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L’empire à deux têtes d’Edouard Balladur

La rédaction
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par Christine Bierre

Paris, le 19 juin (Nouvelle Solidarité)—Une Union occidentale à deux têtes, un empire transatlantique à deux piliers permettant d’assurer la survie de l’Occident face aux menaces et aux nouveaux défis du monde, voilà ce qu’Edouard Balladur propose dans un petit ouvrage passé inaperçu du grand public paru en novembre 2007 (*). A tort, car l’ancien Premier ministre qui avait choisi Nicolas Sarkozy comme ministre du Budget, reste un contributeur important à la boîte à idées insatiable du président de la République. Il suffit de lire le discours sur la Défense et la Sécurité de la France prononcé par Nicolas Sarkozy, le 17 juin, pour mesurer l’impact des « visions » balladuriennes sur l’actuel occupant de l’Elysée.

« Aujourd’hui, l’Occident (…) se montre incapable de s’organiser afin d’affronter l’épreuve, tandis que sa puissance et son influence sont battues en brèche dans tous les domaines. L’histoire commence à se faire sans lui, peut-être un jour se fera-t-elle contre lui », s’exclame Balladur. Quel remède ? « Une union véritable entre l’Europe et les Etats-Unis doit être imaginée. » Mais rassurez-vous, « il ne s’agit pas de se liguer contre le reste du monde » …

Et Balladur d’examiner les déséquilibres croissants entre l’Occident et le reste du monde. Pourra-t-il résister au « choc démographique » de 2050, alors que les populations des « régions les moins développées passeraient (…) de plus de cinq milliards à près de huit milliards d’habitants, tandis que les régions développées, essentiellement l’Occident, conserveraient une population stabilisée autour de un milliard deux cents millions » ? La compétition joue aussi au niveau économique, où « la région Asie du Sud-Est et Pacifique connaît une expansion rapide, proche de 10% par an (…) tandis que le dynamisme est beaucoup moins grand aux Etats-Unis et en Europe ».

Comment s’étonner, dès lors, « que se fortifie chez les peuples émergents un esprit de revanche historique, nourrissant l’affrontement des volontés de puissance ? » Balladur donne pour preuve « la politique chinoise vis-à-vis de l’Afrique » ou les accords Sud/Sud entre le Brésil, l’Inde et l’Afrique du Sud, ayant pour but de pousser l’Occident à la défensive dans les négociations internationales. Il craint aussi la remontée de la Russie, en passe de « retrouver une bonne part du rôle dont la disparition de l’Union soviétique l’a privé », et les risques « d’une ambition chinoise grandissante, d’un sentiment nationaliste qui s’épanouit au Japon, de l’instabilité des relations ente l’Inde, le Pakistan, l’Afghanistan et l’Iran », sans oublier l’Afrique, dont il faudrait veiller à ce qu’elle « ne sombre pas dans la misère, et les rivalités ethniques ».

Seule « la communauté transatlantique » peut faire face à un tel défi, dit Balladur, après avoir balayé d’un revers de la main ceux qui « prônent le retour à la plénitude des pouvoir exercés par les Etats nations (…) négligeant ainsi la régression et le désordre qui en résulteraient », et ceux qui prônent un multilatéralisme voué à l’échec.

Plaident en faveur de cette communauté, l’existence d’une « économie transatlantique » forte d’une croissance des échanges de 10% par an, créant 15 millions d’emplois de part et d’autre de l’Atlantique et assurant 55% de la production mondiale, ainsi que le partage des mêmes valeurs et des mêmes risques « nés du terrorisme, de la prolifération nucléaire, d’une mondialisation mal maîtrisée ».

Condition absolue pour la réussite de ce nouveau partage du monde, les Etats-Unis doivent accepter que l’Union européenne acquière une véritable puissance. Pour y parvenir, Balladur ressort sa proposition d’Europe « des cercles ». Premier cercle, celui défini par l’adhésion au Traité supranational de Lisbonne, dont tous les membres doivent faire partie. Puis, un deuxième cercle de coopérations renforcées entre Etats voulant progresser plus vite dans différents domaines. Enfin, un troisième cercle, comprenant les voisins de l’Union ayant avec elle un partenariat étroit. Ce sont les pays de la Méditerranée qui négocient déjà leur entrée dans l’Union pour la Méditerranée de Sarkozy.

Cette Europe pourra alors progresser vers l’Union avec les Etats-Unis. Au menu, la création « d’un grand marché commercial commun avec l’institution d’une Union douanière » et des accords monétaires pour éviter la trop grande fluctuation entre les deux monnaies. En politique étrangère, les deux partenaires accepteraient de se coordonner avant toute décision importante, instaurant une meilleure distribution des tâches dans les questions militaires.

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Quant à la France et à sa volonté d’indépendance, Balladur lui enjoint tout simplement de se fondre dans cet ensemble où elle pourrait néanmoins conserver sa zone d’influence traditionnelle, en Afrique, au Moyen-Orient et même en Russie, et à rompre avec sa « tendance romantique », cultivant, « au nom de la volonté de la France (…) un style lyrique, (…) une ambition disproportionnée à ses moyens, (et) un anti-américainisme systématique et irréfléchi dans lequel ils [les Français] voient la marque d’un patriotisme et de l’indépendance ». Lui aussi, comme un certain Sarkozy qui fut l’un de ses ministres, il « ose » !

* Edouard Balladur, Pour une Union occidentale entre l’Europe et les Etats-Unis (Fayard)

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