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La politique étrangère de Bradley : rien de nouveau

La rédaction

La « réunion informelle sur la politique étrangère » que Bill Bradley a eue avec des étudiants de l’université de Tufts a révélé que l’opposant au vice-président Al Gore et à Lyndon LaRouche pour l’investiture démocrate n’a rien de substantiel à dire sur le sujet. Il a bien montré qu’il ne contesterait pas la politique de « libre-échange » et de « mondialisation économique » qui constitue le pilier de la politique étrangère américaine depuis l’administration Reagan. Or ce sont ces axiomes-là qui sont à l’origine même des échecs de la politique étrangère du président Clinton.

Dans ses remarques préliminaires, Bradley a exprimé son admiration pour les stratégies de recherche et de planification de la multinationale anglo-hollandaise Shell. Celle-ci, selon lui, a prouvé qu’« il n’y avait qu’un modèle économique au monde, celui qui récompense une politique budgétaire prudente et les marchés ouverts ». Il a vivement soutenu le slogan politique de Shell « TINA » (There Is No Alternative), qui veut dire en français « il n’y a pas d’alternative », avant d’affirmer qu’avec le libéralisme et la « prudence budgétaire », « l’Amérique peut exceller ».

Après cette introduction, les formules de politique étrangère énoncées par Bradley sont devenues de plus en plus primaires. Il a rappelé comment il s’était battu il y a vingt-cinq ans pour la constitution de réserves pétrolières stratégiques aux Etats-Unis, tout en se gardant bien de mentionner la montée brutale des prix pétroliers mondiaux au cours des dernières semaines.

Autre exemple de ses « accomplissements » en politique étrangère : son rôle, il y a quinze ans, dans les négociations de l’Uruguay Round, dans le cadre du GATT. Pendant plus de douze ans, a-t-il déclaré, il s’est engagé dans une tâche herculéenne pour obtenir un accord sur le libre-échange global. Le GATT est le prédécesseur de l’Organisation mondiale du commerce, qui vient de tenir une conférence désastreuse à Seattle.

En évoquant les principales menaces pour les intérêts américains dans le monde, il a dénoncé - comme on pouvait s’y attendre - les « dictatures qui créent des troubles comme l’Irak », la « dangereuse situation dans la péninsule coréenne » et les « terroristes transnationaux ». La Chine n’a été citée qu’une seule fois dans ses remarques, et encore pour mention et non comme thème de politique étrangère.

La presse internationale a surtout relevé ses critiques envers la politique russe d’Al Gore. En fait, Bradley a surtout dénoncé le soutien accordé par l’administration Clinton au président russe Boris Eltsine et à ses proches conseillers, estimant que le gouvernement aurait dû s’efforcer de dialoguer avec le « peuple russe », d’insister davantage sur l’élimination des « armes stratégiques » et d’empêcher les scientifiques russes de s’expatrier vers des « Etats voyous ». Bien que critiquant le fait que les Etats-Unis soient devenus « les missionnaires d’un type particulier d’économie internationale », il n’a pas mentionné une seule fois le FMI ou la « thérapie de choc », et n’a aucunement défini ce qu’il entend par « type particulier d’économie internationale ». Bien que Bradley ait répondu en tout à sept questions, il a lui-même déclaré au début qu’il ne répondrait qu’à certaines questions et la transcription ne permet pas de savoir s’il en a refusées.

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