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La politique étrangère de Bush sévèrement critiquée

La rédaction
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La conférence du Conseil national des relations américano-arabes (National Council on US-Arab Relations - NCEtats-UnisR), qui s’est déroulée à Washington les 30 et 31 octobre, a été le théâtre d’une discussion franche et ouverte sur l’échec retentissant de la politique américaine au Moyen-Orient. Parmi les 300 participants, la délégation saoudienne comptait trois membres du Majliss Ach-Choura (le nouveau Conseil national consultatif qui fonctionne comme un quasi parlement), le prince Turki Al-Fayçal (nouvel ambassadeur saoudien à Washington) et plusieurs dirigeants du monde des affaires.

Quatre anciens ambassadeurs américains en Arabie saoudite figuraient parmi les conférenciers, dont Chas Freeman, à qui revint l’honneur du dernier discours. Il a saisi l’occasion pour dénoncer le gouvernement américain, l’accusant d’avoir provoqué la catastrophe mondiale qui risque de condamner la civilisation. Les trois autres ambassadeurs, Robert Jordan, Walter Cutler et Wyche Fowler (ancien sénateur démocrate de Géorgie), ont tous estimé que l’administration Bush avait torpillé un bon demi-siècle de relations avec l’Arabie saoudite et les pays du golfe Persique. Ils ont également dénoncé la psychose répandue par le gouvernement depuis les attentats du 9 septembre 2001.

Dans ce contexte, signalons les déclarations de l’ambassadeur Al-Fayçal et de Mme Nahed Taher, la première femme saoudienne à diriger une banque arabe. Le prince a mis de côté le discours qu’il avait préparé pour se lancer dans des remarques impromptues, précisant que l’Arabie saoudite rejetterait tout échéancier de « démocratisation » dicté par les Etats-Unis et répondant à des spécifications occidentales. On nous a confié que l’ambassadeur était furieux d’apprendre que les médias américains avaient choisi de passer sous silence la création du Conseil consultatif, chargé de veiller à la succession royale - un pas de géant vers une monarchie constitutionnelle.

Le Prince fit remarquer que les Américains étaient entrés en Irak sans y être invités, mais qu’ils auraient intérêt à ne pas en repartir de la même manière. Il vaudrait mieux, dit-il, consulter les Irakiens et leurs voisins avant d’entreprendre toute nouvelle manoeuvre maladroite et unilatérale. Pour ce qui est de la crise Israël-Palestine, le Prince a été tout aussi franc : les Etats-Unis devraient donner l’exemple et mettre en oeuvre la feuille de route prévoyant la création de deux Etats. Il ne reste plus rien à régler, déclara-t-il, il suffit de respecter l’accord qui a déjà été conclu.

Quant à Mme Taher, elle ne voit aucune raison de maintenir le lien entre le riyal et le dollar américain, puisqu’à l’avenir, le plus gros des exportations pétrolières saoudiennes ira à destination de pays comme la Chine et l’Inde.

Au deuxième jour de la conférence, les spécialistes Anthony Cordesman, Kenneth Katzman et Chas Freeman ont tous attaqué la politique de l’administration Bush, mettant en garde contre les nouvelles guerres qui se profilent à l’horizon comme conséquence de cette politique. Selon eux, il existe un risque réel de guérilla contre les Etats-Unis et Israël à l’échelle mondiale. Le Dr Joseph Moynihan, vice-président régional de Northrop Grumman, basé dans les Emirats, a estimé que les manoeuvres effectuées dans le cadre de la « Proliferation Security Initiative » dans le golfe Persique, sont un rideau de fumée derrière lequel se prépare un incident de type golfe du Tonkin, suivi d’une attaque américaine contre l’Iran.

L’exercice naval en question, impliquant les Etats-Unis et 24 autres pays, a eu lieu le 30 octobre dernier à une trentaine de kilomètres au large des eaux territoriales iraniennes. La cible, selon M. Moynihan, était l’Iran. Bien que des exercices d’inter-opérabilité entre les Etats-Unis et les pays du Conseil de coopération du Golfe ne soient pas exceptionnelles, ce dernier exercice n’avait rien à voir avec l’interception de contrebandiers. « Ciblé » et « tout à fait opérationnel », selon lui, il était destiné à envoyer un message à Téhéran.

Chas Freeman conclut la conférence en ces termes : Quel genre de pays envahirait une autre nation, la détruirait, y mettrait le feu, puis partirait pour laisser son peuple périr carbonisé ou asphyxié dans les flammes ? Freeman rapporta que l’un de ses amis, membre de l’Iraq Study Group, avait récemment déclaré en cercle restreint que les Etats-Unis se trouvent face à une possible catastrophe de dimension mondiale, à cause de ce qui se passe en Irak. Freeman craint que le gouvernement Bush n’applique la même approche à d’autres pays, comme l’Iran. Le désastre militaire qui attend les Etats-Unis au tournant dit-il, serait pire que ce que les Américains ont essuyé au Vietnam.

