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La faillite politique de Tony Blair

La rédaction
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Le Premier ministre britannique ressemble à homme enlisé dans les sables mouvants, qui, en essayant frénétiquement d’en sortir, s’enfonce d’autant plus vite. Ses « victoires » de la semaine du 26 janvier ont fait long feu. Après que le rapport de Lord Hutton l’eût blanchi de toute responsabilité dans les circonstances ayant conduit à la mort de l’expert en armements, David Kelly, M. Blair est apparu en triomphe devant le Parlement le 29 du mois, pour déclarer que les faits lui avaient donné entièrement raison et pour exiger des excuses de ses détracteurs. En somme, selon le Premier ministre, le moment était venu de clore tout débat sur l’Irak.

Pourtant, à peine quelques jours plus tard (le 3 février), il annonçait au Parlement l’ouverture d’une nouvelle enquête sur la question des armes de destruction massive irakiennes, dont les délibérations resteraient secrètes et porteraient essentiellement sur les « échecs des services de renseignement ». Les raisons de cette étonnante volte-face : d’abord, les développements outre Atlantique, où le président Bush s’est vu contraint d’annoncer la création d’une commission pour examiner la question des ADM irakiennes, et ensuite, le retour de flamme du rapport Hutton en Grande-Bretagne même. Dans toute la classe politique, la communauté du renseignement et même parmi la population, l’on ne s’est pas privé de dénoncer le rapport comme une tentative éhontée de « blanchiment ».

Selon des sondages publiés en fin de semaine, 70% des personnes interrogées pensent que la nouvelle enquête sera tout aussi truquée. A cours d’une discussion avec l’EIR, l’historien Corelli Barnett nous a déclaré : « Tous les arguments qui ont servi de prétexte à la guerre en Irak ont volé en éclats. Une nouvelle enquête qui se limiterait à examiner seulement la qualité des renseignements ne servirait à rien. Les vraies raisons du désastre actuel doivent être recherchées dans la façon dont le gouvernement a utilisé ces renseignements.

(...) Ils voulaient la guerre et ils se sont appuyés sur des éléments de preuve falsifiés pour que la Grande-Bretagne entre en guerre. Nous venons de subir le rapport Hutton, conçu depuis l’origine pour circonscrire les dégâts. (...) Que l’on ait blanchi le gouvernement est évident - plus intéressant est le fait que le pays semble d’accord pour s’en apercevoir ! La méfiance vis-à-vis du gouvernement s’est creusée. Le rapport a affaibli la possibilité de monter un autre exercice de limitation des dégâts, lors de la nouvelle enquête . »

Le 4 février, le gouvernement britannique a encaissé deux nouveaux chocs. D’abord, la divulgation par l’ancien chercheur du Service de renseignement de la Défense (SIS), Brian Jones, d’un dossier du gouvernement datant de septembre 2002 sur les ADM irakiennes (voir ci-dessous). Ensuite, en réponse à un député de l’opposition, Tony Blair déclara qu’au moment où éclata la guerre, il ignorait que la prétendue capacité iraquienne de déployer des ADM en 45 minutes se rapportait à des armes tactiques de champ de bataille. Or l’argument décisif du dossier, repris à la une de tous les tabloïds, était précisément que des ADM puissent être déployées en l’espace de 45 minutes contre des troupes britanniques à Chypre et peut-même contre le sol britannique.

L’ancien ministre de la Défense Geoff Hoon et l’ancien ministre du Cabinet Robin Cook, qui avaient tous deux démissionné pour protester contre la guerre, ont précisé qu’ils savaient parfaitement à quoi faisait référence cette mention de 45 minutes. Selon la presse britannique, les services de renseignement avaient bel et bien informé le Premier ministre de la différence. Le doyen de la Chambre des communes, Tam Dalyell, a déclaré le 5 février que le Parlement n’aurait sans doute pas approuvé la guerre le 18 mars 2003 s’il avait connu la vérité sur les armes irakiennes. Sur ce, le chef des Tories, Michael Howard appela à la démission de Blair.

A Londres, un observateur informé déclarait à l’EIR le 6 février que l’Angleterre pourrait bientôt affronter une crise très grave. Imaginons que Blair reconnaisse qu’il ait menti, tout en refusant de démissionner. Cela mettrait à bas la tradition constitutionnelle, où un Premier ministre qui ment au Parlement doit démissionner. « Ce serait une situation sans issue... Y aurait-il une insurrection militaire ? (...) Blair, en se cramponnant à son poste, ne fait que s’enfoncer un peu plus. Il est assiégé. Il a perdu la confiance du public. Il ne pourra pas balayer d’un revers de la main les conséquences de ses mensonges sur l’Irak. Au contraire ! Dans les hautes sphères, certains voudront à tout prix braquer les projecteurs sur ce drame politique . »

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