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L’économie au centre de la nouvelle doctrine de sécurité russe

La rédaction
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Le 10 janvier, le président russe par intérim, Vladimir Poutine, a signé la nouvelle doctrine de sécurité nationale de la Fédération russe. Ce document, rédigé en un langage pour le moins sévère, réaffirme non seulement la politique de « première frappe nucléaire », mais comporte également des formulations inhabituelles - à peine rapportées dans la presse occidentale - liant la sécurité nationale aux conditions économiques de la Russie. Insistant sur le rôle de l’Etat dans toute relance de l’économie, il fait allusion à d’éventuelles nouvelles mesures de contrôle monétaire et de réorganisation du système financier russe.

Les « transformations dynamiques » de la situation mondiale d’abord évoquées dans ce document sont caractérisées par un conflit entre, d’une part, la tentative de la Russie et d’autres nations de créer un système multipolaire de coopération politique, scientifique et technologique au niveau mondial et, d’autre part, les efforts pour imposer la « domination des relations internationales par des nations occidentales avancées sous la direction des Etats-Unis ». Ces dernières essaient d’appliquer des « décisions unilatérales à des problèmes mondiaux cruciaux, décisions basées surtout sur la force militaire » et en violation des « normes fondamentales du droit international ». Il est dit en outre qu’« un certain nombre de pays » tentent « d’affaiblir la position de la Russie dans les sphères politiques, économiques, militaires et autres ». En conséquence, « l’importance de la force militaire dans les relations internationales reste très grande ».

Parmi les principales menaces militaires pour la Russie, on cite « le problème du terrorisme, qui a un caractère transnational. (...) Le terrorisme international a lancé une campagne ouverte pour déstabiliser la situation en Russie. » Selon ce document, la sécurité nationale de la Russie comprend non seulement le domaine de la défense militaire en tant que telle, mais aussi les questions économiques et « la défense du patrimoine culturel, moral et spirituel de la Russie, ses traditions historiques et ses normes de vie publique ».

D’importants efforts doivent être consentis, lit-on, pour améliorer la situation dans les forces armées, les forces de sécurité et les structures de renseignement étranger et intérieur, où l’on déplore un « niveau particulièrement faible de préparation opérationnelle et de préparation au combat des forces armées russes (...) et d’inacceptables réductions dans l’allocation budgétaire destinée aux armes modernes et à la technologie militaire », situation qu’il faut désormais inverser. En outre, la nouvelle doctrine affirme « la nécessité d’une présence militaire de la Russie dans certaines régions stratégiquement importantes du monde ».

La caractéristique novatrice de cette doctrine de sécurité a trait à l’effondrement économique de la Russie et aux mesures nécessaires pour y remédier. L’on y évoque notamment « la menace à multiples facettes pour la sécurité (...) déterminée avant tout par la chute importante du produit national, la contraction de l’investissement et de l’activité d’investissement (...), la stagnation du secteur agricole, l’augmentation de la dette intérieure et extérieure ; la prépondérance des matières premières et de l’énergie dans la composition des exportations, et la prédominance de la nourriture et des biens de consommation - y compris des biens de première nécessité - dans les importations ; (...) le déclin de la recherche dans des branches stratégiquement importantes du développement scientifico-technologique (...) et la dépendance technologique accrue de la Russie envers l’extérieur. (...) » L’effondrement économique de la Russie est à « la racine des tendances séparatistes (...) et de l’accroissement de l’instabilité politique » dans le pays.

Le document affirme aussi que les « graves erreurs de calcul, tolérées dans les premières étapes de la réforme dans les domaines économique, militaire, juridique et autres de l’activité gouvernementale, et qui ont affaiblit le système de régulation et de contrôle de l’Etat (...) sont des facteurs fondamentaux ayant favorisé l’accroissement du crime, en particulier le crime organisé et la corruption. Les conséquences de ces erreurs de calcul se caractérisent par un affaiblissement du contrôle juridique sur la situation dans le pays et par l’implication de certains éléments des branches exécutives et législatives du gouvernement dans les structures criminelles, s’étendant à la sphère de direction de la grande industrie, des organisations commerciales et des réseaux de distribution de biens. A cet égard, la lutte contre le crime organisé a non seulement un caractère juridique, mais aussi politique. » Cette dernière formulation est interprétée en Russie comme le signe que Poutine se prépare à prendre des mesures contre Berezovski et d’autres « oligarques russes », qui l’ont jusqu’à présent soutenu.

Des interventions dirigistes de l’Etat destinées à arrêter le déclin économique et rebâtir la base productive du pays sont prônées. Tout en retenant l’idée de l’intégration de la Russie dans le marché mondial, l’accent est mis sur la nécessité de « renforcer la protection des intérêts des producteurs russes de biens, (...) de réduire par étapes la dépendance de la Russie envers le crédit extérieur, (...) de renforcer la régulation de l’économie par l’Etat. (...) » En outre, « des mesures efficaces doivent être prises dans le domaine de la régulation monétaire et du contrôle monétaire afin de créer les conditions propices à mettre un terme à l’utilisation de devises étrangères dans l’économie intérieure et à empêcher le transfert incontrôlé de capitaux hors du pays. (...) La principale priorité consiste à (...) garantir la croissance de la production de biens à haut investissement scientifique et de la production manufacturière. (...) » Pour ce faire, le document propose de « renforcer le soutien de l’Etat à l’investissement, [y compris] des mesures pour créer un système bancaire correspondant aux intérêts de l’économie réelle ». Une priorité spéciale devrait être donnée à la « stimulation de la transmission de nouvelles technologies militaires dans le secteur civil ».

Reste à savoir si ces propositions seront mises en pratique.

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