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La Fed : cachez-moi ce krach des dérivés que je ne saurais que voir

La rédaction
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4 novembre 2008 (LPAC) — Dans son dernier Financial Stability Report, la Banque d’Angleterre observe que, depuis le début de la crise, les banques centrales de la planète ont émis 7000 milliards de dollars sous forme de prêts, prises de participation et garanties bancaires. C’est l’équivalent de près de la moitié du PNB des Etats-Unis, un montant colossal, mais qui, par rapport aux besoins, n’est qu’une goutte d’eau dans l’océan.

Au centre de ces injections hyperinflationnistes se trouve la Réserve fédérale (Fed) américaine. La Banque d’Angleterre comme la Banque centrale européenne (BCE) font appel à des swaps en dollars avec la Fed pour leurs injections quotidiennes de liquidités, en plus de leurs opérations en livres et en euros. Dans le cadre de son effort pour « sauver » les produits dérivés, la banque centrale américaine a élargi son programme à deux reprises fin octobre, pour un montant de 15 milliards de dollars avec la Nouvelle Zélande, le 28 octobre, et de 30 milliards de dollars avec chacune des banques centrales du Brésil, du Mexique, de la Corée du Sud et de Singapour, pour un total de 135 milliards de dollars de lignes de crédit. Les swaps de ce type, qui avaient commencé le 27 décembre 2007, avec 20 milliards de dollars pour la BCE et 4 milliards de dollars pour la Banque nationale suisse (BNS), ont pris de plus en plus d’ampleur. Aujourd’hui, la Fed a des accords avec 14 banques centrales pour un total de 755 milliards de dollars.

Ces accords ont pour but de fournir des dollars aux banques et aux contreparties étrangères, afin de les aider à déboucler leurs positions libellées en dollars sur le marché des dérivés et autres. L’amplification du programme de la Fed reflète en quelque sorte le taux d’implosion du marché : en mars, il se montait à 36 milliards avec la BCE et la BNS, puis à 66 milliards en mai, avant d’être à nouveau augmenté à trois reprises en août et étendu à d’autres banques centrales. Le 18 août, le montant total était de 247 milliards et à la fin du mois, de 620 milliards.

Fin septembre, la Réserve fédérale annonça une fois de plus une nouvelle opération de renflouement, la Commercial Paper Funding Facility (CPFF) pour le rachat de « papiers commerciaux ». Au 29 octobre, la CPFF en avait acheté pour 146 milliards de dollars. Pourtant, la Fed dispose déjà d’une agence spéciale pour le rachat de papier commercial adossé à des crédits toxiques, la Asset-Backed Commercial Paper Money Market Mutual Fund Lending Facility, qui disposait de 96 milliards de dollars pour cette opération à la date du 29. En outre, la Fed va créer un dispositif supplémentaire, la Money Market Investor Funding Facility (MMIFF), chargée de prêter jusqu’à 540 milliards de dollars à un groupe de cinq special purpose vehicules géré par JP Morgan Chase. La MMIFF achètera des certificats de dépôts, des traites bancaires et du papier commercial.

Ces nouveaux programmes de sauvetage s’ajouteront à la Term Auction Facility (TAF), le Forward TAF Program, la Term Securities Lending Facility (TLSF), le TSLF Term Options Program, la Primary Dealer Credit Facility (PDCF). Par ailleurs, la Fed avait alloué un crédit spécial de 29 milliards de dollars pour que JP Morgan Chase puisse racheter Bear Stearns, ainsi que 120 milliards de prêts pour renflouer l’American International Group (AIG). A ce jour, on estime que la Fed a injecté 1400 milliards de dollars à travers le TAF et 1100 milliards à travers le TSLF.

Ces dispositifs de renflouement ne sont que de vaines tentatives de colmater les brèches d’un système financier à la dérive, tandis que les effets de l’effondrement se répercutent sur les bilans des banques, hedge funds et autres acteurs. La crise atteint désormais le marché le plus secret de tous, celui des produits dérivés qui représente plusieurs millions de milliards de dollars. Si, pour son ascension, ce marché avait su profiter généreusement d’un énorme effet de levier, il subira dans sa chute un effet de levier inverse plus puissant encore.

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