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L’affaire Plame ouvre la voie à la destitution de Cheney et Bush

La rédaction
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Le Procureur spécial Patrick Fitzgerald, qui enquête sur l’affaire Plame, devrait prochainement demander à un grand jury fédéral d’inculper une ou plusieurs personnalités importantes de la Maison Blanche pour entrave à la justice, faux témoignage, et sans doute pour avoir enfreint les lois de sécurité nationale interdisant la divulgation de l’identité d’un agent secret américain. Il s’agit, en l’occurrence, de Valerie Plame, officier clandestin de la CIA et épouse de l’ancien ambassadeur Joe Wilson. Les deux personnes les plus suspectes dans cette affaire sont le chef de cabinet adjoint de la Maison Blanche, Karl Rove, et le directeur de cabinet du vice-Président, Lewis Libby. Le scandale implique autant le vice-président Dick Cheney que le président George W. Bush. Voici les principaux faits :

  1. En février 2002, la CIA envoie l’ambassadeur Joseph Wilson au Niger, afin d’évaluer des rapports transmis de sources officielles italiennes, selon lesquels, au cours des années 1990, Saddam Hussein aurait tenté d’acheter d’importantes quantités de yellow cake, un composé d’uranium, en vue de se doter d’armes nucléaires. La mission de Wilson fut entreprise à la demande de Cheney, qui voulait obtenir confirmation de ces renseignements pour mieux plaider en faveur de la guerre contre l’Irak.

    Wilson avait exercé une activité diplomatique au Niger, avant de diriger le bureau des Affaires africaines au Conseil national de sécurité. Il était également le dernier chargé d’affaires américain à Bagdad, juste avant le lancement de l’opération Tempête du désert en 1991.

    De retour aux Etats-Unis, après une mission de 8 jours, Wilson informe le département d’Etat et la CIA de ses conclusions, basées sur des entretiens avec une dizaine de fonctionnaires et d’hommes d’affaires nigériens impliqués dans l’industrie de l’uranium : les rapports en question sont dénués de tout fondement.

  2. Les conclusions de Joseph Wilson sont corroborées par d’autres rapports provenant de l’ambassadeur américain au Niger et d’un général de Marines mandaté par le Pentagone pour une mission parallèle. Néanmoins, en septembre 2002, l’administration Bush et le gouvernement britannique affirment publiquement que Saddam Hussein a tenté d’acheter d’importantes quantités d’uranium en Afrique.

    Le 19 décembre 2002, en réponse aux informations fournies par le gouvernement irakien concernant son programme d’armement, le département d’Etat publie un dossier accusant explicitement Saddam Hussein d’avoir dissimulé ses tentatives d’obtenir 500 tonnes d’uranium nigérien. Puis, en janvier 2003, dans son discours sur l’état de l’Union, le président Bush cite des rapports du renseignement britannique abondant dans le même sens.

  3. Le 7 mars 2003, peu avant l’invasion de l’Irak, Mohamed El Baradei, chef de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), déclare devant le Conseil de sécurité que, d’une part, ses inspecteurs n’ont trouvé aucune preuve de l’existence d’un programme d’armement nucléaire illégal et, d’autre part, que ses collaborateurs ont déterminé que les documents nigérians en question sont des faux.
  4. Le lendemain, 8 mars, Joseph Wilson déclare devant les caméras de CNN</i< : « Je crois qu’on peut dire avec certitude que le gouvernement américain savait, ou aurait dû savoir, que ce rapport était un faux, avant que le Dr El Baradei ne le mentionne dans son rapport présenté hier à l’ONU. » A cette occasion, Wilson n’évoqua pas sa propre mission au Niger.
  5. De sources proches du gouvernement américain, peu après ces déclarations de Wilson à CNN, certaines personnes sont convoquées dans le bureau du vice-président Dick Cheney pour en discuter et « monter » un dossier contre l’ancien ambassadeur.
  6. Le 6 mai 2003, dans un article intitulé « Disparue sur le champ de bataille : la vérité », Nicholas Kristof révèle dans le New York Times l’existence d’une mission d’enquête au Niger en 2002, sans toutefois mentionner le nom de Wilson.
  7. Le 6 juillet, un commentaire de Wilson est publié dans le New York Times sous le titre, « Ce que je n’ai pas trouvé en Afrique ». Il y décrit sa mission au Niger, précisant qu’elle a été commanditée par le vice-président Cheney. Il écrit : « L’administration Bush a-t-elle manipulé les renseignements au sujet du programme d’armement de Saddam Hussein afin de justifier une invasion ? »
  8. Le 14 juillet 2003, Robert Novak, du Chicago Sun-Times, fait paraître un article repris par de nombreux autres journaux, dans lequel il révèle que l’épouse de Wilson, Valerie Plame, est un agent de la CIA chargée de surveiller des programmes d’armes de destruction massive. Conclusion : Wilson a été nommé à cause de sa femme, non de ses compétences. Novak cite comme sources des « responsables haut placés du gouvernement ». Selon un rapport paru dans le Washington Post le 28 septembre 2003, avant de publier cet article, Novak avait averti de son intention un responsable de la CIA, qui l’avait exhorté à ne pas le faire « pour des raisons de sécurité ». Dans ce même rapport du Post, Novak reconnaît que la CIA lui a demandé de ne pas divulguer le nom de Plame : « Ils m’ont dit qu’elle ne serait probablement plus jamais envoyée en mission à l’étranger ». Selon la loi de 1982 sur les agents du renseignement, il est formellement interdit, sous peine d’amende et de dix ans d’emprisonnement, de révéler l’identité d’un agent secret américain.
  9. Depuis le début, Karl Rove, conseiller spécial de Bush, est mêlé à l’affaire. Bien que pour l’instant, aucun élément connu ne prouve que Rove ait personnellement contacté Novak pour lui révéler la véritable profession de Valerie Plame, au moins six journalistes, dont Chris Matthews de la chaîne MSNBC, ont déclaré que Rove les avait contactés peu après la publication de l’article de Novak, en leur disant : « Allez-y contre l’épouse de Joe Wilson ».
  10. Le procureur indépendant Fitzgerald établit que Lewis Libby, chef de cabinet de Cheney et son principal conseiller en matière de sécurité nationale, est un autre « membre du gouvernement haut placé » ayant contacté des journalistes au sujet de Valerie Plame, avant et après la parution de l’article de Novak.

