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La pseudo-science au service de la bulle financière

La rédaction
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Lors d’une conférence organisée à la Maison Blanche le 26 juin, le président Bill Clinton, conjointement avec Tony Blair (via satellite), a célébré une soi-disant percée historique dans le décodage du génome humain. En fait, les médias internationaux ont exagéré l’importance de ces travaux inachevés d’analyse biochimique, en les présentant comme le moyen de « résoudre l’énigme de la vie » et le début d’une « révolution médicale » devant déboucher bientôt sur des remèdes contre le sida, le cancer, les maladies cardio-vasculaires et même le processus de vieillissement.

Ce qui a justifié cet « événement », c’est l’annonce faite par Craig Venter, le directeur de Celera, que son entreprise privée de biotechnologie avait réussi à déchiffrer 99 % du génome humain, les 1 % restants devant suivre rapidement. Mais alors, pourquoi ne pas avoir attendu les 100 % pour fêter la « percée historique » ?

La véritable réponse à cette question concerne peu la structure du génome humain, mais plutôt la chute de 30 % de la valeur boursière des firmes biotechnologiques depuis le 16 mars dernier, moment où MM. Clinton et Blair avaient annoncé ensemble que les résultats des programmes de déchiffrage du génome devraient être aussitôt mis à la disposition des scientifiques à l’échelle mondiale au lieu d’être gardés secrets pour des raisons de profits. Cette annonce avait déclenché une chute brutale de l’indice NASDAQ - la deuxième de son histoire, de par son importance - confirmant le rôle grandissant de la bulle biotech au sein de bulle financière globale.

Pendant deux mois, à partir du 16 mars et jusqu’à l’annonce spectaculaire de Venter, les actions de Celera ont continué à baisser, perdant 60 % de leur valeur par rapport à l’apogée de début mars. Celera avait demandé des BREVEts préliminaires pour plus d’un millier de gènes humains. Venter a lui-même déclaré, lors d’une audition au Congrès, qu’environ 50 milliards de dollars de capitaux d’investissement avaient quitté les compagnies biotechniques suite à l’annonce de Clinton et Blair ! Au moment de la conférence du 26 juin, qui a permis d’enrayer temporairement la baisse des actions, le gouvernement américain avait considérablement assoupli sa position en faveur des compagnies privées qui s’empressent de faire BREVEter en toute hâte des gènes « inventés » par la nature il y a des millions d’années !

Par rapport à certaines affirmations pseudo-scientifiques entendues ces derniers temps, nous devons préciser les points suivants, en partant de la réalité scientifique :

1. Les récents progrès dans le décryptage du génome humain ne sont dus qu’à l’utilisation de super-ordinateurs, à l’automatisation de procédés en laboratoire et à divers « trucs » techniques pour accélérer et rendre moins cher un travail d’analyse biochimique qui, en théorie, est possible depuis longtemps : l’analyse de toute la structure linéaire des très grandes molécules d’ADN dans les cellules humaines, ce qui avait déjà été fait depuis longtemps pour certaines parties de l’ADN.

2. Même le séquençage complet des quelque 3 milliards de paires de base constituant le génome humain - et nous en sommes loin malgré l’impression que peuvent donner les médias - ne nous apprendra rien de fondamental sur la signification et la fonction de l’ADN dans le contexte du tissu vivant. Or c’est cette question qui présente le plus grand intérêt biologique et médical.

3. Les parties de l’ADN dont on croit comprendre la fonctionpar exemple, les séquences qui donnent le « code » de la synthèse de protéines spécifiques et d’autres séquences directement liées à ce processus - ne constituent qu’une petite fraction de la molécule totale. On ignore encore la fonction du reste parce qu’elle ne correspond pas aux analogies simplistes des « programmes informatiques », devenues presque hégémoniques parmi les biologistes moléculaires. Loin d’être une « pierre de Rosette », l’ADN en soi est une structure qui n’est intéressante que lorsqu’on la considère dans un processus vivant. L’importance démesurée accordée actuellement au « génome humain » représente une fuite en avant dans une réalité virtuelle mécaniste, ignorant la nature non linéaire des processus vivants qui est pourtant la clef pour comprendre le cancer et d’autres maladies graves.

4. Le déchiffrage et le séquençage de l’ADN peuvent tout de même nous fournir, à moyen terme, quelques bénéfices médicaux considérables, notamment l’identification d’enzymes jusqu’alors inconnus, ainsi que le développement de moyens efficaces pour identifier des modifications génétiques pouvant contribuer au diagnostic et au traitement éventuel de maladies héréditaires et à la prédisposition à certaines maladies. Cependant, ces bénéfices limités - qui n’exigent pas le déchiffrage de tout le génome et ont déjà été recherchés en dehors du projet de génome humain - ne justifient pas la campagne actuelle. Les promesses de trouver un remède général contre le cancer ou le sida grâce au projet du génome ne sont, pour l’instant, que pure spéculation.

Le fait que des millions d’hommes meurent actuellement de maladies qu’il serait facile de prévenir ou de guérir montre l’hypocrisie de ceux qui, comme Craig Venter, prétendent vouloir BREVEter le génome humain pour mieux « combattre la souffrance humaine ». Plus inquiétant encore, on évoque à nouveau de vieilles idées eugénistes - détermination génétique du comportement humain et création de « meilleurs hommes » grâce à la modification génétique - qui avaient été condamnées, à juste titre, suite aux horreurs du nazisme. La coïncidence entre la crise économique et financière et la résurgence de telles idées eugénistes fait ressurgir de bien tristes spectres.

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