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La commission Stiglitz, ou comment éviter les questions de fond

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Par Eduardo Garcia

En février 2008, Nicolas Sarkozy, insatisfait des informations statistiques que fournit le PIB, a chargé Joseph Stiglitz, Amartya Sen et Jean-Paul Fitoussi de mettre en place une commission qui a pris le nom de Commission pour la mesure des performances économiques et du progrès social (CMPEPS). Sa mission : déterminer les limites du PIB dans la mesure de la performance économique et du progrès social et rechercher de nouveaux moyens de le rendre pertinent en le complétant avec de nouvelles données.

La question posée par ce rapport est parfaitement justifiée. Nous défendons depuis longtemps dans ce journal la nécessité de réformer du tout au tout cet instrument de mesure, mais malheureusement, les réponses apportées sont non seulement en dessous des attentes, mais dangereuses.

En ce moment gravissime de l’histoire, marqué par la faillite totale du système financier et monétaire international provoquée par la spéculation à tout va, on s’attendait à ce que la commission se pose la question fondamentale : que faire pour dégager du calcul du PIB la partie liée à la spéculation financière et comment évaluer l’impact de la spéculation sur l’économie physique, qui est le seul indicateur fiable du bien être social. Or, dans ce rapport de 324 pages seul un encadré est consacré à la finance sans la critiquer…..

La réponse à cette question est cruciale, car c’est justement le fait d’avoir laissé l’euphorie financière gonfler les PIB durant des années qui a trompé hommes politiques et économistes, sur la nature de la dynamique économique de nos sociétés, jusqu’au jour où la crise a frappé à la porte, ramenant tout le monde à la réalité, en montrant la déconnexion totale entre les statistiques financières et la réalité physique de l’économie. Ceci nous impose la remise en cause d’une approche financière et monétaire de l’analyse économique, et la recherche de nouveaux outils liés à l’économie physique.

Or c’est exactement ça le problème de la méthodologie qu’adoptent les rédacteurs de ce rapport qui demeurent complètement prisonniers de la logique du système financier et monétaire et se condamnent à ne produire que des antiseptiques bons à guérir les boutons en surface, sans s’attaquer au cancer qui ronge le corps.

Au-delà de la question financière, deuxième problème majeur de ce rapport est le fait que ses auteurs semblent vouloir mettre la production en arrière plan, par rapport au bonheur, en préconisant de « … déplacer le centre de gravité de notre appareil statistique d’un système de mesure privilégiant la production à un système orienté sur la mesure du bien être des générations actuelles et à venir … ». Mais n’est-ce pas aberrant de vouloir séparer le bien être de la population, du niveau de production de la société comme un tout, alors que c’est la production qui permet d’assurer les besoins matériels de la population, et donc une partie importante du bonheur de celle-ci ?

Autre problème grave pour un rapport qui prétend découvrir les conditions pour mesurer le bonheur de la population, les auteurs ne font aucune distinction entre ce qui est du domaine du productif et du non productif dans l’économie. Les auteurs semblent mélanger allégrement toutes ces catégories en écrivant (paragraphe 18, page 12) :« […] Il existe de nos jours un grand nombre de produits dont la qualité est complexe, pluridimensionnelle et soumise à des changements rapides. C’est une évidence pour des biens comme les voitures, les ordinateurs, les machines à laver et ainsi de suite, mais plus vrai encore pour des services comme les prestations de santé ou d’enseignement, les technologies de l’information et de la communication, les activités de recherche ou les services financiers […] ». N’est-ce pas étrange de mettre la santé, l’enseignement et la recherche scientifique sur un pied d’égalité avec les services financiers ou tout autre service non-nécessaire ? Il faudrait commencer par faire la distinction entre services utiles à la société – recherche, éducation, santé, sécurité, etc. – et ceux qui ne le sont pas, tels l’excès de fast-food dans le monde aujourd’hui.

La santé, l’enseignement et la recherche scientifique sont le pilier central sur lequel repose toute économie de progrès, ils sont les marqueurs d’un peuple apte à exercer ses pouvoirs créateurs, et doivent être la priorité absolue de tout Etat, quel que soit l’effort à consentir.

