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La clique de Rove obtient la tête de Donaldson

La rédaction
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William Donaldson, ancien président du New York Stock Exchange, a annoncé le 2 juin sa démission de la direction de la Security Exchange Commission (SEC - organisme de contrôle de la Bourse). Il avait été nommé à ce poste par le président Bush en décembre 2002 pour remplacer Harvey Pitt, discrédité pour son refus d’intervenir lors du gigantesque scandale Enron et d’autres escroqueries afférentes. Lors de sa conférence de presse, Donaldson a laissé entendre qu’il n’avait plus la confiance du Président. En effet, les pirates de Wall Street le critiquaient sévèrement pour son application « plus que zélée » des clauses régulatoires de la loi Sarbanes-Oxley de 2002 et les restrictions imposées à l’industrie des fonds de placement mutuels. Selon le Wall Street Journal, c’est Fidelity Investments qui a dirigé la campagne des institutions financières contre Donaldson, de concert avec Karl Rove et Al Hubart, le conseiller économique de Bush depuis le début de l’année.

Lors de sa conférence de presse, le directeur remercié a indiqué que la principale cause de son départ était sa tentative de réguler le business des hedge funds - approche résolument condamnée par Greenspan. « Il me serait presque impossible d’imaginer que la SEC ne s’intéresse pas à une industrie lourde de 3 billions de dollars de chiffre d’affaires, échappant à la moindre régulation, dit-il. Nous avons tenté de réguler cette industrie de manière assez bénigne (...) en cherchant à obtenir des informations fondamentales sur l’industrie des hedge funds. Qui contrôle l’argent ? Quel est le bilan des investissements [de ceux qui les dirigent] ? Ont-ils enfreint la loi ? Comment tiennent-ils leur comptabilité ? Ce sont les questions les plus élémentaires que l’on se pose à propos de tous ceux qui s’occupent d’argent. Et naturellement, d’un autre côté, ces informations nous aident, je pense, à mieux comprendre l’impact des hedge funds sur l’autre aspect du marché.(...)

Donaldson espère que son successeur, Christopher Cox, ne reviendra pas sur les principales mesures déjà prises. L’objectif essentiel est « d’obtenir le droit d’entrer dans cette industrie des hedge funds et d’exiger qu’ils nous fournissent les informations les plus fondamentales sur l’identité des personnes [responsables], sur leur attitude passée en matière de régulation, sur la façon dont ils fixent les prix de leurs fonds. Etant donné le type d’indemnité qu’ils reçoivent, il est très important [d’obtenir ces déclarations] deux ou trois fois par an. » Lorsqu’on a affaire à des sommes d’argent aussi énormes et à des rémunérations aussi élevées, Donaldson laisse entendre que certains sont tentés d’enfreindre la légalité et en prenant des risques irresponsables.

Qui est Christopher Cox ?

Le remplaçant de Donaldson à la tête de la SEC est un fanatique du libre-échange et de la dérégulation. Député conservateur de Californie, Christopher Cox travaillait dans les années 80 dans une société de courtage en tant qu’avocat spécialisé dans le droit financier, en particulier le capital risque. A ce titre, il avait été cité en justice dans un recours collectif pour fraude, intenté par un groupe d’investisseurs. Il était en effet l’avocat d’un certain William Cooper, l’architecte d’une escroquerie perpétrée par First Pension Corp., une société qui gérait l’épargne de 8000 retraités californiens. En promettant de fortes rémunérations, First Pension avait amené ses clients à investir dans des opérations hypothécaires fictives, s’assurant ainsi quelque 136 millions de dollars de gains. En fin de compte, le cabinet juridique de Cox négocia son retrait de la liste des prévenus. Cox prétendit par la suite qu’après cette expérience, il avait « de la compassion pour les gens qui sont victimes de ces recours collectifs ».

Elu au Congrès en 1988, il allait figurer parmi les détracteurs les plus virulents de Bill Clinton. Au cours des dernières heures de la procédure de destitution contre celui-ci au Sénat, en 1999, la commission Cox sur la Chine présenta un rapport dans le plus pur style maccarthyste, insinuant que la Chine recevait de la technologie américaine « sensible » en échange de contributions financières au Parti démocrate. A l’époque, LaRouche avait qualifié ce rapport d’« imposture tout à fait invérifiable ».

En 1995, Cox contribuera à la rédaction d’une loi sur la réforme des contentieux financiers, restreignant les possibilités pour les investisseurs de porter plainte pour fraude sur titres financiers. Il s’agit de la seule loi qui fût adoptée en dépit du veto du président Clinton. Or, au cours de la même année, lorsque le comté d’Orange, dont Cox était l’élu fédéral, se déclara officiellement en cessation de paiements, suite aux pertes subies sur ses investissements dans les produits dérivés, Cox n’hésita pas à mendier l’aide gouvernementale. Cette fameuse loi de 1995 protège contre d’éventuelles poursuites judiciaires tout cadre exécutif ou directeur ayant exagéré les projections financières de sa société - pourvu qu’ils aient prévu une clause de non responsabilité ! Ainsi, comme devait le reconnaître le Los Angeles Times en 2002, cette disposition légale prévue par Cox a été exploitée par les escrocs d’Enron, comme son PDG Kenneth Lay, pour frauder sans craindre de représailles.

Pour le président Bush, au contraire, cette loi de 1995 « protège les investisseurs contre des procès abusifs », et Christopher Cox est « un champion du système de la libre entreprise [qui] sait qu’une économie libre est bâtie sur la confiance ».

Le sénateur démocrate Chuck Schumer, membre de la Commission bancaire du Sénat qui devra approuver ou non la nomination de Cox, a déclaré qu’avant de prendre une décision, il voulait en savoir davantage sur les projets de Cox en matière de régulation.

De 1995 à 2005, le député d’Orange County présida le House Policy Committee. Il était également membre du conseil consultatif du Centre des études de sécurité, dirigé par Frank Gaffney, l’ancien analyste du département de la Défense soupçonné d’avoir couvert l’espion israélien Jonathan Pollard, condamné par la justice.

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