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L’affaire Franklin : une taupinière au Pentagone

La rédaction
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Le 27 août, la chaîne CBS révélait que le FBI soupçonnait un fonctionnaire du bureau du sous-secrétaire à la Défense, Douglas Feith, d’avoir transmis des documents secrets concernant la politique américaine à l’égard de l’Iran, à des responsables du lobby pro-israélien American Israeli Public Affairs Committee (AIPAC), qui, à leur tour, les auraient remis à un diplomate israélien en poste à Washington. Le lendemain, le Washington Post et d’autres journaux révélaient l’identité de la « taupe » en question : Larry Franklin, un expert sur l’Iran affecté au secteur Proche-Orient/Asie du Sud (NESA) du Pentagone. Par la suite, on devait apprendre que, il y a dix-huit mois déjà, des agents du FBI spécialisés dans le contre-espionnage avaient surveillé un déjeuner d’affaires entre le conseiller politique de l’ambassade d’Israël, Naor GILAN, Steve Rosen de l’AIPAC et Franklin. L’enquête menée par la suite sur les activités de ce dernier a révélé ce qui pourrait bien s’avérer la plus grande opération d’espionnage israélien contre les Etats-Unis depuis la célèbre affaire Pollard.

Dès qu’il eut connaissance de « l’affaire Franklin », Lyndon LaRouche déclara que les révélations sur la taupe du Pentagone traduisaient la volonté de certaines institutions américaines d’empêcher Israël de lancer une attaque contre les installations nucléaires iraniennes. Une telle attaque créerait inévitablement les conditions pour une « guerre perpétuelle » dans l’ensemble du sud-ouest asiatique, avec la menace de recours à des armes nucléaires.

En effet, le 19 août, Martin Sieff, un analyste politique de l’agence UPI, avait averti que l’Amérique pourrait lancer une guerre contre l’Iran dès septembre. Deux jours plus tard, l’historien militaire israélien Martin Van Creveld estimait dans l’International Herald Tribune qu’une attaque israélo-américaine conjointe contre des sites nucléaires iraniens pourrait avoir lieu avant l’élection présidentielle américaine de novembre.

Nous avons appris le 31 août, d’une source haut placée dans le renseignement américain, que l’AIPAC était sur le point de débourser des millions de dollars pour lancer une campagne de propagande et de lobbying contre l’Iran, afin de pousser à une action militaire. On ne peut pas encore dire clairement si l’affaire Franklin obligera ce comité à suspendre ses plans. En revanche, il est certain que les révélations sur les activités d’espionnage de Franklin en faveur d’Israël ont relancé un vieux conflit à Washington, portant sur le rôle de toute la « taupinière » néo-conservatrice au sein de la bureaucratie civile du Pentagone et du bureau du vice-président, qui est responsable du fiasco irakien. Le réseau impliqué dans « l’affaire Franklin » fait occasionnellement l’objet d’enquêtes pour espionnage au profit d’Israël depuis plus de trente ans.

Les enjeux de l’affaire sont énormes. Pour Lyndon LaRouche, le plus important n’est pas la question de la transmission de documents secrets en tant que telle. Le vrai danger vient du dessein des néoconservateurs américains et de leurs alliés israéliens comme Ariel Sharon ou les fanatiques d’extrême-droite, en vue d’imposer au monde une politique de guerre perpétuelle. Néanmoins, ce scandale d’espionnage offre une excellente occasion de donner un coup de pied dans la taupinière.

Larry Franklin est un analyste de la DIA (agence de renseignement du ministère de la Défense), qui travaillait sur l’Union soviétique à l’époque de la Guerre froide, avant de s’occuper de l’Iran et de l’Irak. Protégé du soviétologue de la DIA Winnifred Joshua, Franklin a étudié à la School of Advanced International Studies (SAIS) de l’université Johns Hopkins, où il aurait été coopté par Paul Wolfowitz, actuellement numéro deux du Pentagone. Celui-ci est soupçonné depuis 1978 de transmettre des secrets américains à Israël. C’est du moins ce qui ressort d’une étude menée par Stephen Green en février dernier, qui énumère les différentes accusations d’espionnage et enquêtes concernant Wolfowitz, Doug Feith, Michael Ledeen et Richard Perle.

A l’été 2001, Franklin a été muté de la DIA au bureau politique du Pentagone sous la supervision de Feith, où il a pris en charge le bureau Iran au NESA. Plus tard, il a rejoint l’Office of Special Plans (OSP), l’unité de planification de la guerre d’Irak dirigée par Feith et le chef du NESA, William Luti, qui a, officiellement, été fermée par la suite. Luti avait été attaché militaire auprès de l’ancien président de la Chambre des représentants, Newt Gingrich, et travaillait, au début de l’administration Bush, dans le bureau du vice-président Cheney. Selon le lieutenant-colonel (cr) Karen Kwiatkowski, qui était en poste au NESA en 2002-2003, Luti se vantait lors des réunions internes d’en référer directement à Lewis Libby, le chef de cabinet de Dick Cheney.

Franklin, colonel de réserve de l’Aviation, avait servi à plusieurs reprises et pour de courtes périodes à l’ambassade américaine à Tel Aviv où, selon une source militaire, il a été réprimandé pour ses contacts non autorisés avec des responsables du renseignement israélien. Selon un article de presse, l’enquête actuelle du FBI sur les activités de Franklin a été ouverte suite à une fuite publiée en juin 2002 dans le New York Times, décrivant les plans de guerre américains contre l’Irak.

Selon d’autres témoins, Franklin faisait partie d’un petit cercle de néo-conservateurs qui se réunissait fréquemment à huis-clos dans le bureau de Feith. Ce groupe comprenait Feith, Luti, le responsable de l’OSP, Abe Shulsky, le spécialiste du Moyen-Orient à l’Office of Net Assessments, Harold Rhode, l’ancien président du Defense Policy Board, Richard Perle, David Wurmser et Michael Maloof. Ce groupe collaborait étroitement avec Wolfowitz et Libby, qui était lui-même étroitement lié au renseignement israélien et fut l’avocat de Marc Rich, un escroc proche de la mafia israélienne.

On a appris il y a un an que Franklin avait fait partie, avec Rhode et Michael Ledeen, de l’équipe de l’OSP qui s’était rendue à Rome en décembre 2001, afin d’ouvrir des canaux officieux avec le gouvernement iranien, par le biais d’un personnage très controversé de l’Iran/Contra, Manucher Ghorbanifar. Cette équipe sabota les discussions engagées à l’époque entre le département d’Etat et le gouvernement iranien, à propos d’une remise aux autorités américaines de cinq membres hauts placés d’Al-Qaida emprisonnés en Iran.

Pratiquement tous les membres du groupe néo-conservateur feraient l’objet d’une enquête pour espionnage, fabrication de renseignements et autres actes déloyaux au détriment des Etats-Unis. De source israélienne, suite aux révélations de CBS, un groupe d’agents israéliens, dirigés par le contrôleur de Pollard, Rafin Eytan, aurait fui les Etats-Unis par le Canada et le Mexique.

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