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La Banque postale : Philippe Wahl et RBS, dégage !

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Le 17 janvier, Philippe Wahl est nommé président du directoire de La Banque postale en remplacement de Patrick Werner. Ce dernier avait présidé, début 2006, à la privatisation des Services financiers de La Poste pour faire naître La Banque postale, riche d’environ 10 millions de clients actifs et de 130,6 milliards d’euros d’actifs financiers.

Parmi les raisons citées pour expliquer sa mise à l’écart, on évoque « ses réserves » à tout rapprochement avec la banque belgo-française Dexia, en mal de ressources stables. Or, trois jours après la nomination de Wahl, Dexia et La Banque postale confirment que, bien que le scénario d’une coentreprise soit écarté, La Banque postale va acquérir cette année pour environ 3 milliards d’euros de « covered bonds », des obligations sécurisées émises par Dexia, ce qui correspond au besoin annuel de financement de la production de prêts aux collectivités locales en France (entre 3 et 4 milliards).

« Qu’une banque prête un peu d’argent à une autre, quoi de plus normal ? » pourrait-on objecter si l’on ignore la nature des acteurs en jeu.

1. Philippe Wahl, l’homme choisi pour cette mission, n’est pas un banquier comme les autres. Après une carrière au Conseil d’Etat, à la Compagnie bancaire et à la BNP-Paribas de Michel Pébereau, cet énarque de 54 ans, après avoir été vice-président du Groupe Bolloré en 2005, rejoint la Royal Bank of Scotland (RBS). Un an plus tard, la banque le nomme directeur général de RBS France, puis pour la Belgique et le Luxembourg. Rappelons que RBS est aujourd’hui un des piliers du cartel bancaire Inter-Alpha, au cœur de l’Empire britannique.

A partir d’avril 2008, Wahl travailla comme « conseiller spécial » d’un certain Johnny Cameron, grand sorcier de la finance en charge du courtage à l’échelle du monde chez RBS (RBS Global Markets) et bras droit du PDG John Goodwin, écarté lui aussi pour avoir conduit RBS au désastre. Or, depuis 2000, c’est bien Cameron qui poussa RBS à investir massivement dans les fameuses obligations adossées au crédit hypothécaire américain, les fameux Mortgage Backed Securities (MBS).

Rappelons que suite à l’explosion de cette bulle immobilière américaine et de la pyramide de titrisations frauduleuses qu’elle soutenait, RBS a dû être sauvée par l’Etat britannique, forcé d’injecter 46 milliards de livres pour lui éviter la faillite.

En mai 2010, après de longues enquêtes du régulateur des marchés outre-Manche, la Financial Services Authority (FSA), Johnny Cameron, afin d’éviter des mesures disciplinaires et de fortes amendes, fut même obligé d’accepter de ne plus jamais exercer dans la finance à Londres. « Banni à vie de la City » écrivait même le Sunday Times.

Présenter Philippe Wahl comme « un banquier aguerri » n’est donc qu’une mauvaise plaisanterie.

2. Dexia. Le 4 mars 2000, la banque franco-belge Dexia, historiquement très engagée dans le crédit aux collectivités territoriales, rachète pour 2,7 milliards d’euros la société Financial Security Assurance (FSA), un rehausseur de crédit (monoline).

Après l’orgie spéculative rendue possible grâce à l’abrogation aux Etats-Unis de la loi Glass-Steagall en 1999, peu d’institutions européennes résistent à la tentation des milliards d’argent facile que leur offre le marché américain. Alors que le revenu de la FSA n’était que de 195 millions au second semestre de 2001, elle apparaît dès 2007 comme le numéro quatre mondial des rehausseurs de crédit.

Aveugle devant la bulle financière des subprimes, Dexia annonce début 2008 qu’elle investit 500 millions de dollars dans sa filiale FSA. La banque désire profiter des « opportunités croissantes qui ont récemment émergé » dans le domaine du financement des collectivités et des infrastructures publiques américaines, tout en admettant ultérieurement qu’elle investissait également dans des créances hypothécaires. En juin de la même année, quatre jours après qu’un hedge fund américain eut publiquement annoncé qu’il pariait sur la faillite de FSA, Dexia met à la disposition de cette dernière une ligne de crédit de 5 milliards d’euros, d’une durée initiale de 5 ans mais renouvelable « selon les besoins ».

