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La crise bancaire mondiale

La rédaction
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Au cours de la deuxième semaine d’octobre, alors que tous les principaux indices boursiers dégringolaient pour retrouver leur niveau d’il y a cinq ou six ans, la nervosité dans les secteurs de la banque et de l’assurance a atteint un tel paroxysme que la fameuse « équipe de protection contre les plongeons » aux Etats-Unis et ses homologues en Europe ont dû mener la plus grande opération de sauvetage depuis le mois de juillet dernier.

Déjà, à l’époque, on craignait l’éclatement d’une crise bancaire mondiale en raison principalement des problèmes que rencontraient des banques américaines comme Citigroup et JP Morgan Chase. Puis, au moment même où les gouverneurs de banques centrales et les autorités pensaient avoir la situation bien en mains, la crise bancaire s’est à nouveau intensifiée, touchant surtout les banques européennes et en particulier allemandes. En même temps, au Japon, le système bancaire entre dans sa phase finale, comme l’a reconnu le responsable de la surveillance bancaire, Taneka, en déclarant qu’aucune banque n’est « trop grande pour faire faillite ».

Les inquiétudes concernant le secteur bancaire allemand ont été nourries en grande partie par des rumeurs de pertes considérables de la Commerzbank dans les produits dérivés. La source venait de Merrill Lynch-Europe, basé à Londres, qui a diffusé un rapport sur les banques allemandes intitulé « Devenir japonais ». En quelques jours, les actions des banques allemandes ont connu une baisse encore plus brutale que celle subie lors de la crise du LTCM, à l’automne 1998. Il est vrai qu’au cours des trente derniers mois, les banques allemandes ont accusé des pertes énormes sur les marchés, comparables à celles de certains grands groupes de la « nouvelle économie ».

Le cours de l’action de la Commerzbank est passé de 44 euros en 2000 à 5,3 euros le 8 octobre, soit une chute de 88%, pour atteindre son niveau le plus faible en vingt ans. Au cours de la même période, la capitalisation boursière de la Commerzbank s’est réduite de 24 à 3 milliards d’euros. Les autres titres financiers de l’indice DAX ont aussi essuyé de lourdes pertes : Bayerische HypoVereinsbank (-84%), Deutsche Bank (-64%), Allianz/Dresdner Bank (-83%), Müchener Rück (-75%), MLP (-96%). De 330 milliards d’euros en 2000, la capitalisation boursière de ces six banques atteignait à peine 71 milliards d’euros début octobre 2002.

Plusieurs dirigeants bancaires, dont Otmar Issing, économiste en chef de la BCE, Edgar Meister du directoire de la Bundesbank, Karl-Burkhard Caspari, vice-président de l’agence allemande de surveillance financière BaFin, et Rolf Breuer, président du conseil de surveillance de la Deutsche Bank et actuel président de l’association des banques allemandes, ont démenti les rumeurs sur les problèmes de liquidités. Cependant, Issing a dû admettre que la situation du secteur bancaire allemand, au moins sur les marchés boursiers, était en effet « dramatique ».

De plus, les tensions entre centres bancaires sont en train de s’aviver. Certains banquiers de Francfort dénoncent la propagation de rumeurs malveillantes provenant de la City de Londres ou de New York, alors que certains banquiers de Londres affirment que les banquiers allemands « concotent une fois de plus des théories conspirationnistes ».

Le fait est que la crise bancaire est mondiale, et vient à peine de commencer. Le nombre de faillites a atteint un record en Amérique, au Japon et en Allemagne. Pour les neuf premiers mois de l’année, les défauts de paiements sur les obligations de sociétés ont déjà atteint un niveau record (140 milliards de dollars). Cette année, 28 pays, dont l’Argentine, n’ont pas été en mesure d’honorer le service de leur dette et les banques de placement en Europe et aux Etats-Unis devront sans doute faire passer en pertes et profits plus de 130 milliards de dollars de dettes cette année, là aussi un record.

Si les grandes agences de notation ont rétrogradé début octobre la plupart des grandes banques allemandes, le 9 octobre, l’agence Moody’s a aussi baissé la note de la dette à long terme de JP Morgan Chase, la deuxième banque américaine. Depuis le début 2001, sa capitalisation boursière est passée de 105 milliards de dollars à 33 milliards aujourd’hui, soit une perte de 69%. La descente aux enfers concerne aussi Charles Schwab (-82%), Morgan Stanley (-72%), Merrill Lynch (-60%), Goldman Sachs (-54%), Citigroup (-50%), Lehman Brothers (-48%) et Bear Stearns (-45%).

Et l’on ne voit toujours pas le bout du tunnel. Le Brésil risque de suivre l’Argentine dans une cessation de paiement. La dernière des grandes bulles financières américaines - marché hypothécaire et refinancement, dont les 5000 milliards de dollars d’obligations à risques de Fannie Mae et Freddie Mac -est sur le point d’éclater. De même, il faut s’attendre à d’importants krachs sur le marché des produits dérivés, avec notamment la JP Morgan qui en détient un portefeuille de 26 000 milliards de dollars, et la Deutsche Bank (11 000 milliards).

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