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La bombe de la dette des télécommunications

La rédaction
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Au cours de la première semaine d’octobre, la baisse des actions de la « nouvelle économie » s’est accéléré. L’indice Nasdaq a perdu 21 % depuis début septembre et le Nemax allemand, 55 % depuis son sommet de mars dernier.

Parallèlement, la croissance explosive de la dette dans le secteur international des télécommunications a créé ce qu’un observateur a appelé « un accident qui attend son heure ». La situation est devenue tellement alarmante que les régulateurs bancaires des gouvernements européens ont ouvert une enquête sur l’ampleur des risques pris par certaines banques créancières vis-à-vis des groupes de télécommunications. A la mi-septembre, cette question était au centre d’une réunion spéciale des régulateurs financiers internationaux. Sir Howard Davies, président de la Financial Services Authority, en Grande-Bretagne, a fait remarquer que le niveau de prêts consentis par les banques européennes aux sociétés de ce secteur suscite « une grande inquiétude parmi les régulateurs », en raison de l’extrême concentration des risques.

D’après un rapport récent de la Banque des règlements internationaux, au moins 30 % des prêts internationaux consentis cette année sont allés aux télécoms. En Europe, où les fusions entre géants des télécommunications nationales et privées ont battu tous les records ces derniers mois, ce chiffre atteint 40 %. Le problème de la dette est intimement lié au financement de fusions transnationales sans précédent, ainsi qu’à celui de la vente aux enchères, à des niveaux exorbitants, par différents gouvernements des licences UMTS (Universal Mobile Telecommunications Standard), la fameuse troisième génération de portables qui promet l’accès à Internet. Mais la technologie UMTS ne sera probablement pas disponible en masse avant plusieurs années, et pour qu’elle fonctionne, il faudra investir, rien qu’en Europe, quelque 160 milliards d’euros, dont au moins 100 milliards devront venir de prêts bancaires ou d’autres sources de crédit. Lorsque tous les gouvernements européens en auront fini avec la vente aux enchères des licences, la somme à verser par les sociétés de télécommunications devrait excéder les 160 milliards d’euros.

Selon une étude réalisée par la société Capital Loanware, les banques ayant prêté le plus sont, par ordre d’importance, la Citygroup de New York avec 23 milliards de dollars, la HSBC de Londres (19 milliards), Chase Manhattan (18 milliards), BankAmerica (16 milliards), la Barclays de Londres (13 milliards) et Deutsche Bank (11 milliards).

Revers de la médaille : le plus gros emprunteur est la société anglo-allemande Vodafone-Airtouch, avec 46 milliards de dollars de dette, soit la deuxième entreprise débitrice du monde. Vodafone a racheté l’Allemand Mannesman en février dernier pour 161 milliards de dollars, avant de faire une grosse acquisition américaine, et elle vient juste d’investir 2,5 milliards de dollars dans ChinaMobile. Parmi les autres gros débiteurs, on trouve British Telecom (43 milliards), AT&T (39 milliards), France Telecom (28 milliards) et Dutch KPN (26 milliards). Depuis juillet 1998, l’ensemble des plus grandes sociétés de télécommunications a emprunté au moins 390 milliards de dollars à des banques internationales. Et pour l’Europe, en 1999 seulement, cette somme s’élevait à 171 milliards de dollars.

L’énorme endettement de ces sociétés, où l’Etat détient encore une part majoritaire même si ce sont des S.A., crée un cercle vicieux. Les agences internationales de notation comme Standard & Poors ou Moody’s commencent à baisser leurs notes, si bien qu’il leur est plus difficile d’obtenir les capitaux requis pour les investissements supplémentaires indispensables dans le réseau. On estime actuellement que les sociétés ont de 6 à 12 mois pour réduire de manière significative leur dette, afin de remplir les conditions nécessaires pour l’octroi de futurs prêts et l’émission d’actions.

Dans son éditorial du 2 octobre, le Financial Times de Londres note l’ironie de la situation : « Imaginez seulement. Les gouvernements pourraient être obligés d’utiliser les recettes encaissées lors de la vente des licences de portables pour renflouer les banques qui ont prêté aux heureuses entreprises de télécommunications. »

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