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La « lettre piégée » d’Ahmadinejad à Bush

La rédaction
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Selon Lyndon LaRouche, la missive de dix-huit pages adressée par le président iranien à son homologue américain est une « lettre piégée ». S’adressant au chrétien Bush, l’auteur l’interroge sur la cohérence entre ses croyances et ses actes, par exemple dans la guerre d’Irak. Il aborde aussi le traitement des détenus à Guantanamo Bay et les dessous des cartes concernant les attentats du 11 septembre 2001, avant de conclure en rappelant que tous les dirigeants politiques devront rendre compte de leurs actions.

Etant donné le profil psychologique du président américain, il était clair qu’il rejetterait ce geste sans précédent qui, sans appeler explicitement à des entretiens directs, reflétait une certaine ouverture de la partie iranienne. Par son refus, Bush se discrédite encore un peu plus. En effet, des dirigeants politiques du monde entier l’ont appelé à ouvrir le dialogue, parmi lesquels on peut citer, pour les Etats-Unis, les sénateurs John McCain, Richard Lugar, Chuck Hagel, l’ancienne secrétaire d’Etat Madeleine Albright, les anciens conseillers à la sécurité Zbigniew Brzezinski et Sandy Berger. Le secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, a fait de même. L’initiative iranienne a peut-être été soutenue par des forces russes ou allemandes, voire coordonnée avec elles.

Peu après la publication de cette lettre, Hassan Rowhani, ancien chef du Conseil national de sécurité iranien et actuel représentant de l’ayatollah Khameinei à ce conseil, a envoyé une lettre au magazine Time proposant, à titre personnel, un programme en huit points pour une solution négociée au conflit. Il propose que l’Iran contribue activement à mettre en place un régime de contrôle international crédible sur le plan technique, qu’il ratifie le Protocole supplémentaire prévoyant des inspections inopinées et accepte une limite sur le niveau d’enrichissement de l’uranium. Le fait que l’Iran soit prêt à accueillir d’autres pays dans un consortium offre une assurance de plus de la nature pacifique de son programme nucléaire. L’Iran « n’a pas l’intention de passer outre les décisions du Conseil de sécurité ».

Rohwani écrit que le Conseil de sécurité doit charger l’AIEA d’établir un processus de négociations sur une période déterminée et formuler un plan crédible prenant en compte les suggestions contenues dans sa lettre. « L’Iran est prêt à collaborer avec l’AIEA et tous les Etats concernés pour instaurer la confiance dans son programme de combustible. Mais on ne peut pas attendre de l’Iran qu’il cède face aux intimidations des Etats-Unis et à leur politique de "deux poids, deux mesures". »

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