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L’opposition à la doctrine nucléaire américaine se renforce

La rédaction
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Le débat sur l’éventuelle utilisation d’armes nucléaires dans une guerre en Irak met l’accent sur le danger plus large de la nouvelle stratégie de « préemption », de « contre-prolifération » et d’« utilisation opérationnelle des armes nucléaires à basse intensité » du gouvernement Bush.

Lors d’une interview télévisée, le 5 mars, le directeur de l’International Atomic Energy Agency (IAEA), Mohammed El-Baradei, a exprimé ses objections à « l’intérêt dont témoigne le gouvernement Bush pour la mise au point de nouvelles armes nucléaires et pour leur utilisation possible dans la crise irakienne. » Selon lui, « c’est un message qu’il ne faudrait pas envoyer. Le message devrait être : « Bien que nous ayons des armes nucléaires, nous entreprenons de nous en débarrasser. Nous allons développer un système de sécurité qui ne repose pas sur les armes nucléaires, parce que c’est le chemin que nous voulons que le monde prenne . »

Pour El-Baradei, la question est plutôt simple : « Les nations disposant d’armes nucléaires, y compris les Etats-Unis, ne peuvent pas prêcher l’abstinence à ceux qui veulent de telles armes, à moins qu’ils ne s’engagent à se débarrasser des leurs à long terme. » Ce raisonnement est à la base même du Traité de non-prolifération.

En Grande-Bretagne, le ministre des Affaires étrangères, Geoff Hoon, a été pris à parti le 3 mars au Parlement par le député Patrick Mercer : « Le secrétaire d’Etat va-t-il confirmer que le gouvernement a exclu des représailles à de telles attaques [biologiques et chimiques irakiennes supposées] à l’aide d’armes nucléaires ? » Hoon a répliqué : « Nous ne prévoyons actuellement aucune circonstance (sic) où des armes nucléaires seraient nécessaires. Elles sont un élément de dissuasion, mais ne sont pas des armes nécessaires pour mener la guerre . »

Le même jour, en Espagne, l’influent Centre d’investigation de la paix (CIP) a exigé que le gouvernement prenne explicitement position contre l’arme nucléaire dans une guerre potentielle contre l’Irak. Dans un document intitulé « Plans américains pour l’utilisation d’armes nucléaires en Irak », on peut lire : « Le gouvernement espagnol doit prendre une position claire contre l’arme nucléaire, conformément à l’interdiction de stocker et de transporter des armes nucléaires sur le territoire espagnol . »

Le 4 mars, deux membres de la Commission de défense et de sécurité du Conseil de la fédération russe ont exprimé leur inquiétude sur le même sujet. Selon Vasily Klyutchenko : « Si aujourd’hui, la décision est prise de commencer une guerre sans savoir en définitive si l’Irak possède ou non des armes de destruction massive et (...) si le conflit va beaucoup plus loin, alors (...) il deviendra le prologue d’une Troisième Guerre mondiale impliquant l’utilisation de moyens de destruction plutôt sérieux. » Lorsqu’on lui a demandé si les mises en garde contre une Troisième Guerre mondiale étaient seulement une métaphore ou un « pronostic » réel, il a souligné que l’Irak avait utilisé des armes chimiques pendant la guerre Iran-Irak dans les années 1980, tandis que les Etats-Unis avaient lâché des bombes nucléaires sur Hiroshima et Nagasaki. Quant à Victor Ozerov, il a estimé que « c’est la définition de l’Axe du mal et les préparatifs de guerre contre l’Irak qui ont forcé la Corée du Nord et l’Iran à reprendre leurs programmes nucléaires (...). Cette guerre pourrait conduire le monde, sinon à une nouvelle guerre mondiale, du moins vers une nouvelle course aux armes nucléaires . »

Aux Etats-Unis aussi, on entend des signaux d’alarme. Dans le New York Times, le co-directeur du Center for International Security a expliqué l’impact de la politique de guerre en Irak du gouvernement Bush et de sa nouvelle doctrine nucléaire sur la Corée du Nord : « Je ne considère pas le gouvernement nord-coréen comme profondément irrationnel mais comme profondément désespéré. Si le régime se sentait en danger de mort, il pourrait ne pas hésiter à faire exploser des dispositifs nucléaires - sur une base américaine à Séoul ou même à Tokyo . »

Finalement, dix sénateurs démocrates, dont Edward Kennedy, Diane Feinstein et Patrick Leahy, ont adressé une lettre au président George W. Bush, dans laquelle ils attaquent le débat lancé par le gouvernement sur l’éventuelle utilisation d’armes nucléaires contre l’Irak, argumentant que cela « menace le fondement même » du contrôle international des armements et du régime de non-prolifération.

La lettre cite la NSPD 17 (directive présidentielle sur la sécurité nationale 17) qui affirme que les Etats-Unis se réservent le droit d’utiliser des armes nucléaires. Pour eux, le langage de cette directive « laisse penser que le gouvernement est prêt à utiliser le premier des armes nucléaires pour répondre à des menaces non-nucléaires, renforçant ainsi l’importance de l’arsenal nucléaire. » La doctrine débattue, avancent-ils, accroît le danger de prolifération « en disant, en somme, aux Etats non-nucléaires que la possession d’armes nucléaires est nécessaire pour dissuader une attaque potentielle, et en envoyant aux Etats nucléaires du monde un message selon lequel l’utilisation est autorisée. » « C’est exact », a déclaré LaRouche à la lecture de la lettre des sénateurs.

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