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La bombe de la dette (et la démocratie ?) espagnole prête à exploser à tout moment

La rédaction
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Le 16 avril 2012 (Nouvelle Solidarité) – Un article de Liam Halligan dimanche dernier dans le Sunday Telegraph de Londres met en garde contre la bombe de la dette espagnole, susceptible d’exploser à n’importe quel moment.

Il avertit que « le spectre d’un autre renflouement dans la zone euro rode à l’horizon, seulement cette fois ce serait bien plus gros que la Grèce, impliquant des chiffres bien plus grands et ceci dans l’une des économie majeures ». Une restructuration de la dette grecque à coûté 110 milliards d’euros en 2010, 170 milliards en 2012, plus un abandon de dette d’un montant similaire de la part des créditeurs. « Combien faudrait-il si c’est ce qu’il a fallu pour la Grèce ? », écrit-il, pour terminer en se demandant « où cette folie s’arrêtera-t-elle ? »

Halligan est l’économiste en chef de Prosperity Capital Management, et a déjà pris position dans un article antérieur en faveur d’une réorganisation du système bancaire selon le principe du Glass-Steagall Act (loi de séparation bancaire de Franklin Roosevelt).

La dette de l’Etat espagnol est relativement faible comparativement au PIB du pays (surtout par rapport à d’autres pays européens), mais celle du secteur bancaire privé est à 300% du PIB, une situation similaire à celle qu’ont connue l’Islande et l’Irlande.

Si le gouvernement espagnol s’engage, comme le fit l’Irlande, à renflouer les banques, il est clair que, dans ces conditions, le mécanisme de sauvetage mis en place récemment par l’UE ne suffirait pas à renflouer l’Espagne.

Les banques espagnoles sont assises sur une montagne de crédits hypothécaires non remboursables, en raison d’un effondrement de 30 à 40% de la valeur du parc immobilier. En février et en mars, ces mêmes banques se sont accaparées plus de 50% des prêts à bas taux d’intérêt accordés par la Banque centrale européenne par l’intermédiaire de sa fenêtre spéciale d’escompte. La Banque centrale d’Espagne a pour sa part reconnu le 14 avril que les plus grandes banques du pays avaient emprunté 316,3 milliards d’euros en mars auprès de la BCE, presque le double par rapport aux 169,8 milliards qu’elles avaient du emprunter en février.

L’une des banques les plus touchées est Banco Santander, qui a du racheter hier pour 750 millions d’euros de ses propres obligations dans une atmosphère de krach sur les marchés espagnols. Banco Santander, la plus grande banque d’Europe, est étroitement liée à la City par l’entremise du groupe bancaire Inter-Alpha.

De plus, les bons du Trésor à dix ans se sont vendus hier à 6,12 %, un niveau qui marque l’entrée dans la zone rouge, et à partir duquel il devient impossible de payer la dette. L’Etat espagnol doit refinancer 11,9 milliards d’euros sur sa dette d’ici le 30 avril prochain (une tentative de vente de bons du trésor est prévue pour ce jeudi), et 12,8 milliards supplémentaires avant la fin juillet. Le prix des CDS (Credit Default Swaps), une assurance contre un défaut de paiement sur la dette espagnole, a atteint 500 points de base la semaine dernière, un record. Ceci signifie que pour assurer 10 millions d’euros de dette espagnole sur cinq ans, il faut payer une « prime » de 500 000 euros. A comparer au 70 000 euros que coûterait une assurance sur la même quantité de dette allemande.

Ainsi, la pression de la City pour un renflouement des banques espagnoles et leurs partenaires étrangères se fait pleinement sentir sur Madrid, alors que le niveau de chômage a atteint la barre des 24% en Mars, soit deux fois et demie la moyenne européenne.

Le premier Ministre Mariano Rajoy (élu en décembre dernier) compte couper 17% (27 milliards d’euro) supplémentaires dans le budget d’ici la fin de l’année, en mettant directement sous tutelle les gouvernements régionaux et en balayant leurs dépenses dans la santé et l’éducation. Ces deux postes représentent 60% de leur budget total.

D’ailleurs, tous les élus régionaux responsables de l’éducation ont été convoqués hier à Madrid pour se faire mettre au pas, et les responsables pour la santé sont convoqués pour aujourd’hui. Soulignons qu’en Catalogne, faute de budget, les hôpitaux ont été obligé de fermer les urgences la nuit.

