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La France doit rejeter le « modèle britannique »

La rédaction
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Dans Le Point du 21 juillet, Nicolas Baverez estimait que « le modèle social français est en faillite, plombant l’avenir du pays et bloquant la modernisation de l’Europe ». Nicolas Sarkozy, de son côté, vante le « modèle britannique » et déclare que la France a besoin d’une « thérapie de choc » pour arrêter le « déclin ». Il entend par là libéralisme économique, libre-échange, privatisations, flexibilité salariale et réduction des dépenses publiques. En Europe, on voit se concrétiser un axe néoconservateur-conservateur Blair-Merkel-Sarkozy.

Dans une déclaration faite le 22 juillet, Jacques Cheminade, président de Solidarité et Progrès en France, a dénoncé ce « discours de renouveau », qui n’est qu’escroquerie :

« C’est d’abord une escroquerie parce que la crise que subit la France ne vient pas du "modèle français". Ce "modèle" nous a légué certains avantages : une énergie bon marché, avec le nucléaire, des infrastructures de pointe (TGV, réseau électrique, gaz...), un système social et un mode de vie qui conduit les Britanniques à se faire opérer dans nos hôpitaux et à prendre leur retraite dans le Périgord. Nous restons un pays à natalité plus élevée que celle des autres pays européens, les investisseurs étrangers nous choisissent et nos exportations par tête sont supérieures de 30 % à celles des Japonais et de 60 % à celles des Américains. Nos produits à forte valeur ajoutée - énergie, transports, ingénierie en télécommunications - sont ceux qui seront les plus nécessaires à la Chine ou aux économies en voie de décollage.

« C’est ensuite une escroquerie car ce qui est conseillé, le modèle "anglais", n’a pas réduit le chômage (4,6 % selon les chiffres officiels, mais il faut y ajouter plus de 9 % d’« invalides », 5 % de précarisés et 2 % de congés spéciaux !), a entretenu la pauvreté (17 % de "travailleurs pauvres") et promu les inégalités. A Londres, le travail au noir est généralisé et, une fois pris en compte le coût du logement et des transports, 30 % de la population vit en dessous du seuil de pauvreté. Le pays fonctionne sur une base financière « hors euro » : 20 % des prêts bancaires souscrits dans le monde, 50 % des transactions en actions, 30 % du négoce en devises et 40 % des patrimoines gérés par les fonds de pension et les hedge funds transitent par Londres. Il s’agit d’un modèle financier non seulement injuste, mais inapplicable ailleurs.

« C’est enfin une escroquerie car les intérêts de la synarchie financière ont toujours joué la carte du déclin national pour imposer leur chantage. Ainsi, en 1925, le Redressement français d’Ernest Mercier dénonçait "une nation retardataire" et appelait de ses vœux un pouvoir "moins démocratique, plus indépendant des partis politiques".

« Car le véritable problème de la France, avec son taux de chômage, sa financiarisation de l’économie et sa recherche en recul, c’est de s’être soumise à la loi des marchés. La conclusion est simple : pour pouvoir jouer nos atouts, nous devons rompre avec la loi des marchés, c’est-à-dire avec le système de Maastricht, d’Amsterdam, du pacte de stabilité et de l’Union économique et monétaire . »

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