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La déroute de Netanyahou aux élections israéliennes

La rédaction
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Après sa cuisante défaite aux élections du 28 mars, Benjamin Netanyahou, qui était le favori de Dick Cheney et George Shultz, doit rendre des comptes. Il a en effet mené le Likoud, parti au pouvoir pendant la majeure partie des trois dernières décennies, vers l’abîme politique : il n’a remporté que 12 sièges sur les 120 de la Knesset.

Cette débâcle est moins due à ses positions politiques extrémistes qu’à la politique économique ultralibérale, incarnée par Netanyahou, qui a été imposée à la population israélienne. « Les résultats électoraux représentent avant tout la victoire du projet de bien-être social et civique, qui intéresse plus les électeurs dans leur vie quotidienne que les mesures de sécurité et de politique étrangère », commentait Ruth Sinai, journaliste au quotidien Ha’aretz. L’échec de Netanyahou « constitue une expression claire du dégoût public pour la politique économique défendue par le Likoud depuis 2002, période au cours de laquelle deux millions et demie d’Israéliens sont passés en-dessous du seuil de pauvreté. (...) L’électeur israélien a du mal à comprendre pourquoi on a importé des Etats-Unis des idées néo-conservatrices pour les appliquer ici à une société bien différente. »

Le parti Kadima est arrivé en tête avec 29 sièges - loin donc d’être le « super parti » que prédisaient les sondeurs et autres manipulateurs d’opinion. L’électorat n’a pas oublié que l’actuel président du parti, Ehud Olmert, avait bel et bien appliqué les réformes économiques de Bibi lorsqu’il était ministre des Finances, et il n’a pas cru non plus à son intention affichée d’« établir unilatéralement les frontières d’Israël ».

Le « bloc social » conduit par le Parti travailliste et dirigé par Amir Peretz, ancien président de la centrale syndicale Histadrout, a remporté 19 sièges. Le Shas, qui représente les sépharades orthodoxes, a obtenu 12 sièges et le nouveau Parti des retraités, 7 sièges. Le succès du Parti travailliste est dû au fait que Peretz a mis en avant la question socio-économique et qu’il est actuellement en « position d’être un facteur décisif dans le prochain gouvernement », commentait une source proche du nouveau chef des travaillistes. Même si ces derniers ont remporté moins de sièges qu’ils ne l’espéraient, ils ont réussi, avec leur nouveau Président, à créer une nouvelle formation, un parti social-démocrate. Si le départ de Shimon Pérès pour rejoindre Kadima avait provoqué une scission et, par là même, la perte de quelques mandats parlementaires, en revanche, Peretz a permis au parti de gagner de nouveaux mandats là où il n’avait pas de base jusque-là, notamment dans la communauté sépharade et les villes relativement pauvres de la périphérie.

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