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La résistance irakienne se renforce

La rédaction
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Le 19 janvier, tandis que des membres du Conseil de gouvernement irakien (CGI), le proconsul américain Paul Bremer et son homologue britannique Jeremy Greenstock discutaient à New York de l’avenir de l’Irak avec Kofi Annan, ceux qui détermineront réellement le sort de ce pays donnaient une démonstration de force massive à Bagdad : près d’un million de personnes ont défilé pacifiquement dans les rues de la capitale pour protester contre le plan de « transfert » (discuté à New York) et en faveur d’élections libres.

Bien que les médias occidentaux aient plutôt sous-estimé l’ampleur et la composition de la manifestation, des témoignages, ainsi que des reportages en direct dans les médias de langue arabe et farsi, faisaient état d’une participation d’un million de personnes (et non « de dizaines de milliers »), venant de tous les groupes ethniques, religieux et politiques d’Irak (et pas seulement des « chiites »). Les films montraient des sunnites et des chiites parmi les Arabes, ainsi que des Kurdes, des Turkmènes et au moins deux groupes chrétiens. Il semble que des disciples du chiite radical Muktadar al-Sadr s’y trouvaient aussi. Beaucoup de manifestants brandissaient un portrait de l’ayatollah Ali al-Husseini al-Sistani, la plus haute autorité religieuse chiite, et sur d’autres, on voyait l’imam Ali, l’ayatollah Mohammed Bakir al-Hakim et Jésus-Christ, révéré comme prophète. L’événement, dont la sécurité était assurée par la milice du Conseil suprême de la Révolution islamique en Irak, s’est déroulé sans violence. L’armée américaine a eu le bon sens de ne pas intervenir et le CGI, qui se veut le « représentant du peuple », brillait par son absence.

L’importance stratégique de cette manifestation à Bagdad, ainsi que dans d’autres villes, ne doit pas être sous-estimée. L’ayatollah al-Sistani, que beaucoup considèrent à tort comme un « dirigeant chiite », s’érige désormais en dirigeant d’un mouvement national, au-dessus des partis politiques et communautés religieuses et ethniques. (On peut y voir un parallèle avec le cheikh Mohammed Taiq al-Shirazi, qui mena la résistance contre les Britanniques dans les années 1920.) Un analyste nous a confirmé que « al-Sistani représente un mouvement national, non chiite. Ce n’est qu’un début. Si les Etats-Unis ne cèdent pas en autorisant des élections libres, cela mènera à "al Djihad" et ce sera la fin de M. Bush . »

Al-Sistani insiste plus que jamais sur des élections libres et transparentes et il rejette sans compromis le plan de Bremer prévoyant la tenue de « réunions locales » pour élire les membres d’un gouvernement irakien. L’enjeu immédiat, ce sont les élections et, au-delà, l’unité, l’indépendance et la souveraineté nationales. Cela veut dire, comme ne cesse de le répéter al-Sistani, qu’il faut mettre fin à l’occupation. Aucun gouvernement « fantoche » qui « invite » les occupants à rester ne sera accepté.

Al-Sistani dispose effectivement de l’autorité nécessaire pour transformer la protestation politique en résistance politique (et peut-être militaire) active contre l’occupant. Bien qu’il n’ait aucune fonction politique, il peut, en sa qualité d’autorité religieuse suprême, émettre une fatwa (édit) déclarant, par exemple, illégitime le CGI ou encore tout parlement, assemblée constituante ou gouvernement dont les membres n’auraient pas été choisis à l’issue d’élections libres.

Entre-temps, pour sortir de son dilemme, l’administration Bush cherche l’aide des Nations unies. Lors de leurs entretiens à New York, le 19 janvier, Bremer a demandé à Kofi Annan d’envoyer une délégation en Irak afin d’« explorer » la possibilité de tenir des élections dans le délai prévu avant le transfert du pouvoir, soit en juin prochain. L’Américain escompte sans doute que la délégation jugera cela impossible, pour des raisons purement techniques, et que le dirigeant chiite acceptera le verdict de l’ONU. En résumé, il demande à l’organisation internationale de servir de médiateur entre les pouvoirs occupants et al-Sistani. Kofi Annan a dit qu’il envisagerait l’envoi d’une délégation, à condition que « notre indépendance et notre neutralité soient garanties et que les deux parties acceptent notre jugement ».

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