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L’ancien ministre des Finances brésilien conseille une sortie ordonnée de l’euro

La rédaction
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10 août 2012 (Nouvelle Solidarité) – Dans un entretien accordé le 7 août au quotidien Le Monde, le professeur d’économie Luiz Carlos Bresser-Pereira, ex-ministre des Finances du Brésil, qui fût chargé de la restructuration de la dette brésilienne en 1987, suggère à l’Europe de revenir aux monnaies nationales.

Pour ce professeur émérite d’économie de la Fondation Getulio Vargas, la crise actuelle de l’euro est en essence une crise de la balance des paiements. Lors de la naissance de l’euro, on s’est surtout concentré sur la gestion des déficits publics au lieu d’observer les comptes courants. Cela a conduit à une crise de taux de change interne à la zone euro et à un euro surévalué pour les pays aujourd’hui en difficulté. Un mouvement amplifié par les réformes de Gerhard Schröder et à une euphorie financière qui a gagné des pays comme l’Espagne où l’endettement privé a explosé.

« Résultat », note Bresser-Pereira, « l’euro est devenu une monnaie étrangère pour un grand nombre de nations de l’Union monétaire. Il n’y a rien de pire pour un pays que d’être endetté dans une monnaie étrangère. Dans le cas inverse, votre souveraineté peut être préservée, principalement en dévaluant votre monnaie. Mais ce n’est pas possible aujourd’hui. »

Bresser-Pereira, qui qualifie l’austérité comme « une façon très inefficace et injuste de résoudre la crise », avance diplomatiquement que les politiques de renflouement et les plans pour renforcer l’union budgétaire et créer une union bancaire ont été des mesures « courageuses ». Il précise néanmoins tout suite après que si cette piste fédérale « mérite d’être tentée », la voie « la plus sage est de mettre fin à l’euro d’une façon coordonnée et bien planifiée ».

A la question s’il faut revenir à des monnaies nationales, il répond : « La construction européenne est un très beau projet, vous avez les systèmes politiques et sociaux les plus avancées au monde, mais l’euro était trop ambitieux. Une monnaie commune ne peut exister que dans un Etat fédéral où les Etats fédérés n’ont plus guère d’autonomie fiscale, où la dette est contrôlée par l’Etat fédéral. Or, arriver à créer un réel Etat fédéral prendra beaucoup de temps, le voir émerger à court terme est quasi impossible : il n’y a qu’à regarder la taille du budget européen, qui ne représente qu’environ 1% du PIB de l’UE. »

« Si vous persistez à maintenir en vie l’euro, la probabilité de le voir s’effondrer de façon incontrôlée grossit de jour en jour. Ce qui ferait tomber ensuite toute la construction européenne. Il faudrait un plan de sortie extrêmement balisé : chacun des dix-sept pays reviendrait le même jour à sa propre monnaie ; immédiatement, les Etats les plus endettés procéderaient à une dévaluation pour regagner de la compétitivité, avant de revenir à une bande de fluctuation des changes comme avant la création de l’euro ; parallèlement, une union bancaire limiterait l’impact sur le plan financier, afin de couper le lien entre les Etats et les banques installées sur le territoire ».

Interrogé sur les risques d’un tel revirement, Bresser-Pereira répond : « L’union bancaire limiterait justement les risques financiers et amortirait le choc. En finir avec l’euro est une solution loin d’être largement partagée, mais il faut garder en tête qu’une grande partie des économistes sont employés par le secteur financier et dominent les débats. Or le secteur financier est par essence très conservateur… »

« De plus, croire que l’extinction de l’euro marquerait la fin de l’UE est absurde. Elle marchait très bien avant la naissance de la monnaie unique. Une devise commune doit rester le but de la construction européenne une fois la fin de l’euro actée, mais seulement le but ultime. Et tant pis si cela prend dix ou vingt ans pour la recréer. »

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