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L’administration Bush comparée au régime nazi

La rédaction
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Deux grands experts juridiques américains ont récemment fait des déclarations extraordinaires, comparant les pratiques de l’administration Bush à celles du régime de l’Allemagne nazie.

Le 13 janvier, Scott Horton, un responsable de l’Association du Barreau de New York, a accordé une interview à notre confrère américain, Executive Intelligence Review, dans laquelle il relève des similitudes entre les arguments entendus à la Maison-Blanche aujourd’hui et ceux défendus par les avocats du régime nazi. Selon lui, en s’en tenant aux critères du Tribunal de Nuremberg, Donald Rumsfeld et d’autres membres du gouvernement pourraient être poursuivis pour crimes de guerre.

Il trace un parallèle entre le raisonnement du juriste nazi Carl Schmitt et ceux qui prétendent aujourd’hui que le Président des Etats-Unis dispose de pouvoirs illimités en temps de guerre, qui le dispensent de respecter les traités internationaux et les lois américaines. Si l’on devait traduire ce concept en allemand, note-t-il, cela donnerait le « Führerprinzip », terme utilisé par les nazis pour désigner un régime entièrement basé sur la volonté du Führer, Hitler.

Nous assistons aujourd’hui, déplore-t-il, « à la réapparition, à grande échelle, d’idées qui étaient en grande partie bannies de la doctrine juridique depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale ».

On le voit dans le dangereux virage amorcé par Alberto Gonzales, alors conseiller juridique de la Maison-Blanche et actuellement pressenti au poste de ministre de la Justice, et par David Addington, le conseiller de Dick Cheney. Mais ils sont contestés, a compris par les militaires. De même, à l’époque nazie, un cercle d’avocats et d’autres membres de l’armée allemande s’était élevé contre l’abrogation des Conventions de Genève et de La Haye par le régime. Ce fut ainsi le cas d’Helmuth von Moltke.

Lors des procès de Nuremberg contre des officiers de la Wehrmacht accusés de crimes de guerre, rappelle Horton, le maréchal Wilhelm Keitel tenta de justifier certains ordres qu’il avait donnés en prétendant que les commandos alliés capturés derrière les lignes de l’ennemi étaient des terroristes et non des prisonniers de guerre, que l’Union soviétique n’était pas signataire des Conventions de Genève, que les Soviétiques étaient eux aussi des terroristes, etc. On songe bien sûr aux prétendus « combattants illégaux » qui sont détenus en toute illégalité à Guantanamo et dans d’autres prisons militaires américaines.

Le maréchal Keitel prétendit aussi qu’il n’était pas responsable de la conduite de ses subordonnés. Le Tribunal rejeta les arguments de la défense et le condamna à la peine capitale, citant en particulier le fait qu’il avait qualifié les Conventions de Genève d’« obsolètes ». « Il fut exécuté en 1946 », dit Horton, mais « de toute évidence, ses idées ne sont pas mortes ».

A Nuremberg, les défendeurs plaidèrent également qu’il n’y avait aucun lien entre les politiques qu’ils avaient discutées et les pratiques sur le terrain, mais le tribunal « est resté insensible à ces arguments », poursuit Horton. Les juges estimèrent que si la ligne de conduite arrêtée au plus haut niveau se traduisait par de tels faits sur le front, la responsabilité en incombait aux politiques. Même en l’absence de document signé donnant des ordres spécifiques, les supérieurs étaient tenus, positivement, d’assurer le respect des conventions. En vertu du principe de « la responsabilité du ministre », en cas de violations répétées sur le front, le ministre en est tenu pour comptable. « Et par comptable, je ne veux pas dire qu’il se mette devant les caméras en disant : « Je suis responsable », pour échapper ensuite à toute sanction. Non, je veux dire la peine de mort . »

Telle fut la position adoptée par les Etats-Unis à Nuremberg et réaffirmée devant les Tribunaux pénaux internationaux pour la Yougoslavie et le Rwanda. « Maintenant, avec le président George W. Bush, on semble avoir oublié tout cela. La règle semble être : faire de quelques soldats des boucs émissaires, en épargnant tous les officiers supérieurs. » C’est « la répudiation des règles de Nuremberg ».

En conclusion, Scott Horton note que, dans son tristement célèbre mémorandum du 25 janvier 2002, Alberto Gonzalez « semble particulièrement motivé par une crainte : celle de voir des membres du gouvernement poursuivis pour crimes de guerre. Au vu de ce qui s’est passé, il paraît certain que son inquiétude est bien fondée . »

L’interview complète a été publiée dans EIR Online du 18 janvier et dans le numéro du 28 janvier du magazine EIR.

Fritz Stern, un éminent historien américain dont la famille avait fui l’Allemagne nazie en 1938, a déclaré dans un discours que les cérémonies en l’honneur de l’élection présidentielle américaine « renforcent mes craintes quant à l’avenir immédiat du pays qui nous a sauvés, nous a instruits et nous a tant donné. » Stern note le contraste entre Hitler, « qui prêchait la peur pour l’exploiter », et la devise de Roosevelt selon laquelle que « la seule chose dont nous devons avoir peur est la peur elle-même ». Malgré certains « éléments désagréables » aux Etats-Unis à l’époque, le message principal de Roosevelt était une affirmation enthousiaste de la réforme et du progrès.

L’essor du national-socialisme « n’était ni inévitable, ni accidentel » et il est important de comprendre qu’on aurait pu l’arrêter, dit-il. L’une des raisons pour lesquelles tant d’Allemands ont adhéré à l’idéologie nationale-socialiste, c’est qu’Hitler était « un brillant manipulateur populiste qui insistait et croyait probablement que la Providence l’avait choisi comme le sauveur de l’Allemagne, qu’il était l’instrument de la providence, un dirigeant chargé de mener à bien une mission divine. Certains reconnurent le danger moral consistant à confondre religion et politique, mais ils furent bien plus nombreux à être séduits. Ce fut la transfiguration pseudo-religieuse de la politique qui assura en grande partie son succès, notamment dans les régions protestantes ». Par exemple, dans son premier discours à la radio après avoir pris le pouvoir, Hitler déclara : « Le gouvernement national préservera et défendra les principes de base sur lesquels notre nation a été bâtie. Il considère le christianisme comme la fondation de notre moralité nationale et la famille comme la base de la vie nationale . »

Le 20 janvier, le Frankfurter Allgemeine Zeitung a publié une interview avec Stern dans laquelle il dit que lorsqu’il a vu les images télévisées de l’arrivée de Bush sur le porte-avions en Irak, « il m’est venu spontanément à l’esprit : la politique américaine subit une "Leni-Reifenstahlisation" », en référence au metteur en scène et propagandiste d’Hitler. L’historien voit l’émergence aux Etats-Unis d’« un nouveau type d’autoritarisme - un système plutocratique fondamentaliste chrétien, basé sur la secret, l’intimidation et les mensonges ».

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