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L’establishment britannique sur le point de lâcher Blair ?

La rédaction
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Le 18 août, le chef de cabinet de Tony Blair, Jonathan Powell, a témoigné devant Lord Hutton, qui enquête sur les circonstances ayant conduit à la mort, le 17 juillet, du Dr David Kelly, expert britannique en armements. On apprit ainsi que Powell avait envoyé le 17 septembre 2002 un e-mail au président du Joint Intelligence Committee (JIC), John Scarlett, affirmant que le « dossier des armes irakiennes » en préparation à Downing Street ne contenait pas de preuves convaincantes montrant que l’Irak de Saddam Hussein aurait constitué une « menace imminente ».

Sept jours à peine après cette communication, Blair rédigea personnellement la préface de ce « dossier » dans laquelle il insistait : « Il ne fait aucun doute pour moi que la menace est sérieuse et actuelle, que [Saddam] a progressé dans les ADM [armes de destruction massive], et qu’il faut l’arrêter. (...) Il a des plans militaires opérationnels prévoyant l’utilisation d’armes chimiques et biologiques pouvant être activées en l’espace de 45 minutes. »

Cet e-mail de Powell discrédite totalement l’argument invoqué par Blair et son entourage pour justifier la guerre à l’Irak. Les implications transatlantiques en sont énormes et le parti de la guerre à Washington, mené par le vice-président Cheney, pourrait s’en trouver irréversiblement affaibli. En effet, le « dossier » du 24 septembre de Downing Street avait fourni une aide cruciale pour la mise en œuvre de la doctrine de guerre préventive concoctée par Dick Cheney et ses associés néo-conservateurs, dans le document sur la « Stratégie de sécurité nationale des Etats-Unis », qui soutient explicitement l’option de guerre nucléaire préventive. Ce document a été publié le 20 septembre 2002, soit quatre jours avant celui de Blair. En faisant croire que la menace irakienne était immédiate, Downing Street a fourni le prétexte pour activer la doctrine de guerre préventive. Les « preuves britanniques » sont arrivées à point nommé pour Dick Cheney.

Sur la scène politique anglaise, le témoignage de Jonathan Powell est particulièrement significatif. En effet, ce dernier n’est pas un fonctionnaire ordinaire, mais une personnalité de l’establishment britannique. C’est le frère de Sir Charles Powell, haut conseiller en politique étrangère de Margaret Thatcher lorsqu’elle était Premier ministre. Sa femme Carla (née Bonardi), issue d’une famille de l’élite italienne, dirige l’un des plus importants salons de Londres, où les élites de nombreux pays, généralement de tendance conservatrice, se réunissent pour dîner et discuter d’affaires politiques.

Selon un « insider » londonien, Jonathan Powell est un « agent de haut niveau du pouvoir en place. Il a probablement été envoyé à Downing Street pour surveiller Blair. Ce n’est pas à l’égard de Blair qu’il est loyal, comme le montre son témoignage. Ses révélations dans l’enquête de Hutton soulèvent la question suivante : l’establishment veut-il garder Blair comme Premier ministre ? Je ne le pense pas. (...) La scène qui se joue sous nos yeux me rappelle les mesures prises pour se débarrasser de Thatcher en 1990. (...) La position de Blair devient indéfendable, et je pense qu’il ne s’en sortira pas.

« Blair est directement impliqué dans une affaire très grave. Il lui sera très difficile de s’en sortir par sa manière habituelle, c’est-à-dire en se débarrassant de boucs émissaires. Tout ceci a le parfum d’une variante britannique du Watergate de Nixon. L’homme le plus important du pays, en l’occurrence le Premier ministre, est directement impliqué dans de sales machinations et dans des mensonges destinés à les dissimuler. »

Cette affaire prendra un tour encore plus dramatique dans les prochains jours lorsque Blair, de retour de ses trois semaines de vacances à la Barbade, témoignera devant Hutton le 28 août. C’est une situation des plus fâcheuses pour un Premier ministre britannique, surtout compte tenu de fait que les auditions sont ouvertes au public.

Les malheurs de Tony Blair (suite)

Le 25 août, l’Independent a publié un commentaire du maréchal d’aviation, Sir John Walker, sur le « dossier des armes de destruction massive irakiennes » du Premier ministre. Il s’agit de l’ancien chef du renseignement de la Défense et ancien vice-président de la Commission conjointe du renseignement (JIC) en septembre 2002, c’est-à-dire à l’époque où le dossier de Blair fut élaboré. Sir John Walker affirme que ce dossier était une fraude dont le but était de fournir un prétexte pour lancer une guerre contre l’Irak.

En outre, Sir John Walker est cité dans un document rendu public ces derniers jours dans le cadre de l’enquête de lord Hutton, où il note que, de fait, la guerre d’Irak avait déjà démarré début septembre, confirmant un point avancé à l’époque par Lyndon LaRouche. Dans une note au JIC du 2 juillet 2003, Walker estimait que le changement survenu en automne dernier dans les opérations des « zones d’exclusion aériennes », le remplacement d’opérations défensives par des opérations offensives, a été effectué parce que les Etats-Unis et la Grande-Bretagne avaient déjà décidé de « préparer le champ de bataille. (...) Cela nous conduit à une question qui mérite d’être posée. A quel moment la décision de partir en guerre a-t-elle été prise ? Si cette thèse résiste à l’examen, alors la nation se trouvait engagée dans la guerre vers la fin de l’été et le début de l’automne 2002. »

Dans ce même document présenté aux auditions de Hutton, on apprend que Sir John Walker disait qu’il était « inacceptable » que Blair s’appuie sur une source unique pour affirmer que Saddam Hussein pouvait déployer des armes chimiques et biologiques en 45 minutes : « C’est l’immédiateté de la menace des ADM qui a convaincu certains députés d’engager le pays dans la guerre. En tant qu’ancien vice-président du JIC et chef du renseignement militaire, je ne peux accepter qu’une affirmation dont dépend une décision aussi terrifiante, puisse ne reposer que sur une seule source. Je trouve cela inconcevable. »

Selon l’Independent, il s’agit sans doute de « la critique la plus cinglante contre M. Blair émanant d’un ancien officier ». Les nouveaux documents montrent que « Sir John partageait les préoccupations de ses anciens collègues du Defense Intelligence Staff (DIS) sur ce dossier ». Comme nous l’avons rapporté, différents responsables du DIS ont présenté à lord Hutton des éléments très critiques à l’égard du dossier de Blair.

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