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L’équipe de Bush provoque des tensions transatlantiques

La rédaction
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A peine dix semaines après son entrée à la Maison Blanche, George W. Bush et son gouvernement ont réussi à provoquer la plus grave crise dans les relations euro-américaines depuis l’après-guerre. En dehors des multiples provocations verbales à l’encontre des Européens, cette équipe a choisi de jeter de l’huile sur le feu en de nombreux points névralgiques du globe-Balkans, Russie, Proche-Orient ou Asie - ce qui va directement à l’encontre de ce que veut l’Europe.

Selon des spécialistes européens, la principale pomme de discorde dans les relations transatlantiques concerne la Russie. Les dirigeants européens, notamment d’Allemagne, de France et d’Italie, tentent depuis un certain temps d’établir des « accords de stabilité » à long terme avec la Russie, notamment dans les domaines de l’énergie, des transports et de l’économie. Ce processus devrait passer à la vitesse supérieure, lors du « dialogue de Saint-Pétersbourg » entre l’Allemagne et la Russie, du 8 au 10 avril, combiné avec le sommet entre le président Poutine et le chancelier Schröder. Une autre étape importante a été la présence de Vladimir Poutine au sommet européen de Stockholm les 24 et 25 mars derniers.

L’entourage de Bush, en revanche, ne perd pas une occasion pour raviver la dynamique de la Guerre froide. Le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld et d’autres ont accusé la Russie de se livrer à la « prolifération d’armes de destruction massive », notamment à destination de l’Iran. Le point culminant de l’hystérie antirusse à Washington a été l’expulsion des cinquante diplomates russes accusés d’espionnage.

La question russe est étroitement liée à d’autres foyers de crise au Proche-Orient et dans les Balkans. Il semble que les Européens veuillent engager les Russes dans de nouveaux efforts diplomatiques dans ces deux parties du monde, et ce serait l’une des raisons pour lesquelles on a invité Poutine au sommet de Stockholm.

Le président Bush soutient la stratégie de confrontation du Premier ministre israélien Ariel Sharon et rend Yasser Arafat entièrement responsable de l’escalade de la violence. Il a même posé son veto à la résolution du Conseil de sécurité prévoyant d’expédier une force d’observation dans les territoires, sans parler du fait qu’il a explicitement renoncé à tout engagement américain dans le « processus de paix », alors que celui-ci constituait un aspect central de la politique étrangère de Clinton.

Face à cette situation, certains Européens réagissent. C’est ainsi que le ministre danois des Affaires étrangères, Mogens Lykketoft, a appelé à des sanctions contre Israël, à cause de ses violations de la convention de Genève sur les droits de l’homme dans son attitude vis-à-vis des Palestiniens. Vivement dénoncé par des personnalités israéliennes, Lykketoft a reçu le soutien de son Premier ministre, Paul Nyrup Rasmussen.

Dans les Balkans, c’est une étroite coopération russo-européenne en coulisse qui a permis de restabiliser la situation. Les Européens sont consternés par le soutien apporté par les Anglo-Américains aux réseaux de l’UCK. Si Slobodan Milosevic mérite très certainement une sévère punition, dans la situation de fragilité actuelle des Balkans, la pression américaine pour le traduire en toute hâte devant le Tribunal international de La Haye ne peut qu’exacerber les tensions en Yougoslavie et dans la région.

Par ailleurs, l’Asie présente d’autres « fronts » importants. Lors de son sommet, l’UE a pris la décision sans précédent d’envoyer une représentation diplomatique dans la péninsule coréenne, au moment où George W. Bush et son équipe tentent de rallumer les tensions dans cette partie du monde où la paix et la réconciliation viennent de faire de grands pas, grâce à la « politique du soleil » du Premier ministre sud-coréen Kim Dae-jung, soutenue par Clinton.Washington s’efforce également de mettre le feu aux poudres dans les relations entre la Chine et Taïwan.

Vis-à-vis de l’Europe, des membres du gouvernement ou certains de ses conseillers « extragouvernementaux » ont eu des propos pour le moins provocateurs. Pour ce qui est de l’accord de Kyoto et de la « question climatique », aussi discutables soient-ils, on a lieu d’être choqué par un tel rejet unilatéral de cet accord international, même si on l’estime inapproprié.

La réponse la plus directe à l’équipe de Bush est venue de Paris. Dans une interview au Daily Telegraph, publiée le 28 mars, le chef d’état-major français, le général Jean-Pierre Kelche, a affirmé que la force de réaction rapide européenne, qui devrait être opérationnelle d’ici la fin de cette année, devrait fonctionner de manière indépendante des Etats-Unis et du haut commandement de l’OTAN, faisant contre-poids aux Etats-Unis au sein des structures de l’Alliance. Cette force de défense européenne a fait l’objet d’attaques répétées de la part de responsables de l’administration Bush, qui la considèrent comme une tentative de « saboter l’OTAN et les relations transatlantiques ». Le général Kelche n’aurait pas pu faire ces commentaires sans l’autorisation du président Chirac et le Premier ministre Jospin les aurait également soutenus. Le lendemain, l’éditorial du même quotidien traitait carrément la France d’« Etat voyou de l’Europe ».

L’humeur prévalant dans les hautes sphères européennes a été résumée par Hugo Young dans l’Observer du 31 mars, qui constate que les nouveaux poids lourds de Washington semblent se forger de nouvelles attitudes : « Caustiques envers les anciens ennemis, méfiantes vis-à-vis de tout compromis international, l’« Amérique d’abord » quand il s’agit de menaces globales, donneuses de leçon envers les alliés, dédaigneuses plutôt que constructives devant les complexités désordonnées qui ont remplacé le bon vieux monde bipolaire avec lequel la plupart ont grandi. » Il prévoit que les Etats-Unis se désengageront des Balkans et se tourneront de plus en plus vers l’Asie. Le retrait militaire américain n’est donc qu’« une question de temps ».

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