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La révolte contre Blair se renforce

La rédaction
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Outre-Manche, l’opposition au Premier ministre britannique Tony Blair et à sa politique guerrière prend les dimensions d’une véritable révolte nationale, sans précédent dans l’histoire moderne de la Grande-Bretagne. Après les énormes manifestations du 15 février à Londres, Glasgow et Belfast, Blair a été confronté le 26 février à la plus forte dissidence jamais vue depuis plus d’un siècle, chez les parlementaires du parti au pouvoir à la Chambre des Communes.

Lorsque le gouvernement présenta une résolution en soutien à la politique de Blair, pourtant rédigée dans des termes qui semblaient limiter son champ d’action à la mise en oeuvre des intentions des Nations unies, plus de 120 députés travaillistes ont voté contre. Plus révélateur encore : lorsqu’on a présenté un amendement spécifiant que la question de la guerre n’était pas encore tranchée, 199 députés, soit un tiers de la Chambre, l’ont approuvé. Cela incluait les 121 dissidents travaillistes, 13 députés de l’opposition conservatrice (dont les dirigeants soutiennent l’administration Bush sur la question irakienne), 52 libéraux démocrates, ainsi que des députés de petites formations.

Le lendemain, le Times (pro-guerre) titrait sur « la mutinerie travailliste qui isole Blair », notant que les arguments en faveur de la guerre ont été « rejetés dans la plus grande rébellion jamais vue contre le gouvernement ». En illustration, une caricature montrait Blair et son ministre des Affaires étrangères, Jack Straw, gisant dans une mare de sang sur le sol de la Chambre des Communes, entourés de panneaux anti-guerre. Le Guardian, pro-travailliste, titrait quant à lui : « Le vote des rebelles surprend Blair : la plus grande révolte contre un gouvernement », et commentait : « La stratégie de guerre de Tony Blair a tremblé sur ses bases ».

En effet, l’opposition allait bien au-delà des 30 à 40 travaillistes de gauche qui sont généralement contre les guerres impériales. L’amendement mentionné avait été co-rédigé par deux anciens ministres, Chris Smith, du Parti travailliste, et Douglas Hogg, du Parti conservateur. Au cours du débat, plusieurs anciens ministres conservateurs et travaillistes se sont prononcés contre la guerre. Ce débat s’est répercuté à la Chambre des Lords, où des « pairs à vie », travaillistes, conservateurs et libéraux, ont aussi fortement critiqué la politique de guerre.

Au lendemain de ce débat historique, un journaliste de l’EIR s’est entretenu avec le député travailliste Tam Dalyell, l’adversaire le plus virulent d’une guerre contre l’Irak. Pour lui, si Blair persiste à soutenir la guerre, il s’attirera des « ennuis sans fin » et les militaires commenceront à demander ouvertement pourquoi « ils risqueraient leur vie pour une guerre aussi impopulaire ». « Ce qui s’est passé hier est important, car on a vu [s’exprimer] dans le parti au pouvoir, la plus grande dissidence de l’histoire parlementaire britannique. Cela a pour origine le sentiment grandissant que l’Amérique et la Grande-Bretagne cherchent des prétextes pour partir en guerre. » Comme LaRouche, Dalyell pense que cette guerre n’est pas inévitable.

La position anti-guerre de tant de MP (membres du Parlement) reflète l’immense opposition à la guerre parmi la population outre-Manche. Depuis le 15 février, un nombre grandissant de fidèles à Blair, au sein du Parti travailliste, sont contestés par leur base électorale qui menace de ne pas les soutenir lors des prochaines élections. Un responsable travailliste s’est d’ailleurs retrouvé seul, au milieu d’une réunion locale de 150 personnes, à soutenir la politique de guerre.

On rencontre aussi une résistance dans les hautes sphères de l’establishment, que ce soit dans le monde religieux, politique, militaire ou diplomatique.

...et les difficultés se multiplient pour Aznar

Le Premier ministre espagnol, Jose Maria Aznar, l’un des plus solides alliés de la politique américaine sur l’Irak, et l’un des organisateurs de la fameuse « lettre des huit » divisant l’Union européenne, fait face à une grave crise politique. Il risque même de perdre son poste, étant donné que 80 % de la population espagnole est contre la guerre.

Le 15 février, plus de quatre millions de personnes ont manifesté dans 57 villes espagnoles contre la politique de leur Premier ministre. Luis Rodriguez Zapatero, président du PSOE, a déclaré que le chef du gouvernement ne représentait pas les intérêts du peuple espagnol, mais ceux du président Bush. Lors du débat parlementaire du 5 février, il a dénoncé la « soumission » à Bush du chef de gouvernement et sa « trahison » des intérêts nationaux. Il l’accuse d’avoir « poignardé » l’Allemagne et la France avec « la lettre des huit ».

Les 11 partis d’opposition ont demandé un autre grand débat parlementaire pour la première semaine de mars. L’opposition est également scandalisée par la récente visite d’Aznar aux Etats-Unis, ainsi que par son co-parrainage de la deuxième résolution autorisant la guerre.

Mais la question irakienne n’est pas la seule pomme de discorde entre le gouvernement et la population. Le 24 février, 240 000 personnes ont manifesté à Madrid pour dénoncer la gestion catastrophique de l’affaire du pétrolier Prestige, qui a provoqué un désastre écologique sur les côtes espagnoles, portugaises et françaises.

Selon le Wall Street Journal, la pression sur Aznar est telle qu’il aurait appelé Washington à la rescousse pour résister aux critiques dont il fait l’objet à Madrid. Il aurait notamment suggéré que Bush rappelle à l’ordre son ministre de la Défense Donald Rumsfeld, dont les éclats ont créé une situation impossible pour les Européens favorables à une guerre contre l’Irak.

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