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La crise de la dette brésilienne sur le point d’éclater

La rédaction
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La monnaie brésilienne a plongé le 12 juin alors que des rumeurs sur l’imminence d’une cessation de paiements se répandaient sur les marchés internationaux. Ce jour-là, une adjudication de bons du Trésor à quatre mois a tourné au désastre, le gouvernement n’ayant pas pu récolter les 2 milliards de reals dont il avait urgemment besoin pour refinancer la dette arrivant à échéance. Dans la seule journée du 12 juin, le real a chuté de 2,8 % par rapport au dollar, ce qui donne une baisse de 16 % depuis deux mois. Le taux de risque-pays a atteint 1300 points, juste derrière l’Argentine et le Nigeria. Le 7 juin, le quotidien argentin Clarin notait que le Brésil était « entré dans une situation d’urgence financière », parce qu’il ne serait pas en mesure, dans les circonstances actuelles, « d’honorer ses engagements étrangers dans les mois à venir ». En outre, les entreprises brésiliennes détiennent pour 11 milliards de reals de dettes libellées en devises étrangères, qui arrivent à échéance d’ici la fin de l’année. Sont particulièrement menacés des géants comme la compagnie pétrolière publique Petroleo Brasileiro, la banque commerciale publique Banco do Brasil et Usinas Sidergicas, du Minas Gerais, la principale société du deuxième groupe sidérurgique brésilien.

Si le capital fuit le Brésil et si les créanciers refusent de rééchelonner la dette en des termes raisonnables - ce qui a commencé à se produire pendant les premiers jours de juin - la pyramide de la dette brésilienne pourrait imploser encore plus vite que celle de l’Argentine. Fin avril, on annonçait que la dette publique « intérieure » s’élevait en tout à 243 milliards de dollars (633 milliards de reals), environ un quart de cette somme devant être remboursé dans les douze mois à venir. Une grande partie de cette dette est liée au dollar et augmente automatiquement chaque fois que le real chute. Au cours de 2001, le pourcentage de la dette « domestique » publique liée au dollar est passé d’environ 20 % à quelque 30 % de la dette publique totale. Les économistes brésiliens ont récemment estimé que pour mai 2002, ce pourcentage pourrait avoir atteint les 45 %. De plus, la dette gouvernementale officielle du Brésil est de 274 milliards de dollars. Selon les chiffres de la Banque centrale, le Brésil a déboursé en 2001 plus de 33 milliards de dollars en intérêts sur sa dette publique, soit 7,6 % du PIB du pays.

Afin de « calmer les marchés », le président de la Banque centrale, Arminio Fraga, et le ministre des Finances, Pedro Makan, ont annoncé le 13 juin un train de mesures d’urgence, comprenant l’abaissement du plancher des réserves en devises étrangères, qui passe ainsi de 20 à 15 milliards de dollars, pour permettre à la Banque centrale d’intervenir plus énergiquement en défense de la monnaie, ainsi que le recours aux 10 milliards de dollars restants de la ligne de crédit du FMI. Mais la pièce centrale de ce paquet est la décision suicidaire d’augmenter l’excédent du budget public, qui doit passer cette année à 3,75 % du PIB par rapport aux 3,5 % prévus. Cela veut dire imposer davantage d’austérité à la manière du plan de « déficit zéro » de l’Argentine qui a mis ce pays au bord de la désintégration politique, financière et économique.

Le Brésil étant un débiteur bien plus considérable que l’Argentine, l’inquiétude ressentie dans les banques centrales du monde est grande. Une source de la City de Londres craint que si les « acteurs du marché se rendent subitement compte de ce qui se passe au Brésil, le real sera attaqué, ce qui accélèrera à son tour le processus d’effondrement. » Il est vrai que les banques américaines sont beaucoup plus exposées au Brésil qu’elles ne le sont en Argentine.

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