Vieilles lunes malthusiennes de la qualité versus la quantité

Au-delà, tout au long du rapport on cherche à opposer la « qualité » de la vie, comme étant à l’origine du bonheur, contre des critères quantitatifs. Mais n’est-ce pas celle-ci une bonne vieille recette des pouvoirs qui cherchent à imposer, par des voies détournées, des cures d’austérité à leurs populations ? Or, nous remarquons que parmi les membres de la commission l’on trouve deux économistes comportementalistes, Cass Sunstein et Daniel Kahneman, proches d’Obama. Or, ce sont des économistes de cette école, qui ont conçu la réforme de la santé d’Obama visant à couper dans le vif des dépenses, en argumentant qu’on peut avoir les mêmes services malgré ces coupes sombres ? Sous l’influence de ces auteurs, le rapport dit clairement (paragraphe 21, page 29) :«  […] prenons un exemple : en matière de santé publique, les dépenses par habitant sont plus élevées aux Etats-Unis que dans la plupart des pays d’Europe ; pourtant, au vu des indicateurs usuels, les résultats sont moins bons. Cela veut-il dire que les américains bénéficient de moins de prestations de santé, que leur système de santé publique est plus coûteux et/ou moins efficace, ou encore que les résultats dépendent aussi de facteurs, autres que les dépenses de santé, spécifiques à la société américaine ? L’évolution des dépenses de santé doit pouvoir être ventilée entre effet en termes de prix et effet en termes de résultats.[…]  ». Or, rien n’est dit sur le système parasitaire des HMOs, des prestataires privés des services médicaux, qui sont les principaux responsables de la hausse massive du prix des soins aux Etats-Unis, et qui sont à la tête des bénéficiaires de la réforme fasciste d’Obama. Il est clair qu’adopter de tels critères mènera droit à la transformation de l’hôpital en entreprise financière, avec des conséquences graves sur la santé publique.

La fraude de l’empreinte écologique

Les auteurs du rapport partent, à juste titre, du principe que le PIB doit tenir compte non seulement de la situation présente mais de la possibilité du bonheur futur. Cependant, l’un des critères retenus par le rapport comme pouvant définir ce dernier, est celui de « l’empreinte écologique » : (paragraphe 162, page 77) :« […] : depuis le milieu des années 80, l’empreinte écologique de l’humanité est supérieure à la capacité de la planète et en 2003, l’empreinte totale de l’humanité dépassait d’environ 25% la biocapacité de la terre. Alors que chaque être humain dispose de 1.8 hectare, les Européens en utilisent 4.9 par personne et les Nord-Américains deux fois plus, c’est-à-dire beaucoup plus que la biocapacité réelle de ces deux zones géographiques  »

Or, il n’y a rien de plus faux que cette notion que chaque être humain ne disposerait que d’1,8 hectare, pour sa survie. Car, bien au contraire, si l’homme préhistorique avait besoin de beaucoup d’espace pour pêcher, chasser et faire la cueillette, grâce au progrès scientifique et technique, on a pu considérablement réduire l’espace nécessaire à la production des besoins essentiels, comme la haute densité démographique des pays avancés l’atteste. Par exemple la Belgique avec 346 hab/km2 !

Sournois, les auteurs dont l’a priori et écologiste et malthusien, prétendent qu’ils ne souhaitent pas influencer les choix politiques, mais en viennent rapidement à dire que : « … parce que ce que l’on mesure définit ce que l’on recherche collectivement (et vice versa), ce rapport et sa mise en œuvre sont susceptibles d’avoir une incidence significative sur la manière dont nos sociétés se perçoivent et, par voie de conséquence, sur la conception, la mise en œuvre et l’évaluation des politiques . » Ils précisent ensuite dans le paragraphe 8, page 9 que : «  nous sommes également confrontés à l’imminence d’une crise environnementale, tout particulièrement du fait du réchauffement planétaire. Les prix du marché sont faussés par le fait qu’aucune taxe n’est imposée aux émissions de carbone et les mesures classiques du revenu national ne tiennent aucun compte du coût de ces émissions.[…].  » Ils déplorent même l’inexistence actuelle d’un marché des titres des droits d’émission qui puisse figurer même dans le PIB ! D’ailleurs l’on comprend bien pourquoi le prince Charles a fait l’éloge de Nicolas Sarkozy pour avoir pris l’initiative de commander ce rapport qui se prononce en faveur des droits d’émissions.

