Solidarité & progrès est un parti politique qui milite pour la paix par le développement économique mondial, contre le féodalisme financier et les idéologies du sol, du sang et de la race. Les informations que nous diffusons visent à vous faire joindre notre combat en le faisant devenir aussi le vôtre.

La campagne
présidentielle
Cheminade 2017
Flash : 2 décembre - La République se rappelle qu’elle a besoin de savants ! Lire Flash : 2 décembre - Sur le renoncement de François Hollande Lire Flash : 2 décembre - François Fillon veut six fois moins de communes et zéro départements Lire
Accueil Actualité
Brèves

La plus grande faillite d’entreprise de l’histoire américaine

La rédaction
visites
1115

Il y a un an, Enron semblait être au sommet du monde. Contrôlant 20 % du marché américain dans ce secteur, ce négociant en énergie s’est livré à une spéculation impitoyable lors de la crise de l’électricité en Californie et figurait parmi les plus grands bailleurs de fonds de la campagne présidentielle de George W. Bush. Aujourd’hui, Enron est en faillite et sa déconfiture est un symptôme de l’état global du système financier.

Un analyste financier nous confiait : « Je suis sûr que les sonnettes d’alarme retentissent en ce moment dans tout le système de la Réserve fédérale en raison des implications considérables de la crise d’Enron. (...) Au-delà de la crise d’une entreprise, je vois dans ses difficultés un signe avant-coureur d’événements à venir. Le nombre de défauts de paiement va augmenter et cela provoquera une série de problèmes nouveaux ayant des conséquences systémiques. »

Depuis la mi-octobre, l’action d’Enron s’est effondrée. Son prix a clôturé à 0,36 dollar le 30 novembre, ce qui donnait une capitalisation d’à peine 272 millions de dollars alors que le 23 août 2000, à son apogée, l’action valait 90 dollars et la capitalisation se situait à 66,5 milliards de dollars. Le 9 novembre dernier, on a annoncé la fusion ou l’acquisition d’Enron par Dynegy. Ce dernier est contrôlé par ChevronTexaco, l’un des quelques « acteurs globaux » dans le secteur pétrolier.

Tout au long du mois de novembre, de nouvelles informations sont apparues sur les déboires d’Enron dans le domaine des contrats sur produits dérivés. Selon des rapports probablement trop optimistes, Enron avait, début octobre, environ 200 milliards de dollars de contrats sur produits dérivés, dont à peu près 10 % prenaient une mauvaise tournure. Il semble qu’Enron négociait non seulement des contrats à terme et des options liés à l’achat et la vente d’énergie mais aussi à des produits dérivés purement financiers- c’est-à-dire que l’on pariait sur les prix d’obligations et d’actions sans parler d’autres instruments financiers plus exotiques. Il semble que ce soit ces dérivés financiers qui aient posé problème.

Tel semble être la raison pour laquelle la Securities and Exchange Commission (SEC) a décidé d’ouvrir une enquête sur Enron. En outre, au moins la moitié des membres du conseil d’administration d’Enron, y compris ceux appartenant au comité d’audit censé représenter les intérêts des actionnaires, auraient des accords financiers directs avec la compagnie. Parmi les membres du comité d’audit, on trouve l’ancien président de la Commodity Futures Trading Commission (CFTC), Wendy Gramm, femme du sénateur républicain Phil Gramm, et lord John Wakeham, le « Mr Fix-it » (« M. l’Arrangeur ») de l’ancien Premier ministre britannique Margaret Thatcher. Le 29 novembre, certains députés ont appelé à l’ouverture d’une commission d’enquête parlementaire sur Enron.

La veille, Standard & Poor’s avait rétrogradé les titres d’Enron au statut junk, déclenchant des dispositions qui rendent impossibles pour elle d’obtenir des délais de paiements sur ses 3 milliards de dollars de dettes. En réaction, Dynegy a annoncé l’annulation de la fusion tout en précisant qu’elle voulait garder la filiale Northen Natural Gas qu’Enron avait offerte en nantissement contre une injection de 1,5 milliard de dollars en liquide au moment de l’annonce de la fusion, le 9 novembre.

Cette chaîne d’événements a interrompu les quelques activités de négoce auxquelles Enron se livrait encore, l’obligeant à fermer son opération de négoce en ligne, EnronOnline, l’unité qui fournissait 90 % de ses profits. A noter que les banques créancières d’Enron, emmenées par CitiGroup et JP Morgan, ne se sont pas précipitées pour renflouer la compagnie ; elles s’efforcent surtout d’y voir clair dans les multiples contrats sur produits dérivés de l’entreprise. Même un dépôt de bilan a peu de chances de sauver Enron dans la mesure où la majorité de ses avoirs servent de nantissement à des prêts.

Encore plus significative est l’inaction de l’administration Bush vis-à-vis de la faillite d’Enron. D’un côté, la chute de la société si étroitement liée à la famille Bush est un embarras pour le Président. De l’autre, on peut se demander si, au-delà de ses problèmes financiers évidents, la direction d’Enron ne s’est pas associée à des activités politiques que l’administration Bush semble considérer comme inacceptables. Au minimum, l’enthousiasme de l’administration Bush pour les politiques de dérégulation, illustrées par les hausses de prix pratiquées par Enron en Californie l’hiver dernier, semble s’être définitivement calmé.

Contactez-nous !