la partie chinoise, à savoir que la Chine garde un statut de pays en développement au sein de l’OMC, ait été acceptée. Ainsi, par exemple, elle aurait toujours le droit, suivant les dispositions de l’OMC et à certaines conditions, d’augmenter les droits de douane sur les produits agricoles au-dessus du niveau défini dans l’accord sino-américain. Le gouvernement chinois dispose encore de multiples moyens d’intervenir sur le marché, dans l’intérêt de la politique économique nationale.

En revanche, les compromis, même partiels, acceptés par les Chinois pour entrer dans l’OMC, comportent d’énormes risques pour sa stabilité économique et sociale ainsi que pour sa souveraineté, y compris celui d’aggraver les divisions politiques internes. Parmi les secteurs qui devraient être les plus durement frappés par la baisse des droits de douane et d’autres mesures similaires, on compte les industries détenues par l’Etat qui représentent encore 60 % de l’emploi urbain en Chine. La concurrence avec les produits étrangers pourrait provoquer de nouvelles vagues de licenciements alors que le chômage est déjà une source majeure d’instabilité politique et sociale. Par contre, certains secteurs, comme l’industrie textile, dotés de surcapacités, pourraient bénéficier de marchés extérieurs en expansion. Mais là aussi, c’est à double tranchant, dans la mesure où la perte estimée de 150 000 emplois dans l’industrie textile américaine en raison d’un accroissement des importations chinoises devrait alimenter un fort sentiment antichinois dans les rangs des syndicats américains.

La question la plus critique concerne cependant l’avenir du contrôle des capitaux. L’accord sino-américain prévoit que des institutions financières étrangères pourront éventuellement conduire des opérations commerciales à grande échelle en Chine, et cela dans la monnaie locale. Tant que les contrôles de capitaux et autres mesures de régulation restent en place, les intérêts étrangers auront du mal à s’emparer de l’épargne et des actifs d’une population de 1,2 milliards d’habitants. Néanmoins, avec l’extension des opérations de banques et de compagnies d’assurance commerciales, les appels à l’abandon du contrôle des capitaux et à l’ouverture des ressources financières aux marchés financiers globalisés se multiplieront. Ce danger met en lumière le principal défaut des négociations sino-américaines : elles n’ont pas abordé l’urgence d’une réorganisation du système financier international.

Contactez-nous !