www.solidariteetprogres.org | BP27 92114 Clichy cedex | 01 76 69 14 50

Accueil >Actualité

La BCE est devenue « une poubelle napolitaine »

La rédaction
2699 visites

Le 1er février 2008 (Nouvelle Solidarité) - Une source bancaire italienne s’est plainte amplement du fait que la BCE est devenue « une poubelle napolitaine » [se référant aux chaos provoqué par la grève des éboueurs de Naples] en pointant du doigt l’affaire de la Rabobank.

En effet, sous couvert de « se prémunir de la crise des subprimes », la banque néerlandaise Rabobank, une institution financière internationale de bancassurance d’origine néerlandaise, constituée en 1972 par la fusion entre les deux banques Coöperatieve Centrale Raiffeisen-Bank et Coöperatieve Centrale Boerenleenbank, a converti fin novembre 2007 une partie de son portefeuille hypothécaire en obligations pour un montant de 30 milliards d’euros, comme le rapporte le Financial Times de jeudi. Et pourtant, la Rabobank est la seule banque pour particuliers au monde à avoir reçu une note AAA de l’agence de notation Standard & Poor’s.

Le but de la manœuvre se résume à pouvoir disposer de billets de trésorerie pouvant servir de garantie (collatéral) auprès de la Banque centrale européenne au cas où la banque aurait un besoin urgent de liquidités.

Comme toute banque centrale, la BCE fixe en effet au jour le jour le taux de refinancement (refi ou repo) auquel peuvent emprunter les banques et institutions financières, notamment grâce à une facilité permanente dite de prêt marginal, « qui permet aux établissements de crédit d’obtenir auprès des banques centrales nationales des liquidités au jour le jour contre des actifs éligibles ».

En vertu de l’article 18.1 des statuts du Système Européen de Banques Centrales (SEBC), toutes les opérations de crédit de l’Eurosystème doivent donner lieu à la constitution de garanties appropriées, constituées par certains actifs éligibles.
Un communiqué de la BCE du 21 février 2005 définit la nouvelle version de La mise en oeuvre de la politique monétaire dans la zone euro : Documentation générale sur les instruments et procédures de politique monétaire de l’Eurosystème modifiant le type d’actifs acceptés comme « éligibles ».

Parmi ces actifs figurent désormais « des titres de créance libellés en euros émis par des emprunteurs établis dans les pays du G10 n’appartenant pas à l’Espace économique européen (EEE) » (...) « En conséquence, certains titres de créance libellés en euros émis par des emprunteurs établis au Canada, au Japon, en Suisse et aux Etats-Unis seront intégrés dans la liste des actifs éligibles. » On croit rêver !

Un communiqué de la BCE en date du 13 janvier 2006 stipule également « les critères servant à évaluer l’éligibilité des titres adossés à des actifs (asset backed securities - ABS) utilisés dans le cadre des opérations de crédit de l’Eurosystème. »

Notons ici que les ABS sont l’une des formes les plus courantes de titrisation et que les ABS les plus répandus sont assis sur des crédits hypothécaires américains...

En tout cas, depuis décembre 2007, l’astuce de la Rabobank a été joyeusement reprise par les banques espagnoles. Elles auraient également converti des titres douteux en actifs éligibles, ce qui leur a permis de disposer de 63 milliards d’euros pour retarder l’explosion de la bulle immobilière espagnole. En clair, sur la base de crédits hypothécaires on obtient du cash pour sauver le crédit hypothécaire...

Si la démarche des banques est plus que contestable, le fait même que la BCE se prête à une telle pratique pose la question fondamentale de sa mission. On est obligé de constater que ne disposant d’aucun statut de « prêteur en dernier ressort » et emportée par le mælström d’une crise systémique sans issue, la BCE semble avoir franchi la ligne rouge par son acceptation d’actifs qu’elle aurait du écarter comme non éligibles puisque selon ses propres directives elle stipule qu’il « doit s’agir de titres ayant un principal fixe et un coupon ne pouvant donner lieu à un flux financier négatif... » (Source : BCE 2005, La mise en oeuvre de la politique monétaire dans la zone euro)

  • 2525€
  • 5050€
  • 100100€
  • 250250€
  • 500500€
  • 10001000€
  • 20002000€
 

« Le parti a pour objet de combattre, en France et dans le monde, pour la paix par le développement économique et l'égalité des chances et contre l'usure financière et les idéologies du sol, du sang et de la race. Il défend pour chacun et entre les peuples le progrès matériel, intellectuel et moral. A cet effet, il participe à la vie politique de notre pays, notamment lors des échéances électorales. Il peut apporter son soutien politique et financier à des partis et associations dont l'objet concorde avec celui-ci. »

Extraits des statuts - Article 2 - Objet