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La piraterie internationale rapporte surtout à la City de Londres

La rédaction
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10 février 2009 (Nouvelle Solidarité) – Sur le site Lloyd’s List du fameux assureur maritime britannique, on trouve un article annonçant que « la piraterie continuera à poser un sérieux problème dans le golfe d’Aden dans le proche avenir », d’après l’estimation d’un consultant du nom de Matthew Burnford, ancien officier de l’armée britannique.

A l’heure actuelle, les pirates « somaliens », opérant surtout en petites équipes à partir des ports de la région semi-autonome du Puntland, tiennent quelques 11 bateaux et 210 marins en otage en attente d’une rançon.

Si initialement on a pu croire qu’il s’agissait de pêcheurs désespérés voulant se venger sur ceux qui viennent verser des déchets toxiques dans leurs eaux de pêche, le profil des opérations actuelles indiquent que la piraterie n’est qu’un des sommets d’un énorme iceberg dont Londres est le centre.

Entre 2003 et la fin de 2008, pas moins de 1845 actes de piratage furent constaté dans le monde, mais ce chiffre pourrait très bien avoisiner le double, tant les propriétaires des bateaux sont réticents à rapporter les attaques par crainte de voir exploser les primes d’assurance.

Aujourd’hui, la Lloyd’s possède un Joint War Committee (JWC) (Comité conjoint de guerre) qui représente « les intérêts de ceux qui assurent la guerre et les risques assimilés au sein du marché londonien ». Le comité publie régulièrement la liste des « zones de guerre » obligeant en retour ses clients à payer des primes supplémentaires pour assurer tout passage par ces endroits à risque.

En décembre 2008, afin de contourner ces endroits et d’éviter les surcoûts, seulement deux gros tankers se sont risqués à passer par le canal de Suez, tandis que 26 autres ont préféré prendre le chemin beaucoup plus long par le cap Bonne espérance. Si Burnford constate que les sommes colossales payées comme rançon (jusqu’à 3 millions de dollars) constituent une forte incitation au piratage, il ne dit rien sur combien cela rapportera aux compagnies d’assurance.

Afin de faire enlever son nom de la fameuse liste noire du JWC, Singapore s’est vu obligée le 13 décembre, d’envoyer au JWC un rapport commandé à l’International Institute for Strategic Studies (IISS) de Londres démontrant que le détroit de Malacca est désormais suffisamment sécurisé.

Notons le fait que le conseiller militaire du JWC de la Lloyd’s n’est personne d’autre que le Maréchal Lord Peter Inge, ancien chef de l’état-major britannique et un des cinq co-auteurs d’un rapport préconisant, comme « nouvelle stratégie de l’OTAN », l’emploi, « à titre préventif », de frappes nucléaires…

Lord Inge est également un des dirigeants d’une grande société militaire privée britannique, Aegis Defence, très impliquée en Irak, et conseiller de BAE. Il est aussi le président de la Pilgrims Society, un club ultra select sous le patronage de la Reine Elisabeth II d’Angleterre, au cœur de la relation « spéciale » anglo-américaine.

Constatons simplement qu’à l’heure où le retrait des troupes américaines d’Irak, ainsi que les compagnies militaires privées qu’elle font travailler sur place, se précise, le nombre d’actes de piratage s’accroît à grande vitesse, créant, comme par hasard, des nouveaux marchés pour les « chiens de guerre ».

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