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La diplomatie mise à contribution pour éviter une attaque contre l’Iran

La rédaction
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Bien que les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la France fassent pression sur l’Agence internationale à l’énergie atomique (AIEA) pour qu’elle soumette au plus vite le « dossier iranien » au Conseil de sécurité de l’ONU, lors de la réunion de ses dirigeants le 2 février, on ne sait pas si elle le fera. Le directeur de l’AIEA, Mohamed ElBaradai, a en effet déclaré au Financial Times du 20 janvier qu’il ne céderait pas aux pressions politiques lui demandant de préparer un rapport condamnant l’Iran, en vue de la rencontre de février. Par contre, il soumettra, comme prévu, un rapport à la réunion du 6 mars. Il dit avoir informé Téhéran qu’il a jusqu’à la fin du mois prochain pour coopérer avec les inspecteurs, ouvrir les sites et fournir la documentation voulue. Si le gouvernement iranien refuse, il en fera alors état.

Par ailleurs, la Russie est bien décidée à trouver une solution négociée, centrée sur sa proposition d’installer un site d’enrichissement de l’uranium irano-russe sur le territoire russe. Bien que les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la France aient rejeté la demande iranienne de reprise des pourparlers, le ministre russe des Affaires étrangères Sergei Lavrov a déclaré que les sanctions n’étaient « pas le meilleur moyen, et en aucun cas le seul, susceptible de résoudre les problèmes internationaux ». Les sanctions contre l’Irak ont échoué, fit-il remarquer, et toute discussion sur des sanctions contre l’Iran aujourd’hui reviendrait à mettre la charrue avant les bœufs. « Je ne pense pas que l’on ait épuisé les capacités de la direction de l’AIEA et la troïka européenne pense de même », dit-il.

Concernant l’idée d’enrichissement conjoint, le président Vladimir Poutine a déclaré devant la chancelière allemande Angela Merkel, en visite à Moscou, qu’il procédait avec prudence. « Nous devons agir avec beaucoup de précaution dans ce domaine. Personnellement, je ne me permets aucune annonce irréfléchie et n’autorise pas le ministère des Affaires étrangères à entreprendre une seule démarche incertaine. Nous devons travailler avec soin sur le problème nucléaire iranien, sans nous permettre de faux pas, sans précipitation. »

Dans une interview accordée le 12 janvier, le négociateur iranien Ali Larijani a déclaré que la proposition russe représentait une bonne base de négociations qui pourrait continuer le mois prochain à Moscou. La Russie, souligna-t-il, reconnaît à l’Iran le droit d’enrichir l’uranium. Le 17 janvier, l’ambassadeur iranien à Moscou, Gholam-Reza Ansari, déclara que c’était « une bonne initiative pour trouver une issue ». De sources iraniennes, cette déclaration équivaut à une acceptation de la proposition russe.

Le 19 janvier sur la BBC, Larijani déclara que l’Iran serait prêt à discuter des inquiétudes que soulève son programme et à offrir des garanties. « Nous n’avons pas fermé la porte au compromis. (...) Pour obtenir du combustible nucléaire, il existe de nombreuses méthodes et formules, nous pouvons continuer à négocier et à saisir différentes opportunités qui se présentent dans le monde. »

Concernant le programme iranien, il s’est montré conciliant : « S’ils veulent des garanties de non détournement du combustible nucléaire, on peut trouver une formule acceptable des deux côtés », mais l’Iran n’abandonnera pas ses recherches. « Ils ne devraient pas demander à une nation courageuse, avec de très bons chercheurs, de ne pas s’engager dans des recherches », dit-il.

La Chine, qui importe du pétrole iranien, résiste elle aussi aux pressions pour transférer le dossier au Conseil de sécurité. Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Kong Quan, a estimé que « toutes les parties concernées devraient continuer à faire preuve de retenue et s’en tenir à résoudre la question du nucléaire iranien au moyen de négociations ».

Les sanctions contre l’Iran risquent de provoquer un retour de flammes

Si le Conseil de sécurité devait imposer des sanctions à l’Iran, comme l’ont fait remarquer les dirigeants iraniens, les plus touchés seraient les consommateurs de pétrole. Avec 10 % des réserves pétrolières mondiales, l’Iran est le deuxième producteur au sein de l’OPEP et il exporte les deux-tiers de sa production - quatre millions de barils par jour - principalement vers le Japon, la Chine et d’autres pays asiatiques. Dans le cadre d’éventuelles sanctions internationales, on pourrait suspendre les importations de pétrole iranien, mais une telle mesure créerait à coup sûr une pénurie sur le marché mondial, faisant monter en flèche le prix de l’or noir. Selon Mohamed-Ali Zainy, du Centre des études énergétiques globales de Londres, « ce serait désastreux, on ne peut pas se le permettre. » Les experts estiment que le prix du baril pourrait alors atteindre les 100 dollars.

En effet, si l’Iran se retrouve privé de ses exportations, aucun autre pays producteur de pétrole ne sera en mesure de combler le manque à gagner. Sachant cela, l’Iran a anticipé les événements, en demandant à l’OPEP de réduire la production, ce qui a fait grimper le prix du brut à 69 dollars le baril. En outre, le gouverneur de la Banque centrale d’Iran, Ebrahim Sheibani, a annoncé le 20 janvier que des avoirs seraient transférés « vers des pays d’Asie du Sud-Est, (...) des pays que nous considérons comme sûrs ». Certains estiment qu’avec ses avoirs, l’Iran acherait de l’or.

Il y a un autre aspect dont il faut tenir compte. La Bourse iranienne du pétrole (IOB) devait ouvrir en mars 2006. Dans le cadre du Troisième plan de développement iranien (2000-2005), il a été décidé de créer un marché des dérivés financiers du pétrole et de facturer les contrats énergétiques en euros, plutôt qu’en dollars. Ce plan, selon son chef de projet Mohamed Javad Assemimpour, devrait faire de l’Iran le centre des accords pétroliers de la région. L’IOB pourrait concurrencer l’International Petroleum Exchange de Londres et le NYMEX de New York, qui tous deux négocient en dollars.

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