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La mise à mort de la Grèce ne ressuscitera pas l’euro !

La rédaction
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4 mai 2010 (Nouvelle Solidarité) — Les dirigeants de l’Union européenne sont passés à l’acte en ce weekend du 1er mai. Ils ont imposé au peuple grec, comme les marchés financiers et les banques privées l’exigeaient depuis des mois, une cure d’austérité draconienne. Il n’a pas fallu plus de quelques mois de crise pour que les dirigeants européens acceptent de devenir les bourreaux de l’ordre financier international en imposant une thérapie de choc aux peuples et non aux banques responsables de cette crise. De plus, cette immolation de la Grèce sur l’autel d’un ordre financier démentiel, est censée avoir valeur d’exemple pour tous les autres peuples d’Europe. Le message est : n’essayez pas de vous battre, vous êtes pris au piège des marchés financiers !

Concrètement, le gouvernement grec a accepté de réduire ses dépenses de 30 milliards d’euros en trois ans. Principales mesures devant permettre la chute brutale du déficit de près de 14 % en 2009 à moins de 3 % en 2014 : élimination des 13e et 14e mois de salaires et de retraites, hausse de la TVA de 21 à 23% (alors qu’elle avait déjà augmenté de 2% en mars), augmentation de 10% des prix des tabacs, alcools et combustibles, passage de 37 à 40 annuités de cotisation pour la retraite des fonctionnaires et âge minimum de départ à la retraite fixé à 60 ans. Notons que d’ores et déjà, on sait que ces mesures provoqueront une chute de 4 % du PIB cette année. Dès lors, par quel miracle compte-on obtenir que la Grèce rembourse son crédit ? N’est-on pas là devant la politique du Traité de Versailles qui imposa à l’Allemagne des sanctions très lourdes tout en lui retirant tous moyens de les payer ?

Or, ce plan de sauvetage de 110 milliards d’euros sur trois ans n’est qu’un seau d’eau jeté sur un volcan déjà en éruption. Car, selon les statistiques de la Banque des règlements internationaux, l’ensemble de la dette des pays du « Club Med » – Grèce, Espagne, Italie – entre eux et envers leurs trois principaux débiteurs que sont la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni, serait de 3900 milliards de dollars ! Cette dette est absolument impayable, ou alors il faudra faire appel à des régimes dictatoriaux pour l’imposer. Et c’est bien la direction que semblent prendre les actuels dirigeants de l’Union européenne.

Hormis Jacques Cheminade et Solidarité & Progrès, qui dénoncent depuis longtemps le danger que cette crise se mue en fascisme financier, peu de voix se sont élevées pour dénoncer la folie de cette prétendue « solidarité » avec la Grèce.

Alors que le Parti socialiste a voté en faveur du projet de l’UMP, Jean-Luc Mélenchon s’est dit« très inquiet » que ce plan « d’une cruauté extraordinaire » ne conduise Athènes vers « l’implosion politique et économique ». Comme S&P, le dirigeant du Parti de Gauche s’est étonné que le Parti socialiste compte présenter Dominique Strauss-Kahn comme candidat à la présidence : « Il ne peut pas gagner ! Les gens vont se dire : pourquoi on fait venir ce type qui a torturé à mort les Bulgares, les Hongrois, les Grecs ? » Autres voix qui ont voté contre le plan « d’aide », le Parti communiste qui a lancé une pétition en ligne et Nicolas Dupont-Aignan (Debout la République), pour qui l’austérité imposée à la Grèce risque de « tuer » ce pays.

Enfin, ce qui choque le plus est l’hypocrisie des gouvernements européens, qui ont fait passer ce renflouement éhonté des banques comme un plan « d’aide » à la Grèce. Car, selon les statistiques de la BRI, les banques françaises auraient une exposition à la Grèce d’environ 75 milliards de dollars, contre 45 milliards pour les allemandes.

Dans la « panique » de l’éclatement de la zone euro, les « marchés » n’ont d’ailleurs pas hésité à formuler pleinement leurs exigences. Piero Ghezzi, l’économiste en chef de la banque Barclays, l’équivalent européen d’un Lehman Brothers, déclarait dans le New York Times du 28 avril, que pour « satisfaire les marchés, le montant devrait être énorme. 90 milliards d’euros pour la Grèce, 40 milliards pour le Portugal et 350 milliards pour l’Espagne. Là, nous parlons de montants adéquats ». L’article du Times évoque alors « un nombre croissant d’analystes qui suggèrent que ce qu’il faut est un montant provoquant "choc et effroi" [shock and awe, en anglais], quelque chose de semblable à la décision de l’administration Bush de fournir 700 milliards de dollars pour renflouer les institutions financières américaines au point culminant de la crise de 2008 ».

Cette proposition fut aussitôt reprise par Bloomberg. Mais c’est Simon Johnson, ancien économiste du FMI, qui a bien compris d’où venait ce vent de panique qui a saisi la zone euro au plus fort de cette dernière crise : « Certains parlent de panique » ces dernières heures, mais il s’agit plutôt de « banquiers qui tapent du poing sur la table à travers toute l’Europe, exigeant que les gouvernements viennent les renflouer – ou amènent le FMI à faire la même chose. Nous voyons à nouveau approcher le moment où le secteur financier va hurler : sauvez nous tous ou bien vous ferez face à un effondrement économique global ! »

Face à ces menaces, S&P appelle au contraire les Français à rejoindre sa lutte pour une Commission Pecora permettant de juger les responsables de la crise, et en faveur de l’adoption d’un Glass/Steagall à la française.


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Article : Notre plan anti-crise : un "Glass-Steagall global"


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