Pensée créatrice au cœur même du système économique versus subjectivisme superficiel

Le monde dans lequel nous plongent nos savants bienveillants, soucieux de notre bien être, est un monde fixe, clos et non évolutif. Or, la réalité de l’univers est autre. L’univers pris dans son ensemble est un être vivant, qui se caractérise par un processus perpétuel de création, et dans lequel l’être humain joue un rôle majeur. Selon le grand savant, bio géochimiste, V.I.Vernadsky, l’univers se divise en trois espaces phases. Le domaine du non vivant ou la Lithosphère, le domaine du vivant ou la Biosphère et le domaine du pensant ou la Noosphère. Parmi tous les êtres vivants peuplant la Biosphère, l’être Humain est le seul capable, d’une manière volontaire et souveraine, de changer son environnement grâce à ses capacités créatrices. C’est cette dynamique de compréhension et de découverte des principes physiques universels - dans lignée de la pensée de Riemann et d’Einstein d’après lesquels l’univers est fini mais non limité -, et de leur application ensuite en technologie, qui a permis à l’humanité d’accroître son pouvoir sur la nature et d’augmenter toujours son potentiel de densité démographique relative dans un processus absolument anti-entropique. De surcroit, cette dynamique est le pivot autour duquel s’organise la vie intérieure et intellectuelle de chaque individu, et constitue le socle de la vie morale et relationnelle de la société inspirée par une solide éducation humaniste et engagée dans un mouvement de progrès incessant dans le but de servir les générations futures.

Or, pour faire accepter les limites de leur système, de la même manière qu’un poisson plongé dans les limites de son aquarium tout en pensant qu’il évolue dans un océan aux frontières indéfinies, ils inventent toute une panoplie de critères subjectifs pour entretenir l’illusion du bien-être, en réduisant les gens à leur sensualité, et bannissant ainsi le principe même de vérité. Ceci ressort clairement dans la deuxième partie du rapport confiée aux économistes comportementalistes autour de Daniel Kahneman. Ils écrivent (paragraphe 71, page 47) :«  Les dimensions subjectives de la qualité de la vie englobent (…) plusieurs aspects. Le premier est représenté par l’évaluation que chacun fait de sa vie dans son ensemble ou dans les différents domaines qui la composent comme la famille, le travail et la situation financière. Ces évaluations demandent un exercice cognitif de la part de chaque personne et un effort pour faire un bilan et synthétiser l’ensemble des éléments ayant de la valeur pour elle (par exemple, son but dans la vie, l’accomplissement de ses objectifs et la manière dont elle est perçue par les autres). Le second aspect concerne ses sentiment réels, tel que la souffrance, l’inquiétude et la colère ou bien le plaisir, la fierté et le respect. […]  ». Dans {}la liste des indicateurs à évaluer on trouve : les loisirs, la pratique religieuse, la capacité de tisser des relations sociales, la participation à la vie politique, le fait d’être marié, le chômage, le fait d’occuper un travail gratifiant, etc. Dans le graphique 2.2 page 53, on trouve même le temps passé devant la télévision, les relations sexuelles et le temps qu’on passe à cuisiner. Il est évident qu’on est loin de l’idée de l’homme créé à l’image du créateur, mais bel et bien dans le bocal de la philosophie bestiale de Jérémy Bentham pour qui l’homme ne diffère pas d’un bonobo plus ou moins éduqué.

Pour juger cette approche, laissons la parole au plus grand esprit créateur du XX siècle, Albert Einstein, enfant de la littérature de Schiller et Lessing, de la musique de Mozart et Beethoven, et dont le développement intérieur était en harmonie avec l’engagement social et politique. Lui qui a fait de la connaissance du monde objectif et « extra-personnel » le but majeur de sa vie, et dont les découvertes ont changé le monde, il écrit : « Là-bas, au dehors, il y avait ce monde immense, qui existe indépendamment de nous, êtres humains, et qui se présente à nous comme une grande et éternelle énigme, accessible au moins partiellement à nos sens et notre pensée. La contemplation de ce monde m’attirait, comme une libération, et je remarquai bientôt que plus d’un homme que j’avais appris à estimer et à admirer, avait trouvé liberté et sérénité intérieure en se consacrant à cette contemplation. L’appréhension, dans les limites des possibilités, de ce monde extra-personnel, semi-consciemment ou inconsciemment, s’imposait à mon esprit. De même, certains penseurs du présent et du passé, comme les connaissances qu’ils avaient acquises, m’apparaissaient comme des amis que je ne pouvais pas perdre. La route qui menait à ce paradis ne fut pas aussi rapide et aisée que celle qui mène au paradis religieux, mais elle s’est avérée aussi digne de confiance et je n’ai jamais regretté de l’avoir choisie.  » Dans ce paragraphe, Einstein, définit la dynamique qui doit animer nos sociétés, afin d’éduquer des citoyens ayant la foi dans le réel, la foi dans l’homme : les deux ressorts de toute action humaine efficace dans l’univers.

A ce stade-ci, nous concluons notre étude en disant : que la triple courbe de Lyndon LaRouche et le potentiel de densité démographique relative, sont jusqu’à nouvel ordre les seuls outils scientifiquement compétents d’évaluation de la performance économique et du bien être.

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