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La Russie au secours de l’économie européenne ?

La rédaction
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Trois tribunes parues dans Le Figaro des 5 et 6 avril, appelant la France et l’Europe à maintenir et à développer une relation privilégiée avec la Russie, ont retenu toute notre attention. Après lecture, Jacques Cheminade a estimé que ces prises de position étaient très importantes et apparaissaient comme une réaction au très dangereux ralliement de Nicolas Sarkozy à la politique britannique et à celle des hommes au pouvoir aux Etats-Unis. Nous présentons ici des extraits.

Crise financière : la Russie au secours de l’économie européenne ?

par Jacques Sapir, Directeur d’études à l’EHESS

Dans une tribune publiée dans Le Figaro (5-6avril), Jacques Sapir, directeur d’études de l’Ecole de hautes études en sciences sociales (EHESS) et grand spécialiste français de la Russie, formule une proposition visant à éviter à la Russie l’impact du krach financier qui a démarré en août 2007, mais aussi à utiliser ce grand pays comme un point d’appui pour permettre à l’Europe toute entière de sortir de la crise.

Du fait de la bonne tenue de l’économie — « Les banques russes n’ont pas été contaminées par la crise. La croissance du PIB est de 7,5% et de 10% pour l’industrie manufacturière. La demande des ménages a augmenté de 14% en termes réels et l’investissement de 22% » — une menace plane sur le pays. « La finance spéculative pourrait se tourner … vers la Russie, entraînant des entrées massives de capitaux » ce « qui risque de pousser le rouble à la hausse, détruisant la compétitivité de l’industrie ». La banque centrale serait, en effet, obligée d’intervenir pour stabiliser le taux de change, provoquant des bouffées inflationnistes qui passeraient des 12% actuels, à 15 ou 18%.

Mais, pour Jacques Sapir, il y a « heureusement des solutions ». Comme au Chili en 1997, il propose « de réactiver le contrôle des capitaux à court terme » tout en maintenant les investissements productifs à long terme dans les domaines où l’on peut obtenir « des gains de productivité » rendant ainsi supportable la réévaluation à terme du rouble. Dans cette perspective, il appelle à la mise en œuvre de « la politique agressive d’investissement appelée de leurs vœux par les autorités russes au Russia Forum des 30 et 31 janvier à Moscou ». « La réponse russe à la crise mondiale passe par des réglementations et une politique publique de l’investissement très active » dans « les infrastructures, l’éducation et la recherche », dont « l’effet multiplicateur sur les investissements privés, nationaux ou étrangers est bien connu des spécialistes ».

Cette politique d’investissement serait tout à fait « dans l’intérêt des pays comme l’Allemagne, la France et l’Italie, mais aussi de la Russie », plaide Sapir. En effet, elle « ouvrirait des perspectives nouvelles pour les industriels européens dans les domaines de l’équipement industriel et des techniques d’efficacité énergétique », ainsi que pour les fonds souverains russes qui pourraient répondre « aux investissements européens en Russie (Renault dans Avtovaz, Alenia dans Sukhoi Civil) » en investissant dans les entreprises européennes.

« La politique de la BCE comme les préjugés de la Commission européenne interdisent à l’UE d’être un acteur », conclu l’économiste, suggérant qu’à défaut de pouvoir sauver, à elle seule, l’économie européenne, un « partenariat avec la Russie, impulsé de Paris, Berlin et Rome, permettrait de peser sur le cours de la crise et de recréer les conditions d’une croissance durable en Europe ».

La Russie sera-t-elle la dernière carte de l’Europe ?

par Paul Marie Coûteaux

Député européen et directeur de « L’Indépendance »

Dans son propre style, le souverainiste Paul Marie Coûteaux ne dit pas autre chose que Jacques Sapir. Evoquant son récent séjour à Moscou et sa rencontre avec des chefs d’entreprise français qui ne tarissent pas d’éloges sur le nouvel eldorado russe, Paul Marie Coûteaux s’étonne « du décalage entre le discours ambiant sur la Russie, systématiquement dépréciatif, et ses innombrables promesses, ses capacités d’accueil, le dynamisme des entrepreneurs russes et la faveur réservée aux Français, écho à la vieille amitié franco-russe aujourd’hui en déshérence politique ».

Paul Marie Coûteaux met en avant, au contraire, toutes les raisons qui font « que les coopérations seraient naturelles dans des multiples domaines » avec une Russie qui « est l’un de pays les mieux dotés en matières premières », une Russie qui « pourrait être le poumon inespéré d’une Europe anémiée, privée de perspective et de plus en plus dépendante pour ses approvisionnements essentiels, alors que la partie orientale de notre continent possède ce qui manque à sa partie occidentale et réciproquement ».

