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L’affaire Khodorkovsky

La rédaction
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Le 2 juillet, la police russe a arrêté Platon Lebedev, président du conglomérat financier Metanep et bras droit présumé du puissant oligarque russe Mikhaïl Khodorkovsky, ainsi qu’un haut responsable de la sécurité du géant pétrolier Yukos, appartenant à cet oligarque. Beaucoup n’ont tout d’abord voulu y voir qu’une simple « mise en scène politique ». Peu d’observateurs pensaient en effet que Poutine oserait s’attaquer au formidable Khodorkovsky, l’homme le plus riche de Russie, qui entretient des relations de haut niveau avec les milieux politiques et financiers anglo-américains.

Mais avec le temps, on a compris que les autorités russes étaient sérieuses. On a refusé de libérer sous caution le milliardaire Lebedev qui reste en prison malgré de nombreuses protestations, notamment de la part du Premier ministre Kasyanov, du conseiller économique présidentiel Illarionov, de l’ambassadeur américain en Russie Vershbow et de l’ami de Khodorkovsky, Lord Jacob Rothschild. A noter que Lebedev n’est pas incarcéré dans une prison ordinaire pour délits économiques, mais dans la prison de l’ex-KGB, Lefovorto, aujourd’hui placée sous le contrôle du FSB et normalement réservée aux crimes politiques les plus graves, comme la trahison et le terrorisme.

Le bureau du procureur et le tribunal exercent de plus en plus de pressions sur Khodorkovsky et Yukos, dont le siège a été perquisitionné, entraînant une chute de 20 % du cours de l’action du géant pétrolier.

Dans ce contexte, nombre de partisans du libéralisme, en Russie comme à l’étranger, redoutent que les poursuites menées contre Lebedev pour sa prise de participation illégale dans une entreprise publique en 1994, ne signalent une volte-face de Poutine par rapport à tout le processus de « privatisations criminelles » du début des années 90, auquel les oligarques doivent leur fortune. Fin juillet, le vice-ministre de la Propriété, Alexander Braverman, contredisant Kasyanov, a déclaré qu’il ne pouvait exclure « un réexamen légal de "certaines pratiques de privatisation" ». Puis, lors d’une conférence de presse le 28 juillet, le porte-parole du bureau du procureur a critiqué Kasyanov personnellement pour ses tentatives de « faire pression sur le tribunal ».

Cette offensive contre Yukos/Menatep a eu lieu plus de deux mois après l’annonce, le 23 avril, d’un accord de fusion entre les deux géants du pétrole Yukos et Sibneft, le plus important de l’histoire russe, survenant à son tour après la fusion d’un autre géant russe du pétrole, Tyumen Oil, avec BP, au début de cette année. A elles deux, les fusions BP-TNK et Yukos-Sibneft concentrent désormais une très grande partie des ressources pétrolières russes - y compris quasiment toutes celles dans la région stratégique de la Sibérie orientale - dans les mains de deux géants, tous deux étroitement liés aux intérêts financiers anglo-américains. Selon certaines sources, dans les semaines qui ont précédé l’arrestation de Lebedev, Khodorkovsky s’était rendu plusieurs fois à Londres et en divers endroits des Etats-Unis pour négocier la vente à des « investisseurs étrangers » de nombreuses actions de Yukos-Sibneft.

Khodorkovsky a aussi joué un rôle central, côté russe, dans l’effort pour saper l’alliance franco-germano-russe contre la mobilisation de guerre américaine et mettre la Russie totalement dans le camp de l’administration Bush. Il est le principal promoteur du concept d’« alliance énergétique » russo-américaine, en vertu de laquelle la Russie est supposée garantir des livraisons pétrolières aux Etats-Unis dans l’éventualité d’une « instabilité » prolongée au Moyen-Orient.

En arrière-fond de cette offensive contre les oligarques, le président Poutine est déterminé à défendre la souveraineté de la Russie contre la menace synarchiste représentée par la cabale de Cheney à Washington et contre son « cheval de Troie », que constituent les oligarques russes.

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