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La « guerre au terrorisme » menace le Pakistan

La rédaction
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Ces dernières semaines, la couverture médiatique sur le Pakistan s’est limitée à la manière dont le président Moucharraf et l’armée répriment les aspirations démocratiques du peuple, sans dire un mot de la situation quasi-désastreuse dans la partie occidentale du pays, à la frontière avec l’Afghanistan, où les troupes américaines et l’OTAN mènent des opérations militaires contre les talibans. On assiste clairement à une partie du grand jeu britannique visant à démanteler le Pakistan.

L’ouest du pays est devenu pratiquement ingouvernable, les talibans s’étant emparés de commissariats de police et autres organismes clés dans plusieurs villes du Swat, à la frontière afghane. Pour l’Armée pakistanaise, la seule institution fonctionnelle qui reste, il ne reste que deux options. La première, soutenue par le gouvernement Bush-Cheney, consiste à lancer une guerre totale contre les peuples tribaux, désormais soutenus par les militants opposés aux puissances occidentales et à Islamabad. Certains d’entre eux ont été créés à l’époque par ces puissances pour combattre l’armée soviétique et d’autres sont des victimes ou sympathisants de la guerre menée depuis six ans par les Etats-Unis et l’OTAN. Ce sont tous des musulmans qui en sont venus à comprendre que la guerre à la terreur est un euphémisme pour désigner la guerre à l’islam. Comme l’armée pakistanaise est à 100 % musulmane, il est presque certain que les soldats refuseront de combattre, comme c’est déjà le cas dans le Swat. Mais même si l’Armée pakistanaise s’engage pleinement contre les militants sur ce terrain extrêmement difficile, la « victoire » pourrait très bien lui échapper, même à l’issue de plusieurs années de combat. La situation serait intenable et une guerre civile presque certaine.

La deuxième option est tout aussi inacceptable. Elle consiste à ne pas intervenir dans les zones tribales, laissant pourrir la situation. Dès lors, toute la région à la frontière afghane se transformerait en une nation indépendante contrôlée par les militants. C’est ce que Oussama ben Laden tenta de faire en Somalie, sans succès.

Tout ceci est clairement la conséquence de la politique américaine et européenne en Afghanistan. N’avait-on pas prévu une telle évolution ou s’agissait-il plutôt de partager le Pakistan en deux ? Une partie, à l’ouest de l’Indus, comprendrait les rebelles balouches et les militants du Pushtun, adeptes d’un islam radical et de traditions féodales. Ils deviendraient les « protecteurs » de l’Asie centrale, si leurs contrôleurs décidaient de les utiliser ainsi.

L’autre partie, à l’est de l’Indus, regroupant les provinces de Pundjab et de Sindh, ainsi que la partie du Cachemire sous occupation pakistanaise, serait gouvernée par des Pakistanais « laïcs » et « démocratiques », pratiquant une forme d’islam libéral et ouvert à la mondialisation et au libéralisme économique. Il s’agit, dans le fond, de la vieille formule coloniale britannique pour garder le contrôle sur des endroits stratégiques, comme les champs pétroliers et gaziers. Sous cet angle, la présence britannique dans la région et sa promotion de Benazir Bhutto représentent un facteur inquiétant.

Il est évident que les moyens militaires ne résoudront pas la menace qui s’étend le long des frontières pakistanaises occidentales, bien que les néoconservateurs américains autour de Dick Cheney réclament une telle « solution ». Cette région du monde a besoin d’une solution politique qui s’attaque à divers problèmes, notamment la présence en Afghanistan de plus de 40 000 soldats de forces étrangères, la production massive d’opium, au nez de ces mêmes troupes, et une politique économique qui profite à une poignée de Pakistanais anglophones.

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