Le gouvernement Rajoy a donné quinze jour aux régions pour revenir à l’équilibre budgétaire. En cas d’échec, le gouvernement envisage du supprimer les 17 communautés autonomes dont l’existence est associée à la notion de démocratie. La suppression des conseils généraux permettrait d’économiser 3 milliards d’euros mais remettra en cause la décentralisation née de la fin de la dictature franquiste.

Cette recentralisation forcée a pour les Espagnols une forte odeur de franquisme, et les mesures d’austérité annoncées ont déjà conduit fin mars à des grèves générales et de violentes protestations.

Jorge Fernandez Diaz, le ministre de l’Intérieur a profité de la violence pour annoncer mercredi dernier au parlement l’introduction d’une réforme du code pénal, visant à criminaliser tous ceux qui organisent des protestations de rues. Il a révélé que « de sérieux troubles à l’ordre publique et intentions d’organiser des manifestations violentes à travers des réseaux sociaux » seront passibles de peines similaires à l’appartenance à une organisation criminelle. Si cette réforme devait être votée, une sentence de prison de deux ans minimum sera imposée à ceux qui seront reconnus coupables d’actes de violence.

Encore plus étonnant est sa volonté d’étendre les pouvoirs de répression à la résistance passive et à l’outrage à la cour à un moment où tout le pays découvre que le roi Juan Carlos Ier, qui encore il y a un mois affirmait qu’il avait du mal à trouver son sommeil la nuit à cause du taux de chômage dramatique des jeunes, s’amusait à chasser l’éléphant au Botswana.

La nouvelle loi veut faire de l’usage de la résistance non seulement active, mais également passive, contre les forces de l’ordre un délit. Perturber le fonctionnement des services publics deviendraient également un crime. Ces mesures ont été annoncées après que le ministre de l’Intérieur du gouvernement régional de Catalogne, Felip Puig, ait appelé à la mise en place de mesures pour restreindre les « assemblées sociales ». Toutes ces mesures doivent être votées dans la session parlementaire en cours.

Les mouvements de protestation, dont les Indignados bien entendu, ont comparé ces mesures à la dictature de Franco et appelé à des manifestations le week-end prochain contre cette réforme du code pénal.

Voir les 3 commentaires

  • point2vue_x • 20/04/2012 - 09:44

    ... Là-bas, c’est un peu comme en France le pays est coupé en deux, une petite moitié d’oligarque aristocrate très amie avec le fachisme franquiste (toujours présent) et une très grosse moitié (énorme) d’ouvriers plus ou moins qualifiés et d’intellectuels de tous métiers, dont certains très instruits et très humains, avec un coeur gros comme ça, crèvent littéralement ! Les trois dernières générations sont concernées. Ils sont dans une merde noire... allez y vivre et vous comprendrez combien il est difficile d’assurer les deux repas quotidiens... Nous devons les soutenir plus que jamais. Ils nous soutiennent également, nous les trois générations de France, dans un état quasi similaire aujourd’hui.

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  • petite souris • 17/04/2012 - 22:18

    tout le pays découvre que le roi Juan Carlos Ier, qui encore il y a un mois affirmait qu’il avait du mal à trouver son sommeil la nuit à cause du taux de chômage dramatique des jeunes, s’amusait à chasser l’éléphant au Botswana

    Honneur & Dignité où êtes-vous ?

    il faut encore et encore reciter Victor Hugo dans Ruy Blas :

    Bon appétit, messieurs !Ô ministres intègres !
    Conseillers vertueux ! Voilà votre façon
    De servir, serviteurs qui pillez la maison !
    Donc vous n’avez pas honte et vous choisissez l’heure,
    L’heure sombre où l’Espagne agonisante pleure !
    Donc vous n’avez ici pas d’autres intérêts
    Que remplir votre poche et vous enfuir après !

    http://lettres.ac-rouen.fr/francais/romantik/ruy-blas/blame1.html

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  • Pic et Puce • 17/04/2012 - 19:45

    De toute façon si l’état espagnol ose renflouer les banques privées, ce sera la révolution en Espagne...car chacun sait que ce serait renflouer des escrocs et des joueurs de poker... En fait, c’est la City de Londres qui serait lésée en cas de non paiement... C’est peut-être là que se joue la course à la guerre...

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