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La chute du dollar ne fait que commencer

La rédaction
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Le 8 décembre, le dollar a de nouveau atteint un plancher face à l’euro pour le huitième jour ouvré consécutif, malgré la publication de rapports officiels euphoriques sur l’économie américaine. Depuis son plancher d’octobre 2000, l’euro est passé de 83 cents à 1,22 dollar, soit une augmentation de 46%. Inversement, la valeur du dollar par rapport à l’euro a chuté de 31% au cours de la même période.

Durant ces douze derniers mois, le dollar a chuté de 17% par rapport à l’euro, ce qui signifie qu’un investisseur européen détenant des bons du Trésor américain a essuyé des pertes de trois à six fois supérieures (en fonction de l’échéance) aux profits qu’il aurait pu faire sur cet investissement. En conséquence, la chute du dollar a entraîné un fort ralentissement des flux de capitaux vers les Etats-Unis, accélérant à son tour le déclin du dollar.

Pour financer le déficit de leur compte courant, les Etats-Unis ont besoin d’un afflux de capitaux d’environ 50 milliards de dollars par mois. Or, selon les derniers chiffres du département du Trésor, les flux financiers étrangers vers les Etats-Unis sont passés de 49,9 milliards de dollars en août à seulement 4,2 milliards (-92%) en septembre. Les chiffres d’octobre et novembre ne sont pas encore disponibles. Cependant, selon le « portofolio flow monitor » de la Bank of New York, 2,3 milliards de dollars d’actions et d’obligations américaines ont été retirés en novembre, ce qui signifie que les flux financiers sont déjà devenus négatifs.

Faisant écho à de récentes déclarations de LaRouche sur la crise financière internationale et en particulier sur le dollar, le chroniqueur du Washington Post, David Ignatius, a publié le 5 décembre un article intitulé « Jouer du violon en regardant baisser le dollar » dans lequel il écrit : « Il se passe quelque chose de sinistre lorsque les Etats-Unis annoncent leur plus forte hausse de productivité en vingt ans, comme ils l’ont fait mercredi [3 décembre], alors que le dollar plonge à un niveau jamais atteint par rapport à l’euro. Le dollar coule ces jours-ci, que les nouvelles soient bonnes ou mauvaises, et l’explication est assez simple : les investisseurs dans le monde craignent que les politiques de l’administration Bush déprécient la valeur de la devise américaine. Ils se hâtent donc de liquider le billet vert . »

Ignatius cite alors James Harmon, un banquier qui a dirigé l’Exim Bank à l’époque de l’administration Clinton, qui explique que « les investisseurs avisés ont déjà quitté le dollar au cours des six derniers mois et qu’aujourd’hui, les retardataires s’empressent de leur emboîter le pas, ce qui accélère la dynamique . »

Jusqu’ici, note Ignatius, le déclin du dollar a été limité par la décision de la Chine et du Japon de maintenir leurs monnaies à un faible niveau, alors qu’ils détiennent plus de 1000 milliards de dollars en bons du Trésor américain. Et c’est là que se profile le « scénario cauchemardesque » : « Avec le dollar en déclin, les géants asiatiques ont essuyé de graves pertes sur leurs portefeuilles. S’ils décidaient de couvrir ne serait-ce que 20% de leurs titres en dollars, ils pourraient tirer le dollar vers le bas, de 1,21 à 1,35 dollar contre l’euro », et d’autres courtiers pourraient l’affaiblir encore davantage, jusqu’à 1,45 dollar. Devant un tel déclin, la Réserve fédérale serait obligée d’élever les taux pour protéger la devise. Et des taux plus élevés feraient chuter, à leur tour, la Bourse américaine . »

La réaction européenne : vers le contrôle des changes ?

Le 4 décembre, un article publié dans le Daily Telegraph de Londres annonçait que la Commission européenne serait en train d’examiner les bases légales pour le rétablissement de contrôles des changes tels qu’ils existaient dans les années 1970. Selon les conclusions d’une équipe travaillant pour le Commissaire aux Affaires économiques et financières, Pedro Solbes, la loi permettrait à l’UE d’imposer des restrictions quantitatives sur les flux de capitaux. Une source anonyme de l’UE estime qu’un taux de change d’un euro à 1,35 dollar pourrait déclencher la décision d’imposer de tels contrôles de capitaux. La Commission européenne de Bruxelles a déclaré que l’article du Daily Telegraph est absurde, tandis que la Banque centrale européenne s’est refusée à tout commentaire.

Néanmoins, il y a une base très réelle au rapport du Daily Telegraph. Le 26 novembre, la Commission européenne a publié son Bilan 2003 sur l’économie de l’Union. Les 45 dernières pages de ce document qui en comporte 246 sont consacrées aux « Déterminants des flux de capitaux internationaux » et le chapitre finit par une annexe spéciale sur les « Mouvements de capitaux dans le cadre légal de la Communauté [européenne] ». Ceci met en lumière le changement de paradigme au sujet des flux de capitaux internationaux, marqué par la rupture de l’ordre monétaire de Bretton Woods du début des années 1970. L’annexe précise : « Le système de Bretton Woods contenait l’idée que les flux de capitaux étaient une menace à la stabilité financière et monétaire et à l’autonomie politique nationale. L’expérience des années 1930 avait été interprétée comme constituant la preuve que les flux de capitaux internationaux déstabilisaient les économies domestiques. Ainsi les flux de capitaux ont été soumis au contrôle des changes et à la régulation au cours des années 1950 et 1960, limitant les transactions financières transfrontalières au minimum. »

C’était l’époque où le traité de Rome (1958) sur le Marché commun européen entrait en vigueur. La libre circulation des capitaux dans le Marché commun était l’un des principes centraux du Traité, garanti par l’Article 56. Cependant, les articles suivant, de 57 à 60, mettaient des limites au principe de libre circulation des capitaux dans certaines circonstances, en particulier concernant des « pays tiers », c’est-à-dire des pays hors de la Communauté européenne.

« L’article 57(1) EC indique clairement que cette liberté n’est pas illimitée, étant donné que les Etats-membres ont le droit de maintenir les restrictions qui existaient le 31 décembre 1993 dans les lois nationales », en ce qui concerne certaines transactions avec des « pays tiers » comprenant des investissements directs. Plus loin, le document met l’accent sur les points suivants :

« - Si des mouvements de capitaux extrêmement perturbants avec des pays tiers mettent en danger le fonctionnement de l’union économique et monétaire, l’Article 59EC donne la possibilité d’adopter des mesures restrictives pour une période ne dépassant pas six mois.

« - Parmi les actions pouvant être entreprises lorsqu’un Etat-membre connaît de graves difficultés dans sa balance des paiements, les Articles 119 et 120EC donnent la possibilité de réintroduire des "restrictions quantitatives" ou des "mesures protectrices" contre des pays tiers (en particulier dans le domaine des mouvements de capitaux).

« - Dans le contexte de la politique étrangère et de la politique de sécurité communes de l’Union européenne, l’Article 60EC permet à la Communauté d’appliquer des sanctions contre des pays tiers spécifiques. En pratique, ces mesures se matérialisent habituellement sous la forme de gel de comptes bancaires, ou d’une interdiction d’investissement étranger direct dans les pays tiers ciblés. »

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