Solidarité & progrès est un parti politique qui milite pour la paix par le développement économique mondial, contre le féodalisme financier et les idéologies du sol, du sang et de la race. Les informations que nous diffusons visent à vous faire joindre notre combat en le faisant devenir aussi le vôtre.

La campagne
présidentielle
Cheminade 2017
Flash : 8 décembre - Référendum en Italie : une nouvelle claque pour l’UE Lire Flash : 2 décembre - La République se rappelle qu’elle a besoin de savants ! Lire Flash : 2 décembre - Sur le renoncement de François Hollande Lire
Accueil Actualité
Brèves

La conférence de Chongqing reflète le débat politique chinois

La rédaction
visites
891
commentaire

Ces derniers mois, les débats sur la politique économique se sont intensifiés en Chine. D’un côté, les bénéfices supposés de la « mondialisation » et de la nouvelle économie américaine reposant sur l’internet et les télécommunications ont reçu une grande publicité dans les médias chinois, suite à l’accord récent avec les Etats-Unis sur l’entrée de la Chine dans l’OMC. De l’autre côté, se renforce très vite en Chine une résistance à la « mondialisation » et à la bulle de la « nouvelle économie ».

A cet égard, la récente décision du gouvernement chinois en faveur d’une coopération monétaire « ASEAN plus 3 » en Asie et pour « un nouveau partenariat avec le Japon est très significative, car elle s’écarte de l’orientation politique précédente qui donnait la priorité absolue aux relations avec les Etats-Unis. La Chine a adopté comme nouvelle priorité ses relations avec les nations voisines en Asie de l’Est et du Sud-Est, entre autres pour protéger leurs intérêts économiques et financiers vitaux. On apprend de source sûre que les dirigeants chinois - en particulier les « enthousiastes de la globalisation » - sont de plus en plus amers à l’égard des Etats-Unis. On assiste donc, en Chine, à une réaction défensive contre ce qui est perçu comme un « unilatéralisme » brutal et arrogant de la part de Washington.

La polarisation qui existe en Chine et en Asie de l’Estopposition entre développement réel, d’un côté, et « globalisation » et « nouvelle économie » dominées par Wall Street, de l’autre - est clairement ressortie du Symposium international sur le développement de la Chine occidentale, qui se tenait les 8 et 9 juin à Chongqing. Trois cents personnes y assistaient, dont des experts et spécialistes chinois, japonais, sud-coréens, taïwanais, australiens, russes, allemands, français, britanniques et américains. Deux représentants de l’Institut Schiller, Mary Burdman et le Dr Jonathan Tennenbaum, étaient également présents. La conférence était parrainée par la municipalité de la ville, l’Académie chinoise des sciences sociales, le ministère du Commerce extérieur et de la Coopération économique, le Quotidien de l’économie et le Programme de développement des Nations unies, avec le soutien financier de BP-Amoco, la compagnie d’assurances internationale Liberty Mutual Group et Southwest Securities de Chine.

Avec ses 30 millions d’habitants, Chongqing représente la porte donnant accès à la partie occidentale du pays. L’ouverture et le développement de ce vaste arrière-pays est une priorité stratégique pour Pékin, qui tente de réduire le fossé économique entre cette région et la côte Est, plus développée. Toutefois, la conférence de Chongqing a fait ressortir un paradoxe insoluble : la Chine ne pourra pas développer ses régions occidentales ni faire face aux besoins réels de sa population, si elle accepte pleinement la « mondialisation » et la « nouvelle économie ». En fait, étant donné le retard de l’infrastructure et les coûts élevés de production dans les régions de Chine occidentale, ces régions ne pourront jamais entrer en compétition avec les riches régions côtières bénéficiant d’investissements dans le cadre du « libre-échange » et de la « dérégulation financière ». C’est pourquoi un certain nombre d’orateurs ont fait remarquer que le développement économique de l’Ouest des Etats-Unis au dix-neuvième siècle - notamment la construction de son réseau ferré transcontinental - ainsi que le développement, après la guerre, de nations comme le Japon et la Corée du Sud, sont conséquences du rôle crucial joué par les investissements de l’Etat et d’autres politiques gouvernementales dirigistes. Néanmoins, beaucoup d’autres orateurs préféraient penser que le développement de la Chine occidentale devait reposer sur les « forces du marché ».

C’est pourquoi il était particulièrement important de démasquer Lawrence Klein, prix Nobel d’économie, qui, dans son discours, a fait l’éloge de la « nouvelle économie » américaine des années 90 qu’il a présentée comme un modèle à suivre pour la Chine. Cependant, une représentante de la Fondation Adenauer en Chine a fait remarquer que l’internet pouvait difficilement résoudre les problèmes de grande pauvreté des régions intérieures chinoises, où elle travaille. Puis, Jonathan Tennenbaum, de l’Institut Schiller, a demandé pourquoi Klein n’avait fait aucune allusion à la gigantesque bulle spéculative sur les marchés financiers américains, dont « chacun sait qu’elle est sur le point d’éclater ». Pas plus qu’il n’a mentionné les 400 milliards de dollars de déficit commercial ni l’écart croissant entre les revenus aux Etats-Unis. En guise de réponse, Klein a soutenu que la spéculation est un « problème distinct » et que le gigantesque déficit budgétaire avait été « créé » pour aider le monde à surmonter la crise financière asiatique ! Le caractère évasif des réponses de Klein n’a pas convaincu une grande partie de l’auditoire.

Au fil d’une discussion, Klein, qui se présente comme un vieil ami de la Chine, a rappelé que la politique de l’administration Clinton est d’ouvrir la Chine aux flux de capitaux étrangers et de « faire pour la Chine, avec l’OMC, ce que nous avons fait pour le Mexique avec l’Alena ». Il a esquivé une question sur l’appauvrissement du Mexique à cause de l’Alena, prétendant que le Mexique allait très bien et « pouvait absorber cette pauvreté » et que la Chine pourrait en faire de même.

Contactez-nous !

Don rapide