« La stigmatisation » de la Russie vient de Washington et de l’OTAN, dénonce Paul Marie Coûteaux, c’est eux qui ont tout avantage à « reléguer dans les ténèbres extérieures un pays qui pourrait bien, s’il redressait sa démographie … devenir l’une des premières puissances du monde. L’objectif est de séparer ce prometteur voisin d’une Europe de l’Ouest qu’il est ainsi beaucoup plus aisé de tenir sous contrôle. » « C’est que l’enjeu est immense », continue Coûteaux, « qu’on s’imagine une « grande Europe » allant de Brest à Vladivostok, comprenant une Sibérie qui n’est pas moins européenne que la Turquie et qui, libérant nos Etats, nos entreprises et nos peuples des carcans bureaucratiques de la vieille Union européenne, nous permettrait de participer librement à sa mise en valeur, comme nos partenaires russes le réclament. »

Pour Paul Marie Coûteaux, « si nous ne comprenons pas que la Russie est pour le XXIème siècle notre meilleure carte, alors celle-ci se tournera vers d’autres alliances »avec la Chine, le Japon, les Républiques d’Asie centrale et l’Iran. « L’Europe et la France en particulier doivent d’urgence repérer le futur pivot du monde, déjouant ainsi une marginalisation géopolitique annoncée et comme voulue par ses oligarchies. »

En conclusion, Paul Marie Coûteaux appelle la France à « être la maîtresse d’œuvre du renouveau européen » et souligne que ce n’est pas un hasard si la Russie a choisi Paris pour accueillir bientôt le grand Centre de coopération en Europe qu’il a placé sous la direction d’une femme politique de renom, Natalia Narotchnitskaia.

L’intérêt des Etats-Unis et celui de l’Europe dans l’OTAN

Par Alexandre Adler

Troisième tribune importante dans le même Figaro (5 et 6 avril), celle de l’analyste de renom, Alexandre Adler, qui se félicite d’emblée « qu’une conjonction franco-allemande ait pu enterrer le projet de candidature de l’Ukraine et de la Géorgie dans l’OTAN. » D’habitude plus ondoyant, l’auteur de cette tribune, nous étonne par sa franchise, voire la brutalité de ses propos.

Adler commence par dire ce qu’est l’évidence même mais que plus personne n’osait dire : « ou bien l’OTAN qui était … une alliance militaire des Etats-Unis et de l’Europe de l’Ouest dirigée contre l’Union soviétique, a perdu sa vocation initiale ; ou bien alors, il s’agit toujours d’opérer sur la Russie une opération de 3containement », de mise en quarantaine. »

Examinant de près les cas compliqués de l’Ukraine et de la Géorgie dont l’histoire et la composition démographique ne permettent pas de faire des « chevaux de Troie anti-russes », Adler plaide pour que soient considérées de façon plus favorable « les interdépendances entre les Etats membres de la CEI, lesquelles ne remontent pas à la période stalinienne mais à la longue durée d’une histoire russe et eurasienne ».

« La vérité toute simple », déclare Adler brutalement, « c’est que l’intérêt géopolitique de l’Europe continentale – France et pays latins, tout comme Allemagne et pays germaniques – diverge nettement de celui des Etats-Unis et peut être même de la Grande Bretagne ».

Et Adler d’accuser les Etats-Unis de vouloir obliger l’Europe à une dépendance du pétrole du Moyen-orient qu’ils contrôlent, alors que l’Europe a plutôt intérêt à établir un partenariat énergétique avec la Russie ! « Pour l’Amérique … une dépendance accrue des Européens en matière de pétrole et de gaz du golfe Persique nous oblige à partager les mêmes impératifs de sécurité au Moyen-Orient que Washington. Mais nous pourrions très bien nous affranchir pour l’essentiel de toute dépendance saoudienne en établissant un partenariat définitif, pétrolier et gazier, avec la Russie. Les manœuvres américaines pour empêcher ce partenariat ont donc un sens bien précis, surtout lorsqu’elles proviennent du complexe militaro énergétique, dont le vice-président Cheney est aujourd’hui encore le chef de file. Nous partageons bien entendu avec les Américains le même impératif de vaincre le terrorisme islamiste, et c’est une très bonne chose à cet égard que le président français ait pu réaffirmer cet objectif commun avec force et clarté. Mais nous ne partageons absolument pas la stratégie visant à humilier, à contenir et à rapetisser la Russie. »

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