John Dean, le conseiller juridique de la Maison Blanche pendant la présidence de Richard Nixon, estime, à juste titre, que l’affaire Plame est « pire que le Watergate ». L’article de Novak, orchestré depuis la Maison Blanche, a non seulement mis fin à vingt ans de carrière de Valerie Plame comme « agent secret non officiel », mais il a aussi exposé la société où travaillait l’épouse de Wilson, Brewster Jennings & Associates, qui opérait clandestinement pour le compte de la CIA dans de nombreux pays (Iran, Corée du Nord, Biélorussie, Israël, Pakistan, Libye, Serbie et Taiwan).

On ne sait pas encore si la CIA ou les commissions du renseignement du Congrès ont pu évaluer l’étendue des dégâts provoqués par cette affaire, mais ils doivent être immenses. De hauts responsables de la Maison Blanche ont délibérément révélé l’identité d’un agent secret de la CIA, afin de punir un ancien ambassadeur qui avait osé dévoiler des irrégularités gouvernementales sur une affaire aussi grave que l’invasion de l’Irak.

Joe Wilson écrivait lui-même, le 6 juillet, à propos de la journaliste incarcérée pour avoir refusé de révéler ses sources à la Maison Blanche, que Mme Miller, tout comme sa propre épouse, sont des « dommages collatéraux de la campagne de calomnies lancée contre moi lorsque j’ai eu la témérité de défier le Président sur (...) le yellow cake. Les vraies victimes de cette dissimulation (...) sont le Congrès, la Constitution et, plus tragiquement encore, les Américains et les Irakiens qui ont payé le prix ultime pour la folie de Bush ».

Le rôle joué par Lewis Libby dans l’affaire Plame ouvre la voie à la destitution (impeachment) ou à la démission du vice-Président. Son départ, comme le souligne Lyndon LaRouche, est essentiel pour permettre une réponse gouvernementale efficace à la désintégration financière internationale imminente. De plus, le rôle de Lewis Libby et d’autres membres de son équipe dans la destruction délibérée des carrières de Wilson, Plame et de la société Brewster Jennings constitue un motif supplémentaire de destitution.

Le départ de Cheney et son remplacement par une personne compétente et qualifiée (il y en a plus d’une au Sénat) créeraient aussi de bonnes conditions pour l’éviction de George W. Bush. Selon le 25ème amendement de la Constitution, ratifié en 1967, une procédure de destitution doit être intentée s’il s’avère que le Président est « incapable d’assumer les pouvoirs et les devoirs de sa fonction ». C’est de toute évidence le cas de l’actuel président.

Il l’a fréquemment démontré ces dernières semaines. Ainsi, ses récentes déclarations selon lesquelles les bons du Trésor déposés dans le Social Security Trust Fund ne sont que des « reconnaissances de dettes sans valeur » prouvent qu’il n’est pas apte à exercer ses fonctions. Suggérer ainsi que les Etats-Unis pourraient déclarer une cessation de paiements sur leur dette souveraine montre sa stupidité politique et son incompétence. A l’heure où les Etats-Unis et le monde se dirigent vers une crise financière systémique dont l’ampleur dépasse toutes celles des temps modernes, on ne peut se permettre de laisser en place l’administration Bush-Cheney.

