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L’opposition à une frappe contre l’Iran gagne du terrain aux Etats-Unis...

La rédaction
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D’importantes personnalités politiques et militaires américaines sont intervenues pour dissuader Bush-Cheney d’attaquer l’Iran. C’est le cas de l’ancien président Bill Clinton, qui devait prendre la parole le 28 janvier, au forum de Davos. Même si l’Iran fabriquait des armes nucléaires, a-t-il dit, il lui serait difficile de les utiliser et « si jamais il les utilisait, il serait "grillé" ». On ne peut comparer l’Iran d’aujourd’hui à l’Irak de 1981, au moment où Israël bombarda sa centrale nucléaire. « Je ne sais pas si cette option est aujourd’hui adéquate. Elle l’était à l’époque. C’est bien plus difficile aujourd’hui » en Iran, dit-il, notant qu’il existe, actuellement, des puissances nucléaires en Asie du sud : « Nous devons apporter un soutien vigoureux à la diplomatie. Nous devons poursuivre toutes les voies diplomatiques raisonnables . »

Le sénateur républicain John McCain, également présent à Davos, a tenu des propos semblables. « Nous ne voulons certainement pas avoir deux guerres à la fois », dit-il, appelant l’Amérique à soutenir la diplomatie européenne. Notons qu’en 2002-2003, McCain était totalement pour l’invasion de l’Irak.

« Il n’y a aucune bonne option militaire » contre l’Iran, a déclaré le 21 janvier James Carafano, expert militaire proche de la néo-conservatrice Heritage Foundation. Les Etats-Unis pourraient lancer des frappes chirurgicales contre des cibles iraniennes à partir de navires de guerre ou du ciel, mais tant qu’il n’y a pas de menace imminente de missiles iraniens à ogives nucléaires, l’avantage de ces attaques disparaîtrait face à la réaction iranienne contre l’armée américaine en Irak et en Afghanistan. « Lorsqu’on essaie de stabiliser l’Irak et qu’il y a cette longue frontière entre l’Iran et l’Irak, et qu’on essaie d’empêcher les Iraniens de s’ingérer en Irak, (...) on ne lance pas de guerre contre les Iraniens. Cela n’a tout simplement pas de sens d’un point de vue géopolitique. » Carafano exclut aussi toute invasion terrestre de l’Iran.

Anthony Cordesman, expert de l’Iran au CSIS, a déclaré que l’Iran « considèrerait un encerclement comme une attaque préemptive. (...) Il réagirait probablement énergiquement à tout ce qui pourrait se passer, et ce serait plus déstabilisateur que stabilisateur. »

De son côté, le Canard Enchaîné a fait état d’une étude classifiée de l’US Air Force mettant fortement en garde contre toute attaque militaire contre l’Iran. Selon Le Canard, une copie de cette étude a été divulguée au renseignement français.

... et sur le plan international

Les dirigeants européens, y compris les Britanniques, ont clairement rejeté toute option d’attaque militaire contre l’Iran. Le chancelier allemand Gerhard Schröder a fait plusieurs déclarations en ce sens, notamment le 24 janvier : « Considérant le fait qu’en Afghanistan, en Irak, nous sommes toujours loin d’une situation satisfaisante, pacifiée, nous n’avons pas besoin de nouveaux conflits. (...) Trois puissances européennes, la Grande-Bretagne, la France et l’Allemagne, utilisent tous les moyens à leur disposition pour parvenir à une solution politique du problème en Iran. Nous sommes opposés à une capacité iranienne en matière d’armes atomiques, mais nous voulons résoudre le problème sur le plan politique. Il faut éviter une intervention militaire, telle est notre position . »

Les positions française et russe sur ce point sont identiques à celles de Schröder, comme l’ont déclaré le chef de la diplomatie française, Michel Barnier, et son homologue russe, Sergei Lavrov, lors de leurs entretiens à Moscou le 21 janvier.

Le 23 janvier, le Sunday Times rapportait qu’un dossier de deux cents pages préparé par le ministre des Affaires étrangères, Jack Straw, avait été discrètement remis à la Chambre des Communes, juste avant le discours d’inauguration de George W. Bush, et qu’il n’avait pas été rendu public pour éviter des tensions. Le dossier du Foreign Office exclut toute action militaire, en faveur d’une « solution négociée » pour assurer que le programme nucléaire iranien n’ait pas de ramifications militaires. Il estime que la solution pacifique poursuivie par la Grande-Bretagne, la France et l’Allemagne est « dans le meilleur intérêt de l’Iran et de la communauté internationale », tout en se référant à la « sauvegarde du droit de l’Iran à l’utilisation pacifique de la technologie nucléaire ».

Une source proche de l’Armée britannique nous a dit que « Blair ne peut absolument pas soutenir Bush sur l’Iran. Il serait immédiatement hors jeu s’il tentait de le faire. L’on pourrait peut-être envisager une coopération clandestine en matière de renseignement, mais ce serait le maximum du côté britannique ». Le 28 janvier, le Times et le Guardian ont publié une lettre ouverte, signée par les anciens ministres des Affaires étrangères Robin Cook (travailliste) et Douglas Hurd (conservateur), mettant fortement en garde contre toute attaque militaire contre l’Iran.

Le directeur de l’Agence internationale à l’énergie atomique (AIEA), Mohamad El Baradei, qui se trouvait également à Davos, a déclaré lors d’une interview le 28 janvier que la recherche d’une solution au problème nucléaire iranien n’était « pas un processus qui pourrait être résolu par les seuls Européens. Les Etats-Unis doivent y être engagés. Si l’on continue de dire qu’ils [les Européens] vont échouer, avant de leur donner une chance, c’est une prophétie qui ne peut que se confirmer . »

Lors de discussions bilatérales menées en Inde, fin janvier, entre le vice-ministre chinois des Affaires étrangères, Wu Dawei, et son homologue indien, Shyam Saran, le premier a fait savoir que la Chine discutait avec la Russie, la France et l’Allemagne de mesures à prendre pour prévenir tout acte d’hostilité envers l’Iran. La Chine, d’après Wu, fait pression sur le Pakistan afin qu’il n’ouvre pas son espace aérien en cas d’agression américaine contre l’Iran. Selon des responsables indiens, la Chine est convaincue que l’Iran abandonnerait son programme nucléaire militaire si les Etats-Unis et Israël lui assuraient qu’il n’y aura pas d’attaque militaire.

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