Rien n’y fait et, comme nous l’avons indiqué plus haut, en septembre 2008, lors d’une réunion d’urgence à l’Elysée, les gouvernements belge, luxembourgeois et français se voient obligés d’injecter in extremis 6,4 milliards d’euros d’argent public pour éviter la faillite. Tout cela pour rien, puisque Dexia n’a toujours pas trouvé de capitaux suffisants pour éponger ses pertes.

3. RBS et Dexia au centre des emprunts toxiques des collectivités. En même temps, Dexia, infectée par les mœurs de la "finance folle", transmet son virus spéculatif aux collectivités européennes. Ainsi, son nom sonne familièrement aux oreilles de nombreux maires, conseillers généraux et présidents de région, piégés par les banques avec des crédits « toxiques »dont les taux peuvent monter à 53% !

A titre d’exemple, le cas de la ville de Saint-Etienne dont le maire PS Maurice Vincent, en présence de l’inspecteur général des finances et médiateur Eric Gissler, vient d’être reçu par le cabinet de Christine Lagarde. Malheureusement, au lieu d’exiger une annulation de ces dettes frauduleuses et une scission des banques suivant le principe de la loi Glass-Steagall, le maire s’est contenté de proposer la création d’une « structure de défaisance », ce que les Anglo-Saxons appellent une bad bank , afin d’enterrer les emprunts toxiques contractés par les collectivités, les sociétés de HLM et les CHU au bord de l’asphyxie.

Rappelons que la ville de Saint-Etienne ne parvient toujours pas à se défaire de 120 millions d’euros d’emprunts toxiques, après avoir réussi à en renégocier pour le même montant, ramenant leurs encours de 70 à 34 % de sa dette. Les élus discutent autant que possible avec les banques pour restructurer leurs prêts et parfois entament des procès. Beaucoup, comme à Rouen, ont menacé de le faire ou l’envisagent encore, comme la Seine-Saint-Denis. Mais, nous dit-on, « la justice est toujours lente ».

Pourtant, ça paie ! Alors que Dexia refuse de lâcher du lest, Deutsche Bank et Royal Bank of Scotland (la banque que présidait Philippe Wahl…), poursuivies par la ville de Saint-Etienne, ont fini par accepter de renégocier certains emprunts. Le scandale était trop gros. Indexé sur le rapport entre la livre sterling et le franc suisse, le taux exigé par Deutsche Bank sur un crédit de 20 millions d’euros à la ville de Saint-Etienne est passé à 24 % dès janvier 2010 et serait de 53 % à l’heure actuelle !

Conclusion

Est-il moralement acceptable de piller les livrets A des chômeurs et des personnes âgées pour offrir à un Philippe Rucheton, le directeur financier de Dexia nommé en avril 2009 (en provenance de la Société générale), 500000 euros de prime d’arrivée (golden hello) ?

Pire encore, détourner l’épargne postale, que l’on devrait investir d’urgence dans le logement pour répondre aux besoins de 3,6 millions de Français confrontés à la précarité dans ce domaine, au bénéfice de spéculations insensées enrichissant une petite clique d’oligarques, est insupportable. S’il nous reste quelques représentants du peuple, il est grand temps qu’ils se réveillent et obligent le gouvernement à faire marche arrière sur toute cette combine. Pour notre part, nous disons « assez ! » Non à la nomination de Philippe Wahl et non au renflouement inconditionnel de Dexia et autres fraudeurs qui viendront dans son sillage piller La Poste et nos épargnes.

La solution pour arrêter le pillage et les détournements est l’adoption de toute urgence d’une loi de type Glass-Steagall. Avec un texte séparant les banques de dépôt et d’épargne des banques d’affaires, les avoirs de La Banque postale ne pourraient plus être détournés pour éponger en partie les pertes de la banque d’affaires Dexia. Davantage encore, les promoteurs du type d’opérations financières auxquelles Dexia s’est livrée, les établissements financiers de l’Empire britannique de la City et de Wall Street, verraient ainsi leurs ressources tarir. C’est en asséchant le marigot qu’on met fin à l’existence des crocodiles.

Signer la pétition pour un "Glass-Steagall global"


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