Déjà, au début des années 70, alors que le président Richard Nixon menaçait l’existence de la République, les institutions américaines avaient alors réagi, bien que la situation fût beaucoup moins périlleuse qu’aujourd’hui. Le vice-président Spiro Agnew démissionna et fut remplacé par Gerald Ford, ouvrant la voie à la démission de Nixon. Les faux témoignages et entraves à la justice aujourd’hui au centre de l’affaire Wilson-Plame sont du même type que ceux qui firent tomber Nixon. A l’époque, les mécanismes constitutionnels fonctionnèrent et la nation survécut aux turbulences du Watergate.

Il y a donc un précédent. Cependant, les circonstances de juillet 2005 sont bien plus graves que celles de 1974. L’affaire Plame, parmi d’autres crimes, offre une fois de plus l’occasion de faire fonctionner les mécanismes constitutionnels et de mettre des dirigeants sains d’esprit à la tête de l’Exécutif.

Des journalistes coupables d’outrage à la Cour

Le 6 juillet, la journaliste du New York Times Judith Miller a été déclarée coupable d’outrage à la Cour et emprisonnée. Un autre journaliste, Matt Cooper, du magazine Times, a évité la prison en décidant à la dernière minute de témoigner devant un grand jury dans l’affaire Plame. Voici les faits :

Le 30 décembre 2003, le ministre de la Justice John Aschroft se récuse dans l’enquête sur les fuites à l’origine de la divulgation de l’identité de Valerie Plame. Le ministre adjoint de la Justice James Comey nomme le procureur de Chicago, Patrick Fitzgerald, procureur spécial chargé de cette enquête.

Le 1er avril 2004, la rumeur se répand que Fitzgerald aurait élargi son enquête à certains responsables de la Maison Blanche, soupçonnés d’avoir dissimulé la vérité aux enquêteurs et falsifié des informations classées secrètes. Le 21 mai, Fitzgerald cite à comparaître des journalistes qui auraient discuté des « fuites » sur Mme Plame avec la Maison Blanche, dont Matt Cooper du Time.

Selon le Washington Post du 6 juin, des représentants du Procureur spécial Fitzgerald ont interrogé le vice-président Dick Cheney. Dix jours plus tard, le conseiller juridique de la Maison Blanche, Alberto Gonzales, témoigne devant le grand jury. Le 24 juin, le président Bush lui-même est interrogé pendant plus d’une heure par Fitzgerald.

Le 20 juillet, Matt Cooper est déclaré coupable d’outrage à la Cour pour ne pas avoir répondu à l’assignation de Fitzgerald. Ce dernier cite Judith Miller du New York Times à comparaître le 12 août, toujours concernant les discussions avec la Maison Blanche. Le lendemain, l’ancien ambassadeur Wilson, l’époux de Valerie Plame, commente les actions en cours contre les journalistes, affirmant que le Président pourrait facilement résoudre le problème : « Qui pourrait aller au fond des choses en la matière ? Le Président des Etats-Unis. Il faut une enquête interne pour savoir qui a trahi le pays - une enquête avec témoignage sous serment de tout son personnel - et le Président devrait insister pour que quiconque ayant parlé à un journaliste à ce propos signe une dérogation. » Le 16 octobre, Karl Rove témoigne devant le grand jury.

Début 2005, l’affaire concernant les journalistes éclate au grand jour. Le 15 février, la cour d’appel de Washington condamne les journalistes Cooper et Miller pour outrage à la Cour.

Le député Conyers attaque Rove à propos de l’affaire Plame

Le député démocrate du Michigan, John Conyers, a rédigé une lettre au président Bush concernant Karl Rove, qu’il fait circuler auprès des autres députés démocrates pour recueillir leur signature. Cette lettre, datée du 7 juillet, demande soit une « explication publique » de la part de Rove sur son rôle dans l’affaire Plame, soit, s’il n’obtempère pas, sa démission. Quand bien même ses actions n’étaient pas directement illégales, note Conyers, il ne mérite en aucun cas une rémunération de l’Etat. Reprenant ce que l’on sait sur la complicité de Rove dans cette affaire, il note que ces faits semblent en contradiction avec des déclarations antérieures du gouvernement, Bush ayant dit en septembre 2003 qu’il voulait « connaître la vérité » et Scott McClellan ayant affirmé le 10 octobre 2003 : « Ils m’ont assuré qu’il n’étaient pas impliqués là-dedans . »

Que ces déclarations constituent ou non une entrave à la justice, dit Conyers, « elles semblent révéler une attitude consistant à menacer et à intimider ceux qui fournissent des informations défavorables à l’égard de votre administration », par exemple l’ambassadeur Wilson.

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