Selon Freeman, les voisins de l’Irak ne devraient pas permettre à Washington de prendre d’autres mesures - y compris le retrait de leurs forces - sans les consulter. En effet, c’est maintenant qu’il faut exercer les pressions, estime-t-il, car les Etats-Unis vont inéluctablement devoir quitter l’Irak - dans le court terme - en raison du désastre militaire asymétrique provoqué par la guérilla.

Comme bien d’autres, il estime que l’incapacité d’Israël de réaliser la paix avec les Palestiniens et les pays arabes est la principale cause de la radicalisation du monde islamique. Israël sait très bien faire la guerre, mais pas la paix, et les Etats-Unis n’ont rien fait pour la forcer à revenir à la table de négociations. On assiste à un « cycle interminable » de violence et de sang versé, qui fait que la haine se renforce et que chaque nouvelle génération arabe déteste Israël plus que la précédente. Il y a cinq ans, les Etats-Unis ont commencé à payer en sang versé le prix de ce cycle de terreur et continuent de le payer chaque jour sur le théâtre irakien.

Selon Chas Freeman, la proposition de paix présentée par le roi Abdoullah et adoptée à Beyrouth en 2002 offre un cadre approprié pour instaurer un respect mutuel, mais sans une attitude sérieuse et déterminée de la part du gouvernement et des juifs américains, la politique de Washington au Moyen-Orient continuera à se discréditer.

Si les Etats-Unis veulent absolument faire la sourde oreille devant nos amis et associés du Conseil de coopération du Golfe, il ne faut pas s’étonner, dit M. Freeman, de voir convertir cette amitié en mépris, « nous ne pourrons ni gérer ni surmonter la suite de désastres que nous avons nous-mêmes provoquée, ni développer une nouvelle politique plus adéquate. Nous allons payer (....) et très cher, pour cet échec. Il faut éviter un tel dénouement ».

M. Freeman fut le seul orateur à être ovationné. D’ailleurs, le responsable saoudien qui le présenta au public déclara que sans croire à la « réincarnation », il voyait « l’un des Pères fondateurs de la République américaine parmi nous aujourd’hui ».

Le général Odom propose une stratégie de sortie de l’Irak

Dans une tribune libre parue dans le Los Angeles Times du 31 octobre, le lieutenant-général William Odom (cr) estimait que « nous pourrions conduire le Moyen-Orient à la paix - mais seulement si nous cessons de refuser de faire le nécessaire ». Selon lui, les Etats-Unis « ont bouleversé l’équilibre du Moyen-Orient en envahissant l’Irak. Le rétablir nécessite des initiatives audacieuses, dont la première doit être de partir au pas de course ("cutting and running"). Seul le retrait total de toutes les troupes américaines - d’ici six mois et sans réserve aucune - permettrait de sortir de la paralysie qui entrave notre diplomatie. Les plus grands obstacles (...) sont les inhibitions psychologiques de nos dirigeants et du public. »

Selon le général Odom, le public doit rejeter les illusions que lui fournit le gouvernement Bush au sujet de l’Irak. « Il n’est plus possible d’éviter la réalité. Les Etats-Unis sont bien incapables d’empêcher la violence sectaire sanglante en Irak, l’influence croissante de l’Iran dans toute la région, l’extension probable du conflit sunnite-chiite aux Etats arabes voisins, l’arrivée au pouvoir éventuelle de Muqtada Sadr (...) ou d’un autre dirigeant anti-américain à Bagdad. (....) Ces réalités empirent chaque jour que nos troupes restent en Irak. »

Le général propose donc « quatre grandes initiatives ». D’abord, « les Etats-Unis doivent reconnaître qu’ils ont créé une débâcle, ne peuvent stabiliser la région tous seuls et doivent donner aux autres voix au chapitre. » Cette aide doit venir de l’Europe, du Japon, de la Chine et de l’Inde. Ensuite, il faut créer un forum diplomatique pour les voisins de l’Irak, y compris l’Iran. Troisièmement, « les Etats-Unis doivent coopérer de manière informelle avec l’Iran dans les domaines d’intérêt mutuel. » Aucune autre approche ne permettrait « d’améliorer davantage notre position au Moyen-Orient. » Par conséquent, il faut « abandonner nos objections au programme d’armement nucléaire iranien ». Et quatrièmement, « il faut faire des progrès réels sur le dossier palestinien, comme fondement de la paix au Moyen-Orient ».

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