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L’inadmissible retour de la France dans l’OTAN

La rédaction
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11 mars 2009 (Nouvelle Solidarité) – Le président de la République Nicolas Sarkozy vient d’annoncer, lors d’un discours à la Fondation pour la recherche stratégique (FRS), le retour de la France dans le commandement intégré de l’OTAN. Ce discours sera suivi par un vote mardi prochain à l’Assemblée nationale, le gouvernement ayant décidé d’engager sa responsabilité sur cette question.

La décision du gouvernement d’engager sa responsabilité est habile. Elle prend en otage l’opposition interne de l’UMP qui devrait se risquer à faire tomber le gouvernement si elle se prononce en masse contre cette réintégration de la France dans l’OTAN.

Si le Parti socialiste a attendu le dernier moment pour faire un baroud d’honneur sur cette décision que Nicolas Sarkozy avait annoncée dès le début de son élection, une opposition plus conséquente est apparue au sein même de l’UMP, animée visiblement par Dominique de Villepin et Alain Juppé, ainsi que par Nicolas Dupont-Aignan qui, quoique ne faisant plus partie de l’UMP, est toujours écouté par ces milieux.

Pour sa part, Dominique de Villepin estime que par ce retour « la France passerait sous les fourches caudines d’un autre pays ». Mardi dernier, l’ancien Premier ministre s’est entretenu sur cette question avec une vingtaine de députés UMP, au cours d’un dîner, et il devrait a nouveau évoquer la question lors d’un colloque sur l’OTAN qui aura lieu le 1er avril à l’Assemblée nationale.

Alain Juppé s’interrogé lui aussi « sur l’utilité qu’il y a pour la France à franchir le pas », pendant que Nicolas Dupont-Aignan dénonce « la volonté du gouvernement d’étouffer l’opposition » en engageant sa responsabilité. Le gouvernement profite du fait que beaucoup de ces « gaullistes » de la dernière heure, ne seront pas prêts à risquer leurs positions pour cette question. C’est le cas de ces grands « gaullistes » tels Michèle Alliot-Marie et de son compagnon, Patrick Ollier, qui ont décidé de faire taire leur opposition pour garder leurs places au gouvernement !

Nicolas Sarkozy et ses collaborateurs avancent comme seuls arguments en faveur de cette réintégration le fait que la France est d’ores et déjà le 4ème contributeur à l’OTAN et le 5ème en terme de troupes, que désormais il n’y a plus d’obligation pour les membres de participer à telle ou telle opération et qu’elle pourra mieux peser de l’intérieur sur les orientations de l’organisation que de l’extérieur. D’autres soulignent le fait que de Gaulle avait quitté l’OTAN au moment où la France développait sa force de frappe, contre les vœux de Washington et au moment où le monde était divisé entre deux blocs.

Mais tous ces arguments ne vont pas au coeur du problème. Plus intéressant, le général de la Maisonneuve, président de la Société de Stratégie, rejoint les interrogations de Solidarité et Progrès lorsque, dans une tribune publiée par l’Humanité le 27 février, il se demande, « si La réintégration de la France dans l’OTAN ne va pas à contre-courant de l’histoire ? Au moment où une crise sans précédent dans les temps modernes nous incite à tourner la page d’un monde révolu, est-il opportun d’en ranimer les symboles ? On sait bien que la crise n’est pas seulement financière et économique, qu’elle est le symptôme d’un changement d’époque, dû en grande partie au bouleversement que provoque l’émergence de nouveaux acteurs non occidentaux, asiatiques en particulier. La redistribution en cours des cartes stratégiques devrait faire réfléchir à la nécessité de composer les futurs équilibres du monde, et donc de nouveaux ensembles. »

Le général se demande également ce qu’arriverait, par exemple, si un antagonisme du type de deux blocs se développait, à l’avenir, entre les Etats Unis et la Chine ? La France serait obligée de s’inscrire dans l’un des deux camps ?

Comme l’a souligné Solidarité et Progrès a plusieurs reprises concernant cette réintégration, c’est un jugement global sur la stratégie du tandem anglo-américain de l’époque qui avait amené le général de Gaulle a faire sortir la France du commandement intégré et pas seulement des considérations sur la Force de Frappe ou le conflit Est-Ouest. Aux conceptions d’Empire qui ont repris le dessus dès la mort de Franklin Roosevelt, de Gaulle opposait une conception républicaine d’une Europe de nations souveraines et d’une communauté internationale faite d’états nations souverains. L’OTAN incarnait déjà à cette époque les politiques anglo-américaines d’empire global qui ont conduit aux guerres qu’on a connues depuis en Asie du sud-ouest, dans les Balkans, et en Afghanistan.

Aussi, ces politiques d’empire se sont traduites en économie par la politique de mondialisation financière lancée par le tandem anglo-américain à la suite du décès du système de Bretton Woods en 1971.

Or, avec le krach financier que nous vivons, c’est toute cette conception du monde, devenue malheureusement hégémonique depuis la mort du général de Gaulle, qui s’écroule.

La question n’est donc pas de « profiter » de cette crise pour s’emparer d’une structure qui a été au cœur d’un ordre failli. La question qui devrait être particulièrement excitante pour nous aujourd’hui est celle de savoir par quel ordre républicain allons nous remplacer cet ordre d’injustice et de guerre qui a atteint son sommet avec la double présidence de George Bush et qui aujourd’hui s’effondre.

Les organisations de défense et de sécurité ne peuvent pas être traitées comme des choses en soi ; elles sont seulement la conséquence des choix fondamentaux de société que fera l’humanité pour les prochaines 50 années.

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