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Le film LA SOCIALE : libérer le peuple de l’angoisse des lendemains

La rédaction
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En salle depuis le 9 novembre, le dernier film de Gilles Perret relève à nouveau le défi de faire découvrir aux Français, notamment les plus jeunes, l’une des plus belles histoires de notre République.

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Le réalisateur Gilles Perret.
Crédit : PRCF

En 2013 sortait les Jours heureux, film pédagogique retraçant la bataille pour unir les résistants autour d’un programme commun qui a permis la création de notre système social. En 2016, c’est l’histoire de la Sécurité sociale que Gilles Perret s’efforce de nous rendre, cette « sécu » qui fait partie du quotidien de tous les Français, mais dont très peu connaissent l’origine. Or c’est le récit passionnant de la concrétisation, forcément imparfaite, incomplète, d’une utopie.

L’unification autour du CNR

La grande réussite de Jean Moulin fut d’unir les principaux mouvements de Résistance en un Conseil national de la Résistance et de leur faire adopter un plan commun de combat et de mobilisation de la population. C’est le fameux programme du CNR, autrement appelé « les jours heureux », qui prévoyait aussi la politique de l’après-Libération, pour reconstruire une société véritablement humaine. Il impliquait notamment un « plan complet de sécurité sociale ».

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Les femmes et les hommes du monde qui ont combattu et vaincu le fascisme dans les heures les plus sombres de notre histoire, ont non seulement compris qu’il trouve toujours son origine dans le corporatisme financier, mais que pour s’assurer qu’il ne resurgisse jamais, la dignité et le travail humain doivent être le motif directeur de toute politique économique.

En mars 1944, notre Conseil national de la Résistance (CNR) affirmait le « droit au travail » et à un salaire qui « assure à chaque travailleur et à sa famille la sécurité, la dignité et la possibilité d’une vie pleinement humaine » ; « un plan complet de sécurité sociale » ; « une retraite permettant aux vieux travailleurs de finir dignement leurs jours » . Ces principes se retrouvent institutionnalisés dans le Préambule de 1946, repris aujourd’hui dans notre Constitution en vigueur.

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Pierre Laroque : « L’économie et le social sont indissolublement liés ».

Avec la Libération, vint le temps de mettre en pratique ce programme. Or si l’autorité d’un général de Gaulle était reconnue par la majorité, ce ne fut pas lui l’artisan de la Sécurité sociale. Le texte de l’ordonnance portant création de la Sécurité sociale, nous le devons à Pierre Laroque, autre figure de la Résistance. Nommé à la direction des assurances sociales par Alexandre Parodi [1], Laroque, pourtant issu d’une famille bourgeoise, aura voué toute sa carrière à la protection sociale. C’est représentatif du consensus qui unissait en 1945 tous les partis politiques pour organiser une société juste et solidaire :

Il n’y a pas de liberté sans protection, il n’y a pas d’égalité sans solidarité.

Après les textes, les actes

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Entre alors en jeu Ambroise Croizat, l’autre père de la Sécu. Après avoir siégé au nom de la CGT à la commission consultative du gouvernement provisoire à Alger, l’ancien député communiste du Front populaire succède à Parodi comme ministre du Travail en novembre 1945, dans le deuxième gouvernement provisoire de De Gaulle.

Il lui faut mettre en application l’ordonnance de Parodi et créer plus d’une centaine de caisses de sécurité sociale et de caisses d’allocations familiales. En sept mois, sous sa maîtrise d’œuvre, et grâce à la mobilisation décisive de syndicalistes de la CGT comme Jolfred Frégonara, le peuple ouvrier crée l’édifice : doublement du montant des allocations familiales, création des comités d’entreprise, bourses scolaires, etc.

Une idée révolutionnaire, à demi-réalisée

La Sécurité sociale avait pour ambition, au départ, de créer une seule caisse pour tous les Français, couvrant tout les risques fondamentaux (vieillesse, santé, famille, accidents et maladies du travail). Mais comme le dit Gilles Perret dans une interview avec la Ligue de l’enseignement :

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« Croizat et Laroque, en définitive, avaient beaucoup d’opposants à la mise en place de ce projet : le patronat bien sûr, mais aussi la mutualité, car elle perdait dès lors ses prérogatives ; et l’Église, qui se voyait dépossédée de ses caisses de solidarité ; la médecine libérale, également, qui craignait tout à coup d’être dirigée par la CGT ; la CFTC, qui refuse de participer à la mise en place des caisses estimant que la CGT était en situation de monopole ; et jusque dans les rangs de certains travailleurs, qui bénéficiaient de ce qui allait devenir les ‘régimes spéciaux’, et qui avaient des avantages supérieurs avant la guerre... Bref, cela fait beaucoup d’opposants, ce qui fait que la généralisation, voulue à l’origine par le CNR, ne s’est pas complètement réalisée. »

D’après lui, même l’assurance chômage aurait dû, dans la logique du CNR, intégrer la Sécurité sociale !

Malgré tout, les résultats ne se font pas attendre : de 45 ans en moyenne à la fin du XIXe siècle, l’espérance de vie passe à 70 ans en 1960. En 1945, il y avait 108 décès pour 1000 naissances, en 1954, ce chiffre tombe à 60. La Sécurité sociale a libéré les plus pauvres du sentiment d’insécurité. C’est également à cette époque que sont créés les CHU. C’est donc ce bel héritage que ce film nous permet de nous réapproprier, avec beaucoup plus de profondeur que ce bref aperçu ! Et il y a urgence, car comme le détaille « La Sociale », depuis les années 1960, des coups de canif de plus en plus destructeurs ont été portés aux principes fondateurs de notre Sécurité sociale, et sa méconnaissance rend la population d’autant plus vulnérable aux discours de ceux servant le dieu avare du « chacun pour soi ». Or c’est bien de mort que la Sécu est aujourd’hui menacée ! Par une finance qui veut se refaire une santé en la privatisant... c’est-à-dire en détruisant la nôtre.


[1Choisi par de Gaulle pour remplacer Jean Moulin, A. Parodi devient ministre du Travail et de la Sécurité sociale dans son premier gouvernement provisoire.

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