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La pauvreté et la précarité économique en augmentation aux Etats-Unis

La rédaction
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A moins de trois semaines de l’élection présidentielle, deux nouvelles études sur la condition des « oubliés » en Amérique viennent d’être publiées : l’une d’elles se penche plus spécialement sur le nombre considérable de « travailleurs pauvres » (39 millions), l’autre sur l’insécurité économique des familles américaines.

La première, réalisée par les fondations Ford, Rockefeller et Annie E. Casey, arrive à cette conclusion choquante : « Trop de familles en activité [comportant au moins un salarié] luttent pour joindre les deux bouts, se hisser dans la classe moyenne et garantir un avenir à leurs enfants ». Selon ce rapport, « plus de 25 % des familles en activité peuvent être classées dans la catégorie à « faibles revenus" », c’est-à-dire que 39 millions d’Américains ont à peine assez d’argent pour subvenir aux besoins minimums comme le logement, la nourriture et la crèche. Ce chiffre inclut 20 millions d’enfants de moins de 18 ans. En 2002, note-t-elle, plus de 9,2 millions de familles américaines (27,4%) appartenaient à la catégorie « à faibles revenus », ce qui veut dire que leurs revenus étaient inférieurs au double du seuil de pauvreté officiel. « A l’échelle nationale, près d’un tiers de tous les enfants appartiennent à une famille en activité à faibles revenus . »

L’étude constate que « notre système économique permet que des millions d’Américains qui ont un emploi restent cependant pauvres ». En 2002, 28 millions d’emplois - un sur cinq - concernaient un métier où le salaire moyen était inférieur à 8,84 dollars de l’heure, c’est-à-dire que le salaire annuel se situait en dessous du seuil de pauvreté défini pour une famille de quatre personnes. Avec le salaire minimum actuel - qui est de 5,15 dollars de l’heure - un salarié à temps plein ne gagne pas assez pour franchir ce seuil avec une famille de trois personnes. En 2003, un smicard américain ne gagnait sur une année que 74% de la somme définissant le seuil de pauvreté.

Pour les auteurs de l’étude, cette situation est due avant tout à la fermeture d’usines et donc à « la suppression des emplois qui offraient souvent la voie la plus sûre vers la prospérité de la classe moyenne ». Dans l’Ohio, par exemple, 19,5% des emplois sont rémunérés à un niveau inférieur au seuil de pauvreté. 60% des sans-emploi ne perçoivent aucune allocation chômage et 26,2% des familles en activité ont de faibles revenus.

Le rapport reproche au gouvernement fédéral de ne pas faire assez pour « améliorer les perspectives économiques des familles à faibles revenus » et lui suggère les actions suivantes :

  • investir dans l’éducation et la formation des familles en activité ;
  • améliorer les revenus, les allocations et les subventions aux familles en activité à faibles revenus et augmenter le nombre d’emplois bien payés ;
  • redéfinir la pauvreté de manière plus réaliste ;
  • lancer un débat national en créant une commission chargée d’étudier les raisons pour lesquelles tant de salariés restent financièrement dans le besoin.

Un autre aspect de la crise économique est abordé dans un rapport publié dans le Los Angeles Times du 10 octobre : l’insécurité économique croissante des familles américaines. Dans son article, basé sur une étude de l’université du Michigan, Peter Gosselin note qu’au cours des vingt-cinq dernières années, le filet de sécurité financé par le gouvernement et les employeurs - créé dans le cadre du New Deal de Roosevelt et renforcé jusqu’à la présidence Nixon - a été progressivement démantelé, pour transférer de plus en plus les risques financiers vers les salariés, sous couvert de dérégulation, de réductions des aides sociales et d’« économie de marché ». Cette dérive, combinée à la perte d’emplois industriels, a augmenté la précarité financière des familles en activité.

Dans les années 70, selon cette étude, les revenus annuels des familles des tranches moyennes ont augmenté de 2% ; dans les années 80, ils ont diminué de 0,3%, puis, au début des années 90, de 2,3%. Quant aux soins médicaux, près de 18 millions de personnes ont perdu la couverture fournie par les régimes d’entreprise et doivent payer les frais médicaux sur leurs propres deniers. Depuis 2000, les cotisations versées par les salariés ont grimpé de 50%. Pour ce qui est des retraites, alors que près de 40% des salariés à temps plein dans le privé avaient un plan traditionnel, ils ne sont plus que 20 % aujourd’hui. Au milieu des années 70, les chômeurs avaient droit jusqu’à quinze mois d’allocations, aujourd’hui cela se réduit qu’à six mois. Quant à la formation professionnelle, les dépenses fédérales pour ce secteur ont été sabrées - passant de 27,3 milliards de dollars à 4,4 milliards.

Quelle politique économique - et qui - a déchiré ce filet de sécurité ? « A partir de la fin des années 70 », constate le rapport, les pouvoirs publics ont commencé à « déréguler les industries, à réduire les dépenses sociales et à promouvoir l’idéal du marché ». C’était dû en majeure partie à « l’influence de l’économiste Milton Friedman, de l’écrivain George Gilder, et du rédacteur du Wall Street Journal Robert Bartley ».

En raison des difficultés financières des familles américaines, de plus en plus de femmes arrivent sur le marché du travail et la dette des ménages a fortement augmenté. « Aujourd’hui, plus de 70% des mères de famille travaillent hors de leur domicile, contre 40% dans les années 70. » La dette des ménages représente 120 % des revenus après impôt, contre 62% il y a vingt-cinq ans. Par conséquent, le nombre de faillites de particuliers a sextuplé depuis 1980.

Le Wall Street Journal demande du sang

Dans son éditorial du 12 octobre, le Wall Street Journal propose que les soins médicaux ne soient plus considérés comme un « droit », mais comme un « bien rare », au même titre que n’importe quel produit. Etant donné que, pour le quotidien de Wall Street, les dépenses de santé doivent inévitablement être « rationnées », autant le faire dans l’esprit du libéralisme, en laissant à chacun le choix de couper là où il veut. L’éditorial estime que les régimes d’assurance d’entreprise, une « relique de la Deuxième Guerre mondiale », doivent être supprimés, tout en déplorant, dans le système actuel, les dépenses « excessives » sur la médecine préventive.

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